Deux ans après une double septième place, la France peut-elle enfin franchir un cap et se mêler à la lutte pour les médailles ? Du 2 au 7 novembre, les meilleures nations de la planète se retrouveront à Doha, au Qatar, pour les Championnats du monde de padel 2026.

Si l’Espagne et l’Argentine font figure de grandes favorites, plusieurs nations, à l’image de l’Italie, du Portugal ou encore du Brésil, espèrent jouer les trouble-fêtes. Dans une compétition où chaque rencontre peut faire basculer les ambitions, les équipes de France masculine et féminine tenteront de bousculer la hiérarchie et de se rapprocher d’un podium mondial qui leur échappe depuis plusieurs éditions.

Espagne et Argentine, les deux géants du padel mondial

Difficile d’imaginer un autre scénario qu’une nouvelle confrontation entre l’Espagne et l’Argentine pour le titre mondial. Chez les hommes, les Argentins, doubles tenants du titre, pourront compter sur une armada impressionnante avec Agustín Tapia, Federico Chingotto, Franco Stupaczuk, Martín Di Nenno, Leo Augsburger ou encore Tino Libaak, les deux derniers ayant joué un rôle décisif dans le sacre de 2024.

En face, l’Espagne dispose d’un effectif tout aussi redoutable, emmené par Arturo Coello, Alejandro Galán, Juan Lebrón, Mike Yanguas et Paquito Navarro. Une seule incertitude subsiste : l’état physique de Galán, contraint à l’abandon au Koweït.

Chez les femmes, l’Espagne apparaît comme la grande favorite. Tenantes du titre, les Espagnoles présentent un effectif exceptionnel avec huit joueuses appartenant au top 10 mondial, dont Gemma Triay, Bea González, Ariana Sánchez, Paula Josemaría et Claudia Fernández.

L’Argentine tentera de bousculer cette domination, portée notamment par Delfina Brea, numéro 1 mondiale, Claudia Jensen (11e) et Aranzazu Osoro (17e). Malgré ces individualités, les Argentines devront réaliser une véritable performance collective pour espérer détrôner les Espagnoles.

Italie, Portugal, Brésil : une bataille ouverte pour le bronze

Derrière les deux géants, le Portugal et l’Italie apparaissent comme les principaux prétendants à la troisième place. Médaillés de bronze en 2024, les Portugais s’appuieront notamment sur les frères Nuno (102e) et Miguel Deus (110e), accompagnés de Peu Araújo, Pedro Graça ou encore António Luque.

De son côté, l’Italie, quatrième lors de la dernière édition, pourra compter sur Flavio Abbate (50e mondial), Álvaro Montiel (54e), Marco Cassetta et Aris Patiniotis. Deux sélections expérimentées qui avaient déjà devancé les Bleus il y a deux ans.

Le Brésil pourrait également jouer les trouble-fêtes, avec Lucas Bergamini comme principale tête d’affiche. Sixièmes en 2024, les Brésiliens avaient notamment dominé la France lors des matchs de classement. Sans oublier les Émirats arabes unis, surprenants cinquièmes de la dernière édition, et la Suède, qui tenteront eux aussi de bousculer la hiérarchie.

Chez les femmes, l’Italie semble particulièrement bien armée pour conserver sa médaille de bronze. Avec Giulia Dal Pozzo (25e), Carolina Orsi (31e), Giorgia Marchetti et Giulia Sussarello, les Italiennes disposent d’un effectif solide et homogène.

Le Portugal, quatrième en 2024, possède également de sérieux arguments, à commencer par Sofia Araújo (9e mondiale), épaulée par l’expérimentée Ana Catarina Nogueira. Les Pays-Bas, cinquièmes lors des derniers Mondiaux, et la Suède, sixième, seront également à surveiller. Autant de nations que les Françaises devront potentiellement écarter pour espérer se rapprocher du podium.

La France masculine : une nouvelle génération pour franchir un cap ?

Septièmes lors des Mondiaux 2024, les Bleus arrivent à Doha avec l’ambition de faire mieux. Éliminés de justesse par l’Italie (2-1) en quarts de finale il y a deux ans, les hommes de Pablo Ayma pourront s’appuyer sur un groupe mêlant expérience et jeunesse.

Dylan Guichard (71e mondial), désormais numéro un français, sera l’un des principaux atouts tricolores, aux côtés de Thomas Leygue (101e).. Les expérimentés Johan Bergeron (184e) et Bastien Blanqué (195e) apporteront également leur vécu des grandes compétitions internationales.

Mais la principale nouveauté réside dans la montée en puissance de la jeune génération. Timéo Fonteny (116e) et Yoan Boronad (175e) ont considérablement progressé depuis la dernière édition, tandis que Jérémy Robert (199e) découvrira les Championnats du monde seniors. Maxime Joris (215e) complète cette sélection de huit joueurs.

Sur le papier, une qualification pour les demi-finales constituerait déjà une vraie belle performance, mais les Bleus peuvent nourrir des ambitions face aux autres prétendants au bronze. Pour espérer décrocher une médaille, il faudra toutefois réussir à faire tomber une nation du calibre de l’Italie, du Portugal ou du Brésil, et surtout trouver les bonnes associations dans une compétition où chaque rencontre se joue en trois matchs.

Les Françaises peuvent-elles confirmer leur médaille européenne ?

Médaillées d’argent aux Championnats d’Europe 2025, les Françaises abordent ces Mondiaux avec de solides ambitions. Septièmes lors de la dernière édition, après une élimination 2-1 face au Portugal en quarts de finale, les joueuses de Juan Alday espèrent cette fois franchir un cap. Pour cela, elles pourront compter sur leurs trois principales forces : Alix Collombon (37e mondiale), Léa Godallier (48e) et Carla Touly (95e), toutes installées dans le top 100 mondial. Un trio capable de rivaliser avec plusieurs des meilleures nations européennes.

Derrière ces trois cadres, Louise Bahurel (115e) poursuit sa grosse progression vers le top 100, tandis que Steffi Merah (152e), Clara Mansart (174e), Charlotte Soubrié (250e) et Lucile Pothier (396e) complètent une sélection mêlant expérience et nouvelles têtes. Récentes championnes de France, Godallier et Touly arrivent également avec des certitudes dans leur association.

Si l’Espagne et l’Argentine semblent hors de portée, les Tricolores devront surtout se mesurer à l’Italie et au Portugal, leurs principaux concurrents dans la course au bronze. Une médaille mondiale constituerait une performance majeure, mais leur parcours européen a montré qu’elles pouvaient nourrir de réelles ambitions.

Un tirage au sort décisif pour les ambitions françaises

Pour les deux équipes de France, le tirage au sort pourrait bien être déterminant. Après leur double septième place en 2024, les Bleus et les Bleues auront pour premier objectif de retrouver les quarts de finale, avant de tenter de franchir ce cap qui leur avait échappé il y a deux ans. Face à une concurrence particulièrement relevée, éviter les principales nations favorites jusqu’aux demi-finales serait évidemment un avantage.

Si le podium reste un objectif ambitieux, la médaille de bronze apparaît comme la perspective la plus réaliste pour les Tricolores. Reste désormais à connaître leurs adversaires pour mesurer plus précisément leurs chances de créer la surprise à Doha.Le tirage au sort aura lieu le dimanche 1er novembre. Les deux premières nations de chaque groupe accéderont aux quarts de finale le 5 novembre, avant les demi-finales le 6 et les matchs pour les médailles le 7.

Raphael Degironde

Fan et joueur de padel, je scanne le milieu du padel : Attention vous êtes surveillés !