À 47 ans, Miguel Lamperti continue de faire vibrer les tribunes partout où il passe. Désormais 89e mondial, l’Argentin reste l’une des figures les plus populaires du padel. Au Bordeaux P2, il évoque avec la franchise qui le caractérise l’évolution de son jeu, son nouveau rôle auprès des jeunes joueurs, les exigences physiques d’une carrière qui dure depuis plus de vingt ans, mais aussi son regard sur un circuit où les paires changent de plus en plus vite. Entretien avec une légende qui refuse toujours de raccrocher la pala.
“A bordeaux, on n’a pas que du boum, boum…”
Padel Magazine : Que penses-tu des conditions de jeu à Bordeaux ?
Miguel Lamperti :,Honnêtement, je pense que cette piste va plaire à beaucoup de monde.
Nous sortons d’une série de tournois très rapides — enfin, moi je n’y étais pas forcément (sourire), mais sur le circuit, on a beaucoup joué sur des pistes très vives.
Ici, c’est complètement différent.
La piste est plutôt lente, ou en tout cas intermédiaire à lente.
On va voir du vrai padel.
Les échanges seront plus longs.
Et je pense que, pour le public aussi, c’est agréable de ne pas voir toujours le même type de match où tout se résume à « boum, boum, boum » avec uniquement des smashes gagnants.
À Bordeaux, il faudra construire les points.

« Même le numéro un mondial a encore des choses à améliorer »
Après autant d’années sur le circuit, trouves-tu encore des aspects de ton jeu à perfectionner ?
Tous les jours.
Et j’ai même envie de dire qu’aujourd’hui j’en trouve davantage qu’avant.
Le problème, c’est que j’ai un peu moins de temps… parce que je suis vieux ! (rires)
Mais il y a toujours quelque chose à améliorer.
Le padel évolue constamment.
Quand je regarde jouer les jeunes aujourd’hui, ce n’est plus le même sport que celui que je pratiquais à mes débuts.
Il faut savoir s’adapter.
Je pense sincèrement que tout le monde peut progresser.
Même le numéro un mondial.

« Aujourd’hui, je cherche surtout à accompagner les jeunes »
Depuis quelque temps, on te voit évoluer avec des partenaires beaucoup plus jeunes. Est-ce devenu une nécessité ?
Je vais être très honnête.
Pendant la plus grande partie de ma carrière, j’ai toujours joué avec les meilleurs joueurs.
Pourquoi ?
Parce que mon classement me permettait de le faire.
Aujourd’hui, mon classement a beaucoup reculé.
Les meilleurs joueurs ne vont plus forcément choisir de jouer avec moi.
C’est la réalité du circuit.
Alors je préfère miser sur de jeunes joueurs qui ont énormément de potentiel.
J’essaie de leur transmettre mon expérience.
Et eux m’apportent cette jeunesse, cette fraîcheur et cette faim de gagner que l’on a à leur âge.
C’est un échange.
Ton rôle dans une paire a donc complètement changé ?
Oui.
Totalement.
Quand j’étais plus jeune, j’étais beaucoup plus individualiste.
Je voulais surtout jouer mon padel.
Je pensais avant tout à mon propre niveau.
Avec les années, tu comprends que le plus important, c’est ton partenaire.
Il est aussi important que toi.
Aujourd’hui, mon objectif est de construire une équipe.
Malheureusement, cela devient très compliqué.

« Les paires n’ont plus le temps de construire quelque chose »
Pourquoi est-ce devenu si difficile ?
Parce qu’il y a énormément de tournois.
Et surtout parce que les paires changent tout le temps.
À mon avis, une association devrait avoir le temps de se développer.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.
Le classement dicte tout.
Les joueurs choisissent souvent leurs partenaires en fonction des points plutôt qu’en fonction du niveau réel ou du potentiel de la paire.
Je trouve cela dommage.
Il manque parfois un peu de patience.
« À 47 ans, je m’entraîne davantage qu’à 30 »
À ce stade de ta carrière, passes-tu plus de temps à récupérer qu’avant ?
Je vais encore te surprendre.
Aujourd’hui, je m’entraîne plus qu’avant.
Différemment, bien sûr.
Je prends davantage soin de mon corps.
Mais je travaille plus.
Je sens que si je reste deux jours sans m’entraîner, je perds immédiatement des sensations.
La préparation physique est devenue essentielle.
Sur une piste lente comme ici à Bordeaux, il faut être capable de tenir physiquement pendant de longs échanges.
Le plus difficile n’est parfois même pas le match.
C’est réussir à récupérer suffisamment pour être prêt à rejouer le lendemain.
« L’expérience ne remplace jamais le travail »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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