À 39 ans, Maxi Sánchez n’est plus seulement un compétiteur. Ancien numéro un mondial, l’Argentin participe désormais aux réunions du Premier Padel Steering Committee en tant que représentant consultatif des joueurs auprès de la FIP et de Premier Padel. À l’occasion de l’Italy Major de Rome, il est revenu sur les principales réformes qui entreront en vigueur en 2027, tout en appelant les joueurs à davantage de responsabilité. Entre réduction du nombre de résultats comptabilisés, limitation de l’accès au FIP Tour pour les meilleurs mondiaux et réflexion sur les changements de partenaires, Sánchez estime que le circuit avance dans la bonne direction, même si plusieurs chantiers restent ouverts.
Des réformes attendues par les joueurs
Pour Maxi Sánchez, les annonces faites à Rome constituent une avancée importante.
Le point qu’il juge le plus positif concerne la réduction de l’average, qui passera de 22 à 21 résultats comptabilisés à partir de 2027.
« C’est un changement très positif. C’est ce que nous essayions d’obtenir depuis longtemps. »
L’Argentin rappelle toutefois que les joueurs souhaitaient aller encore plus loin.
« L’objectif était d’arriver à 18 tournois comptabilisés. Nous avons essayé d’obtenir 20, finalement ce sera 21. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est déjà un progrès. »
Selon lui, un average plus faible permettrait de mieux préserver les organismes tout en laissant les joueurs libres de participer à davantage de compétitions s’ils le souhaitent.
« Pour assurer 18 bons résultats, un joueur participerait quand même à 22, 23 ou 25 tournois. Mais il aurait davantage de marge pour gérer son calendrier et son physique. »
Trouver un équilibre avec les promoteurs
Les discussions n’ont pas été simples. Sánchez explique que les organisateurs défendaient avant tout leurs intérêts économiques.
« Les promoteurs voulaient être certains d’avoir les meilleurs joueurs sur leurs tournois. Je peux comprendre leur point de vue, c’est leur activité. »
Le rôle des représentants des joueurs consistait alors à rappeler une autre réalité.
« Nous avons insisté sur l’importance de protéger le physique des joueurs. Finalement, Premier Padel a trouvé un compromis avec un average fixé à 21. »
Pour Sánchez, la qualité des tournois reste le meilleur moyen d’attirer naturellement les meilleurs joueurs.
« Il faut protéger notre gagne-pain »
Interrogé sur une apparente contradiction entre la volonté de jouer moins et la multiplication des exhibitions pendant les semaines de repos, Maxi Sánchez tient un discours très lucide.
« Les joueurs doivent apprendre à protéger leur gagne-pain. »
Selon lui, Premier Padel reste aujourd’hui la priorité absolue.
« C’est le circuit qui va continuer à grandir. C’est lui qui apporte le prestige, le classement et ce que je vends à mes sponsors. Au final, c’est lui qui me fait vivre. »
L’Argentin reconnaît néanmoins que les joueurs ont aujourd’hui la liberté d’accepter des exhibitions, parfois très rémunératrices.
Il cite notamment Agustín Tapia, régulièrement sollicité à travers le monde.
« Si Tapia est invité partout avec des cachets très importants, c’est grâce à ce qu’il réalise sur Premier Padel. C’est une situation complexe. »
Limiter les joueurs du Top sur le FIP Tour
Autre réforme saluée par Sánchez : les nouvelles restrictions concernant la participation des meilleurs joueurs au FIP Tour.
« C’est une bonne décision. Les joueurs du Top 20 la réclamaient depuis longtemps. »
Selon lui, le système précédent poussait les meilleurs mondiaux à participer à toujours plus de tournois simplement parce que leurs concurrents faisaient de même.
« Quand tout le monde joue partout, tu es obligé de suivre pour ne pas perdre de terrain. Le système t’y pousse. »
À l’inverse, il accueille très favorablement la décision de la FIP d’attribuer davantage de points lors des premiers tours de Premier Padel.
« Cette idée vient directement de la FIP et je pense que c’est une excellente décision. Le circuit professionnel de référence doit rester Premier Padel. »
Vers une réglementation des changements de partenaires ?
Parmi les sujets qui pourraient rapidement arriver sur la table des discussions figure celui des changements de partenaires.
Maxi Sánchez estime que le fonctionnement actuel manque parfois de cohérence.
Il approuve déjà la nouvelle règle empêchant un joueur de disputer un tournoi Premier Padel avec un partenaire puis un FIP avec un autre au cours de la même semaine.
« Ces dernières saisons, certains épisodes n’ont pas donné l’image d’un sport totalement professionnel. »
Mais il souhaiterait aller plus loin.
« J’aimerais proposer un système pour encadrer les changements de partenaires. »
Plusieurs pistes existent selon lui : instaurer des fenêtres de mercato ou limiter le nombre de changements autorisés sur une saison.
« Il faudra aussi réfléchir aux blessures. Ce n’est pas une réforme applicable immédiatement, mais je pense que cette discussion arrivera tôt ou tard. »
Un sport encore jeune qui doit continuer à évoluer
Maxi Sánchez se montre également favorable à certaines innovations, comme le Star Point, tout en reconnaissant que leur véritable impact ne peut être évalué qu’en compétition.
« Sur le papier, beaucoup de choses semblent fonctionner. Ensuite, c’est la réalité du terrain qui tranche. »
Il estime que le padel doit continuer à évoluer.
« Nous sommes un sport jeune. Nous devons rester ouverts aux améliorations et apprendre aussi de nos erreurs. »
L’ancien numéro un mondial se montre également favorable à une meilleure harmonisation du calendrier, idée qui pourrait ouvrir la voie à des tournées organisées selon la vitesse des pistes, comme l’avait proposé Paquito Navarro.
Des regrets autour de la PPA et de World Padel Tour
Enfin, Sánchez est revenu sur la relation compliquée entre Premier Padel et la PPA, l’association des joueurs qu’il a contribué à créer aux côtés de Fernando Belasteguín, Pablo Lima, Paquito Navarro ou encore Ale Galán.
Aujourd’hui, il n’en fait plus partie, mais espère voir les relations s’améliorer.
« J’aimerais aider à rendre la relation entre les joueurs et le circuit plus fluide afin que les joueurs se sentent réellement représentés. »
Invité aux réunions par la FIP et Premier Padel, il précise que son rôle reste uniquement consultatif.
« Je ne prends aucune décision. J’écoute, je pose des questions, je donne mon avis quand on me le demande et je transmets ensuite les informations aux joueurs. »
Enfin, s’il devait exprimer un regret sur les dernières années, il évoquerait la disparition de World Padel Tour.
« World Padel Tour a énormément apporté au développement du padel. Mon seul regret est de ne pas avoir réussi à trouver un accord pour que World Padel Tour puisse continuer à travailler aux côtés de Premier Padel. »
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !
























































































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