Après leur superbe victoire face à Juan Lebrón et Leo Augsburger en quart de finale du Bordeaux P2, Martín Di Nenno et Paquito Navarro ont enfin retrouvé le dernier carré d’un tournoi Premier Padel. Mais face à Tapia / Coello, la marche est encore bien trop haute.
Pour l’Argentin, cette qualification met fin à plusieurs mois de frustration. Pour l’Espagnol, elle confirme qu’à 37 ans, il peut encore rivaliser avec les meilleurs. Les deux hommes reviennent également sur leur progression commune, leur vision du jeu, les conditions de Bordeaux.
Interview faite avant la demi-finale.
“Cette demi-finale met fin à une période difficile”
Padel Magazine : Vous voilà en demi-finale après un quatrième quart de finale consécutif. Quel regard portez-vous sur votre progression ?
Martín Di Nenno : Nous avançons étape par étape.
Notre premier objectif, lorsque nous avons commencé à jouer ensemble, était simplement de retrouver régulièrement les quarts de finale.
Pour rêver de battre les quatre meilleures paires du monde, il faut déjà les affronter.
Nous venons d’atteindre notre quatrième quart de finale consécutif et, cette fois, nous avons réussi à franchir un cap.
Les conditions nous ont aussi un peu aidés. La piste est plus lente, nous avions davantage de temps pour construire avec le lob et développer notre jeu.
Maintenant, nous savons que demain, ce sont les numéros un qui nous attendent.
Ce sera un immense défi.
Aujourd’hui, les deux premières paires dominent clairement le circuit, que ce soit en termes de résultats ou de titres.
Mais nous continuerons à croire en nos chances.
L’espoir est toujours la dernière chose que l’on perd.
Cette qualification met-elle fin à une période difficile ?
Martín Di Nenno : Oui, d’une certaine manière.
Cela faisait sept mois que je n’avais plus atteint une demi-finale sur Premier Padel.
À Rome puis à Valence, j’avais expliqué que je m’étais lancé un défi personnel.
Plus qu’à cause des critiques extérieures, c’était un combat contre moi-même.
Je voulais retrouver cette régularité en quarts de finale, puis franchir enfin cette barrière.
Aujourd’hui, je peux dire que nous y sommes parvenus.
Mais ce n’est qu’une étape.
Il reste encore énormément de tournois.
Dans dix jours, il y aura déjà une nouvelle compétition.
On peut très bien perdre au premier tour et tout recommencer.
Cette demi-finale doit simplement nous donner encore plus d’envie de travailler.
Nous devons continuer à progresser individuellement et comme équipe.



La piste : un élément important mais…
Vous sentez-vous plus performants sur ce type de piste lente ? Auriez-vous pu battre Lebrón et Augsburger sur une piste rapide ?
Martín Di Nenno :
Nous jouons sur le circuit depuis tellement d’années…
À première vue, oui, ce type de conditions nous convient probablement davantage.
Mais cela dépend aussi énormément des adversaires.
Certaines équipes prennent beaucoup plus d’initiatives.
D’autres, comme nous, aiment davantage construire les échanges.
Au fil de nos carrières, nous avons gagné sur des pistes rapides comme sur des pistes lentes.
Et nous avons aussi perdu dès le premier tour sur les deux types de surfaces.
Aujourd’hui, nous réalisons un très bon tournoi.
Les deux premiers matches ont été très solides.
Aujourd’hui, nous avons davantage souffert, ce qui est normal en quart de finale.
Mais nous sommes toujours là.
Le prochain tournoi sera peut-être lent lui aussi… et nous pourrons très bien perdre d’entrée.
C’est aussi le sport.
Paquito, ta femme et ton fils étaient présents dans les tribunes. Est-ce que cela change quelque chose ?
Paquito Navarro : Évidemment.
Voir ma famille dans les tribunes représente toujours un supplément de motivation.
Ma femme est toujours présente.
Dans les bons moments, mais surtout dans les plus difficiles.
Elle me soutient sans jamais faiblir.
Et puis il y a mon fils.
Il n’a que deux ans et demi.
Il est encore trop petit pour comprendre ce qu’il se passe.
Mais j’aimerais qu’un jour il puisse voir des images de son père en train de jouer.
Qu’il garde quelques souvenirs de cette période.
C’est forcément une motivation supplémentaire.



Le public de Bordeaux vous a énormément soutenus. Certains spectateurs ont même crié pendant un point important. Cela peut-il vous perturber ?
Paquito Navarro : Honnêtement… J’étais tellement concentré que je ne me souviens même pas du point dont vous parlez.
Martín non plus d’ailleurs !
Nous avons la chance de nous sentir très appréciés partout où nous jouons.
Parfois, je me dis même que c’est un peu immérité… c’est sûrement parce que les gens ne nous connaissent pas assez ! (rires)
Mais plus sérieusement, le public nous apporte énormément.
Comme ma famille.
Il nous pousse à nous battre sur chaque balle.
Nous essayons toujours de transformer cette énergie en motivation.
Jamais en pression.
À 37 ans, tu continues à battre des joueurs comme Juan Lebrón ou Leo Augsburger. Après un début de saison compliqué, as-tu parfois douté de pouvoir encore vivre ce genre de soirées ?
Paquito Navarro : Non. Je me sens toujours compétitif.
C’est vrai que contre les numéros un, il faut probablement qu’ils soient dans un moins bon jour et que moi je joue mon meilleur padel pour avoir une vraie chance.
Mais je crois toujours en mon niveau.
Avec Martín, il se passe quelque chose de particulier.
Je ne dirais pas que nous sommes meilleurs ou moins bons qu’avec d’autres partenaires.
Simplement…
Nous nous connaissons parfaitement.
Nous comprenons le padel de la même manière.
Et cela apporte énormément de sérénité sur le terrain.
Cette tranquillité mentale fait une vraie différence.
Oui, j’ai 37 ans.
Mais je prends toujours autant de plaisir.
Je me sens toujours capable de rivaliser.
J’espère simplement que cette demi-finale ne sera pas la dernière.
Pourquoi ne pas rêver d’une finale ?
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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