Après avoir exploré le boom du padel durant la période post-Covid, nous allons plonger aujourd’hui au cœur d’un nouveau sujet : l’état des lieux de la problématique actuelle et des risques qu’il peut y avoir sur l’ascension du padel en France, notamment un frein au développement par une impossibilité de pratiquer pour certains pratiquants, à cause d’une saturation des pistes de padel.
Une demande supérieure à l’offre
La course à l’équipement a eu son effet en quelques mois et fait émerger de nouvelles problématiques. En effet, la courbe de croissance de la demande est devenue nettement supérieure à celle de l’offre. On se retrouve aujourd’hui dans un contexte de saturation des structures de padel empêchant une partie des pratiquants de jouer au padel et donc de s’investir davantage dans ce sport.
Padel Magazine se charge de mettre régulièrement à jour les chiffres sur l’évolution du padel. On note alors en octobre 2022 un nombre de pratiquants qui s’élève à 500 000. En termes de licences, on a 113 000 licences de padel délivrées en mars 2023 mais cela n’inclut pas l’ensemble des pratiquants possédant une licence multi-raquettes. Le nombre de compétiteurs est également en constante évolution, passant de 25 000 à 45 000 environ entre septembre 2022 et septembre 2023. Ce phénomène est le résultat d’une réelle popularisation de la pratique du padel ces dernières années avec un sport qui est devenu à la mode grâce à une accessibilité technique et physique qui séduit beaucoup.
D’un autre côté, nous avons également une offre en développement mais de manière moins exponentielle. Padel Magazine recense aujourd’hui 1500 pistes de padel en France avec un objectif de 2000 pistes d’ici 2024, une augmentation de + 195% par rapport à 2018. On note également en conséquence une augmentation du nombre de clubs avec plus de 500 clubs dont 20% sont des clubs ne proposant que la pratique du padel.
Si l’on compare l’avancement de la France au niveau international, on observe un retard sur le nombre de pistes construites. Par exemple, l’Italie possède moins de pratiquants mais presque 4 fois plus de pistes, ce qui amène à réfléchir… Sans compter le modèle de l’Espagne où le padel est aujourd’hui le deuxième sport le plus pratiqué en termes de licences, avec une offre extrêmement développée. Dernièrement, l’intérêt pour le padel s’est grandement répandu sur le continent européen comme le rapporte Padel Magazine. On remarque notamment une forte popularisation du padel dans les pays nordiques comme la Finlande ou même la Suède où le padel commence à être développé de manière considérable.
Une répartition inégale du développement du padel dans l’Hexagone
Malgré un développement qui est bien présent, il existe aussi des territoires où le padel est encore peu connu ou alors est confondu avec le paddle, une autre discipline sportive. En effet, proche des côtes il est récurrent que la population pense à la discipline nautique lorsqu’on prononce le mot « padel » et ne sont d’ailleurs pas au courant qu’un autre sport porte le même nom. Je parle ici d’une expérience personnelle où lors de ma formation universitaire en Master Management du Sport à Nantes, j’ai fait face de nombreuses fois à ce cas.

On remarque que le padel est très présent et populaire dans les régions du sud et des grandes métropoles françaises (Occitanie, Île-de-France, Bordeaux, Lyon…), mais beaucoup moins dans de plus petites régions, et sur les territoires littoraux et frontaliers. C’est sur ces territoires précis que la marge de progression est la plus grande et que l’offre demande à être augmentée pour un développement du padel sur le long terme. Les investisseurs privés ont tendance à s’implanter autour des métropoles afin de toucher un maximum de publics, mais dans les territoires ruraux, on peut supposer que l’investissement dans le padel sera un des facteurs majeurs du développement de l’offre.

On observe bien la présence de nombreux clubs sur le littoral et une diagonale assez peu remplie de Strasbourg à Bordeaux. Cependant, le pourcentage de pistes et de pratiquants des régions du littoral (hormis le sud et la Nouvelle Aquitaine) sont faibles car beaucoup de clubs côtiers sont des clubs de tennis ayant implanté une ou deux pistes de padel pour satisfaire les vacanciers le temps de l’été. Cela représente alors une minorité de l’offre comparée aux grands centres de padel privés composés de plus de dix pistes.
Quelles craintes et quels risques ?
Le premier risque à court terme est la perte de pratiquants qui, par manque de terrains et de places dans la discipline, se lasseront et se dirigeront vers un autre sport. Les clubs essaient d’accueillir un maximum de pratiquants, mais ne peuvent pas faire face à de telles vagues d’affluence. Parmi les 202 enquêtés de l’agglomération orléanaise, près de 60 d’entre eux seraient prêts à changer de pratique sportive dans le cas où il n’y aurait pas assez de places pour pouvoir jouer au padel quand ils le souhaitent. On y voit donc une mission importante que doit relever la FFT et les acteurs qu’elle fédère, dans l’augmentation de l’offre et la fidélisation des pratiquants.

Ensuite, à moyen et long terme, on pourra alors apercevoir un certain essoufflement de la pratique du padel, à l’image d’autres pratiques dans le passé comme le beach tennis. On parlera alors peut-être d’un effet de mode post-Covid. Si le déséquilibre entre l’offre et la demande ne se réduit pas, il est donc légitime de se questionner sur la viabilité du padel sur la durée.
Enfin, dans ce cas précis, il faudra alors trouver des responsables et la FFT sera au premier rang des critiques. Leur système d’accompagnement des projets créés par les clubs pourra être remis en cause et on se demandera peut-être si on aurait pu faire autrement, même si des critiques sont déjà présentes avec des discours anti-padel qui existent.
Même si le projet de création d’une fédération de padel est imaginable, il semble que le rattachement avec la FFT est aussi bénéfique. Ce chapitre sur le rapport entre offre et demande est central dans le développement du padel en France. Un trop grand écart entre le nombre de terrains et de joueurs ne permettra pas une viabilité de la mission de la FFT sur le long terme, ce qui montre le rôle majeur de cette dernière dans l’accompagnement de projets d’augmentation de l’offre sur tout le territoire.
Dans une série d’articles, Paul Dornberger vous partage sa recherche consacrée au développement du padel. Ce joueur confirmé en France a réalisé un travail d’étude soutenu en avril 2024 dans le cadre de son Master en Management du Sport à l’UFR STAPS de Nantes.

























































































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