Jonas Björkman, ancienne figure du tennis suédois, sera le capitaine de la sélection suédoise de padel. Padel Magazine le rencontre pour évoquer son nouveau poste, et ses ambitions dans le padel.

Capitaine de l’équipe suédoise

Franck Binisti : Peux-tu nous raconter comment tu es arrivé au capitanat de l’équipe nationale de padel suédoise ?

Jonas Björkman :“C’est arrivé par surprise il y a deux semaines. Il y a cinq ans, nous avons lancé notre chaîne de clubs de padel PDL. J’ai donc été très engagé dans notre entreprise sur ces cinq dernières années, nous grandissons. J’ai commencé à jouer quelques tournois et à vraiment m’amuser.”

“Il y a quatre semaines, j’ai reçu un appel de la fédération qui me proposait ce poste. La raison principale est qu’ils ont demandé aux 20 premiers joueurs, et que c’est mon nom qui est le plus revenu. Ça a été déterminant pour moi et j’espère que je pourrai apporter mon expérience du tennis.”

Franck Binisti : As-tu une explication de l’ampleur que prend le padel en Suède ?

Jonas Björkman :C’est incroyable. Je pense que c’est un boom similaire à celui que l’Espagne a connu plus tôt. La facteur clef a été le grand nombre de voyageurs suédois qui l’ont découvert. Nous avons réussi à susciter la curiosité des gens lorsque nous avons implanté le padel en Suède. Lorsqu’on commence à jouer, on progresse et s’amuse rapidement.”

“Au tennis c’est beaucoup plus difficile d’apprendre à jouer, alors qu’au padel, il suffit de prendre la raquette et s’amuser.”

Franck Binisti : Au tennis, tu étais un spécialiste du double, cela doit t’aider au padel, n’est-ce pas?

Jonas Björkman :“Oui je pense. De plus, j’étais un joueur très offensif en simple, et je montais énormément au filet. Ma force en simple m’a permis de devenir le joueur de double que je suis devenu. Au padel, pour les volées, et les demi-volées c’était plus facile. La tâche la plus difficile a été de laisser la balle rebondir contre la vitre. En tennis, si la balle passe le point est fini. Avant je jouais un “padel-tennis”, mais maintenant je peux dire que je joue au padel !”

jonas bjorkmann binisti zoom

35 clubs de padel

Franck Binisti : Ton aventure dans le padel a commencé avec ton investissement. Veux-tu continuer à investir ?

Jonas Björkman :“Nous avons 35 PDL centers ouverts en ce moment même. Nous allons en ouvrir beaucoup plus cette année, avec notamment un PDL center à Zurich. Nous débutons aussi avec la Norvège, et les centres ouvriront plus tard dans l’année.”

Franck Binisti : Investis-tu également dans le tennis, ou seulement dans le padel ?

Jonas Björkman :“Je n’ai pas fait d’investissement dans le tennis. J’adore ce sport, je suis commentateur chez Eurosport. Ma passion est toujours le tennis, mais le padel me permet de jouer encore. C’est devenu un business, car il y a de grandes opportunités.

“Je veux transmettre mon expérience”

Franck Binisti : Pouvons-nous t’imaginer en tant que joueur pour l’équipe nationale de padel ?

Jonas Björkman :“Je ne pense pas. Il n’est pas juste que je sois dans l’équipe, je suis trop vieux. Mon niveau est probablement assez bon si je me prépare. Mais dans ma nouvelle position, je préfère transmettre à la nouvelle génération des joueurs de padel.”

Franck Binisti : Tu as gagné trois fois la Coupe Davis. Est-ce un objectif pour toi d’être le capitaine de l’équipe nationale de tennis ?

Jonas Björkman :”Non, plus maintenant. Après ma carrière, c’était une possibilité mais on ne me l’a jamais proposé. J’ai été capitaine assistant pendant un an. Désormais, je ne recherche plus ça,  je préfère faire cela dans le padel car c’est un nouveau sport. En plus je suis très occupé maintenant.”

“Plus de partenaires, moins d’ennemis”

Franck Binisti : Quels sont tes objectifs avec la sélection suédoise ? 

Jonas Björkman :“En ce qui concerne les championnats d’Europe, je pense que tout dépendra de si l’Espagne y participera ou non. Si ils jouent, notre objectif sera d’être entre la 2e et la 4e place. Sur le denier Euro, la Suède a fini 3e.”

“En ce qui concerne les Championnats du monde, nous voulons être dans le top 8.”

Franck Binisti : Nous aurons probablement de nouveau deux championnats d’Europe cette année. Que penses-tu de cette situation ? Dans quel championnat d’Europe la Suède ira-t-elle ?

Jonas Björkman : “Je pense que ce n’est pas bon pour notre sport. Si le sport veut grandir sur le plan international, il faut plus de partenariats entre les fédérations. C’est la même situation entre l’APT et le WPT.  Vous ne pouvez pas avoir des organisations qui se battent. Il faut trouver un moyen de travailler ensemble pour faire grandir le padel. Il faut penser au long terme et pas au court terme. Je pense qu’il faut plus de partenaires, et moins d’ennemis.”

“En tant que joueur de tennis, je suis choqué par cette situation. La Suède n’ira pas sur deux Euros. Je ne sais pas encore auquel nous irons, mais la fédération le sait et me le communiquera. Je le saurai probablement la semaine prochaine.”

Retrouvez l’interview en vidéo juste en dessous :

Lorenzo Lecci López

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Son ambition est de couvrir les plus grands événements sportifs (J.O. et Mondiaux). Il s’intéresse à la situation du padel en France, et offre des perspectives pour un développement optimal.