Qualifiées pour les demi-finales du Bordeaux Premier Padel P2, Gemma Triay et Delfi Brea ont affiché un visage bien plus convaincant qu’à Valladolid. Après leur victoire, les deux joueuses sont revenues sur leur regain de confiance, les conditions de jeu très lentes de Bordeaux, la progression fulgurante d’Andrea Ustero, la rivalité qui oppose Gemma Triay à Ari Sánchez depuis de nombreuses années, mais aussi sur un sujet plus inattendu : la mode dans le padel. Entretien complet.
Padel Magazine : Après un tournoi compliqué à Valladolid, avez-vous le sentiment d’avoir retrouvé votre meilleur niveau ?
Gemma Triay :
Il y a tellement de tournois aujourd’hui qu’il est très difficile de maintenir un très haut niveau toute l’année.
Quand on réalise un tournoi un peu moins bon, on peut très vite perdre confiance.
Et, contrairement à ce que beaucoup pensent, retrouver cette confiance n’est pas si simple.
Personnellement, à Valladolid, je ne me suis jamais vraiment sentie à l’aise pendant toute la semaine.
Aujourd’hui, c’était totalement différent.
Nous avons retrouvé un padel beaucoup plus fluide.
Nous avons réussi à construire les points ensemble, à enchaîner les bonnes séquences et à retrouver notre identité de jeu.
Nous avons également affiché une très bonne attitude.
Nous avons énormément travaillé sur le terrain et surtout fait preuve de beaucoup de patience.
Sur cette piste très lente, face à une équipe qui défend remarquablement bien et qui relance sans cesse les échanges, il fallait accepter de construire longtemps les points.
Nous avons su rester patientes tout en mettant constamment de la pression.
C’est exactement le type de padel que nous voulons proposer.
Nous devons retenir cette identité pour le reste de la saison.


Padel Magazine : On a vu énormément de breaks et de débreaks, notamment dans le premier set. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Delfi Brea :
Je pense que cela vient directement des conditions de jeu.
La piste est tellement lente que le service perd énormément de son importance.
Il est beaucoup plus facile de perdre le filet.
Les échanges sont beaucoup plus équilibrés.
Après avoir remporté le premier set, notre objectif était simplement de conserver la même intensité, la même énergie et les mêmes intentions de jeu.
C’est évidemment plus facile lorsque l’on vient de gagner une manche.
En revanche, lorsqu’on perd un tie-break aussi disputé que celui du premier set, il est beaucoup plus difficile de repartir avec la même confiance.
Je pense que c’est là que nous avons fait la différence.
Nous avons continué à très bien jouer dans les moments importants.
Au final, je crois que nous avons livré un très bon match.
Padel Magazine : Gemma, tu as souvent expliqué que tu aimais la mode. Aimerais-tu voir le padel évoluer vers des tenues plus personnalisées, comme on peut le voir à Wimbledon avec Naomi Osaka ou Serena Williams ?
Gemma Triay :
Oui, bien sûr.
Depuis que je travaille avec Bullpadel, je participe directement à la conception de mes tenues.
J’ai même ma propre collection.
J’aime beaucoup échanger avec les designers.
Je leur montre ce que j’aime, ce que j’aime moins.
J’essaie que mes tenues reflètent aussi ma personnalité.
Évidemment, je ne me vois pas porter des tenues aussi extravagantes que Naomi Osaka.
Mais pourquoi ne pas voir davantage de créativité dans le padel ?
Je pense que chaque joueur devrait pouvoir exprimer son identité à travers son équipement.
C’est aussi ce qui rend le sport plus vivant et plus intéressant.



Padel Magazine : Delfi, Andrea Ustero continue d’impressionner. As-tu le sentiment qu’elle progresse à chaque tournoi ?
Delfi Brea :
Complètement.
Je l’avais déjà constaté lorsque nous avions joué ensemble.
Andrea possède une qualité exceptionnelle.
C’est une véritable éponge.
Elle absorbe tout.
Tout ce qu’elle voit.
Tout ce qu’elle entend.
Tous les conseils qu’on lui donne.
Ensuite, elle les adapte à sa manière et essaie immédiatement de les appliquer.
Quand une jeune joueuse possède cette capacité d’apprentissage, elle ne peut que progresser.
Je suis persuadée qu’elle va continuer à évoluer très rapidement.
J’espère simplement continuer à la battre ! (rires)
Mais nous savons toutes que ce sera de plus en plus difficile.
Chaque tournoi est différent.
Les pistes changent.
Les balles changent.
Nous sommes toutes des joueuses différentes.
Nous allons vivre de très belles confrontations dans les années à venir.

Padel Magazine : Ari Sánchez expliquait hier que tu étais la joueuse qui lui posait le plus de problèmes. Ressens-tu la même chose face à elle ?
Gemma Triay :
Oui.
Cela fait tellement d’années que nous nous affrontons.
Depuis mes débuts, j’ai presque toujours retrouvé Ari dans ma diagonale.
Je crois sincèrement que nous nous sommes fait progresser mutuellement.
Je serais incapable de dire combien de fois nous nous sommes affrontées.
Il y en a eu énormément.
Notre rivalité est très équilibrée.
Ari est une joueuse extrêmement complète.
Elle sait s’adapter à toutes les conditions.
Moi aussi, j’ai dû énormément étudier son jeu.
Pendant des années avec Paula Josemaría.
Aujourd’hui avec Andrea Ustero.
Nous avons toutes les deux énormément travaillé pour mieux nous connaître.
Mais cette rivalité reste très saine.
Nous nous respectons énormément.
Je lui souhaite toujours le meilleur.
Nous sommes deux joueuses très ambitieuses.
Très travailleuses.
Et nous savons reconnaître les qualités de l’autre.
Padel Magazine : On remarque souvent que lorsque vous perdez un point, vous changez immédiatement de balle. Est-ce une superstition ?
Delfi Brea :
(Rires)
Je crois surtout que je prends de l’âge !
Plus sérieusement, ce n’est pas vraiment une superstition.
Changer de balle me permet surtout de faire un “reset”.
De couper mentalement avec le point précédent.
Ce n’est pas la balle qui compte.
C’est le fait de repartir sur quelque chose de nouveau.
Gemma Triay :
Moi, c’est un peu différent.
Si nous perdons deux fois de suite avec la même balle, il peut m’arriver de vouloir la changer.
Mais ce n’est pas une véritable manie.
Nous n’avons finalement pas beaucoup de petits rituels.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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