En 5 ans le paysage du padel français a été bouleversé : adieu les régions où il n’y avait pas un seul terrain de padel, adieu les régions censées être “vides de bons joueurs de padel“, adieu “les clubs qui ne faisaient quasiment jamais de tournois“. Pour les plus compétiteurs, on peut trouver chaussure à son pied “presque” partout dorénavant tous les week-end et même en semaine.
Si évidemment il existe, comme dans tous les sports, des régions fortes et des régions qui le sont moins, on a pu constater, encore dernièrement lors du P1000 de Réunion Padel Club, que le niveau progresse partout !
Aujourd’hui, les meilleurs joueurs français doivent rester sérieux dans ces deux catégories que sont les P1000 et P2000, “même si on observe que les P1000 sont devenus les P500 d’il y a 2 ans” nous expliquent de nombreux joueurs.
On voit des surprises, de nouvelles têtes débarquer dans le padel. Certains s’investissent même presque comme des professionnels, avec des ambitions fortes.
Paradoxalement, le niveau baisse principalement dans les tournois plus amateurs. Vous allez comprendre, qu’en réalité c’est une très bonne nouvelle !
Le maillage territorial et cette masse de nouveaux joueurs
Le maillage territorial encouragé par la Fédération Française de Tennis porte ses fruits. Aujourd’hui, vous avez du padel un peu partout. Qui dit nouvelles pistes, dit nouveaux joueurs de padel. Et forcément, ces nouveaux joueurs ne sont pas forcément les meilleurs joueurs du monde, au départ tout du moins (soyons optimistes).
Majoritairement chez les messieurs, on apprécie la compétition et on voit ainsi débarquer de nombreux joueurs sur les catégories P100 / P250 et P500.
P100 / P250 : ces deux catégories sont devenues des tournois de lancement pour les nouveaux joueurs de padel.
Les P250 où vous pouviez vous retrouver avec de nombreux joueurs du top 200 / 300, c’est en bonne partie terminé. Les P500 où nous nous retrouvions parfois avec de très nombreux top 100 / 50 dans les grosses villes, c’est là aussi en voie de disparition.
Plus de joueurs et une offre de plus en plus importante
D’ailleurs, l’autre nouvelle, c’est qu’il n’y a pas que le top 200/300 qui est consommateur régulier de tournois de padel. C’est une grande évolution.
Et les clubs l’ont bien compris proposant régulièrement des compétitions, avec l’apparition de ces fameux tournois sur une demi-journée, parfois même sur une soirée. On a aussi maintenant plusieurs tournois dans un même club la même semaine, c’est dire le changement par rapport à avant le début le la crise du COVID.
Cette quantité de tournois de padel a forcément eu une incidence sur le niveau.
“Des clubs en proposent toutes les semaines. Du coup, les joueurs sélectionnent, se déplacent moins, restent dans leur club même. Le joueur de padel s’est sédentarisé.
Avant on voyait de nombreux tops joueurs se déplacer pour une épreuve P500 et surtout P1000. Maintenant, c’est quasi-terminé sauf pour des tournois très spécifiques ou par opportunité” déclare un compétiteur.
Forcément, plus l’offre est grande, plus les joueurs s’éparpillent sur différentes compétitions.
Le niveau des catégories a plongé
En moins de 2 ans, on peut dire que les catégories ont perdu un niveau.
- Les P100 sont devenus des tournois très orientés “loisir”.
- Les P250 sont devenus nos anciens P100.
- Les P500, nos anciens P250.
- Les P1000, nos anciens P500.
Certes, cela s’explique par l’explosion de l’offre de tournois, mais aussi par la politique menée par la FFT qui a mis en place une nouvelle catégorie élite (anciennement P1000) : le P2000.
Sans compter la possibilité pour les joueuses de participer aux tournois de padel jusqu’à des P500.
La FFT assume et signe. L’objectif : le loisir, l’amateur et l’augmentation du nombre de licenciés.
La fusion P100 / P250
Qui a dit qu’il n’y avait plus de P100 ? Ces tournois restent encore très ancrés dans le paysage des tournois de padel. Mais jusqu’à quand ?
En effet, aujourd’hui, certains clubs ne voient plus d’intérêt à proposer un P100 alors que pour le même tarif, ils peuvent mettre en place un P250.
“Qu’on le veuille ou non, les joueurs sont des compétiteurs, même si cela reste très amateur. Et c’est plus vendeur de leur proposer un P250 qu’un P100. Les joueurs font la loi et non l’inverse. Si je propose un P100 et que le club voisin fait un P250, vous comprendrez ce qui se passe même parmi ceux qui débutent” nous explique un juge-arbitre habitué à l’organisation de tournois de padel.
Sous-entendu, les joueurs se tourneront plus aisément vers un P250 que vers un P100.
Les P250 d’il y a encore 1 à 2 ans se sont totalement métamorphosés pour 2 raisons :
- Les nombreux nouveaux joueurs intéressés par le fait de remporter des points.
- La nouvelle règle de la FFT qui n’oblige plus les clubs à proposer un prize-money pour un P250.
Conséquence directe : le P250 est devenu une jolie carotte pour les joueurs qui se lancent dans la compétition comme l’était le P100 et qui veulent tenter de glaner rapidement des points.
La concurrence est plus forte mais moins concentrée
Certains estiment que les P250 ou les P500 ne sont plus ces tournois où l’on pouvait retrouver certaines grosses paires du circuit, qu’il n’y a plus cette concentration de joueurs bien classés sur les P500 comme à une certaine époque, ou encore que les “P2000 d’aujourd’hui sont les P1000 d’il y a deux ans en termes de niveau“.
La concurrence est plus forte pour faire partie de l’équipe de France. Mais par la multitude des compétitions, le fait d’avoir jusqu’à deux P1000 par semaine, de nombreuses compétitions P500 en même temps sur de mêmes régions, les compétitions internationales de plus en plus présentes, sans compter le temps et le coût financier, forcément, il y a une dispersion des meilleurs joueurs français.
Les nouveaux joueurs ne viennent pas que du tennis
C’est certainement l’un des plus grands bouleversements dans l’évolution du padel en France. Depuis le COVID, on a vu débarquer de nombreux nouveaux joueurs qui n’avaient pas toujours une sensibilité avec les sports de raquettes et encore moins avec le tennis.
Bilan : le niveau débutant et intermédiaire baisse et donc dans le niveau de compétition pour ces joueurs-là baisse aussi.
C’est effectivement une très bonne nouvelle pour notre sport, de voir débarquer tous ces profils débarquer dans notre sport. D’une certaine manière, à terme, le niveau moyen français va s’hispaniser. Le marché espagnol est un très bon exemple de ce qui nous attend.
Avec plus de 2,5 millions de pratiquants dont beaucoup de débutants n’ont jamais fait de sports de raquettes avant, l’Espagne bénéficie d’un niveau moyen inférieur à celui que l’on trouve en France. Et malgré cela, les tous meilleurs joueurs sont en Espagne, pas en France ! CQFD…
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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Hello,
Je souhaite nuancer ce constat:
1) il y a une grande disparité dans les P250 et selon le tournoi, à classement égal, on peut se retrouver dans les 4 premières paires ou en poules. Dans les P250, il y a aussi souvent une ou 2 paires du top200/300 et aussi des paires mixtes avec un très bon joueur top100/200 et un joueur plus loin au classement.
2) il est normal que les paires du top300 désertent globalement ces tournois car aujourd’hui (février22), le top 300 c’est 2900 points et le top 400 2500 points et donc ces joueurs ne marqueront pas de points dans les p250. Si l’on descend à top1000 on est presque à 1600 points (soit en moyenne faire 10 4ème place dans un p250, ce qui demande un certain niveau de régularité)
3) En p250, on rencontre souvent des paires mal classées qui jouent très bien. Le danger est d’autant plus grand que l’on est passé en sets de 4 jeux + STB, ce qui nivelle les niveaux et rend chaque match dangereux. Cela est aussi amplifié à cause de la densité du classement et de la difficulté à monter en partant du bas (mauvais tableaux).
4) D’un point de vue personnel, avant le covid, en p250, je faisais normalement entre 1/4 et finale. Aujourd’hui, cela n’a pas changé. Je joue autant (et je pense un peu mieux), j’ai toujours le même nombre de points (environ 1900), mais j’ai 350 places de moins (750 et avant 400). Donc en extrapolant, le niveau (de jeu pas de classement) est grosso modo le même sur les P250, mais le classement est plus compétitif
5) Depuis le covid, il y a beaucoup moins de p500/p1000 qu’avant en IDF (ailleurs, je ne connais pas). Du coup, mathématiquement (voir point 2), si l’on veut monter il faut faire de la route pour trouver des p500 et p1000. De plus, sans faire ces efforts, on n’a que peu de chances de se confronter aux meilleurs (ce qui était le cas avant)