Président de l’Association Européenne des Clubs de Padel (AECP) et président fondateur de la Fédération Française de Padel entre 1992 et 2003, Claude Baigts fait partie des pionniers du padel en France. Depuis la création de l’Association Française de Padel à la fin des années 80 jusqu’aux premières grandes compétitions internationales organisées dans l’Hexagone, il a accompagné l’émergence et la structuration du sport.

Présent au Théâtre du Renard à Paris pour la deuxième édition des Assises du Padel, il est venu ouvrir les débats avec un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : l’histoire du padel. Pour lui, comprendre les origines de la discipline est indispensable pour éviter certaines erreurs dans une période de croissance extrêmement rapide.

Un témoin privilégié des débuts du padel en France

Claude Baigts découvre le padel à la fin des années 80, après un parcours déjà riche dans le tennis et l’organisation d’événements sportifs.

« Je suis rentré dans le padel en 1987. Mais la véritable structuration en France commence avec la Fédération française de padel en 1992. »

À cette époque, la discipline est encore confidentielle. Tout est à construire : les compétitions, les structures, les réseaux de clubs. Baigts participe activement à cette première phase d’organisation, avant que le padel ne connaisse un nouveau tournant avec son intégration à la Fédération Française de Tennis en 2014.

Un développement très différent selon les pays

Avec près de quarante ans de recul, Claude Baigts observe que le padel s’est développé à des rythmes très différents selon les pays.

L’Espagne et l’Argentine restent les références historiques, alors que certains pays européens commencent seulement à structurer leur pratique.

« En Espagne, le développement a été progressif. Ils ont construit des écoles de padel pour les enfants et une véritable culture de formation. »

Cette approche explique en grande partie la domination espagnole et argentine sur le circuit international.

La formation des enseignants, un enjeu clé

Parmi les sujets qui préoccupent Claude Baigts figure la formation des enseignants, qu’il estime encore trop fragile face à la croissance rapide du nombre de terrains.

« On ouvre énormément de clubs et on a besoin de professeurs très vite. Mais on ne peut pas faire un professeur de padel en quelques heures. »

Pour lui, enseigner le padel nécessite une véritable spécialisation et ne peut pas se limiter à une simple adaptation du tennis.

L’Espagne a notamment bénéficié, dans les années 80 et 90, de l’arrivée de nombreux entraîneurs argentins qui ont contribué à structurer la formation.

« Ils ont commencé par créer des écoles de padel. Les enfants commencent très jeunes et progressent dans un système structuré. »

Le défi du haut niveau français

Lorsqu’il évoque le niveau international, Claude Baigts rappelle que certains joueurs français ont choisi de partir s’entraîner en Espagne pour progresser.

« Là-bas, ils s’entraînent plusieurs heures par jour, avec une préparation physique, mentale et technique très structurée. »

Selon lui, le très haut niveau nécessite une formation très précoce.

« Si on veut rivaliser au niveau mondial, il faut commencer très jeune. »

Certaines académies espagnoles fonctionnent d’ailleurs comme de véritables centres de formation, où les jeunes joueurs vivent en immersion dans le padel pendant plusieurs années.

Préserver l’esprit du padel

Au-delà de la compétition, Claude Baigts insiste sur ce qui fait selon lui l’essence du padel : la dimension sociale et conviviale du jeu.

« Deux joueurs peuvent se disputer. Quatre, il y en a toujours deux qui vont aller boire un verre ensemble après le match. »

Cette convivialité constitue, selon lui, l’un des atouts majeurs du sport et un élément central dans la réussite des clubs.

Transmettre à la nouvelle génération

Après plusieurs décennies d’engagement, Claude Baigts estime aujourd’hui que son rôle est surtout de transmettre son expérience.

Il envisage notamment de laisser progressivement la main au sein de l’Association Européenne des Clubs de Padel, afin que de nouveaux acteurs puissent continuer à développer la discipline.

« Aujourd’hui, mon objectif est surtout de transmettre. »

Un mot pour Padel Magazine

Avant de conclure l’entretien, Claude Baigts a tenu à saluer le travail de Padel Magazine, qu’il considère comme un acteur important dans la médiatisation du sport.

« Padel Magazine est suivi en France, en Belgique, mais aussi en Espagne et en Afrique. Vous avez fait un travail extraordinaire. »

Une reconnaissance qui illustre aussi le regard porté par l’un des témoins privilégiés de l’histoire du padel sur une discipline qui continue d’écrire son futur

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Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !