Mais jusqu’où ira Benjamin Tison ? C’est la question que nous pouvons nous poser aujourd’hui.

En effet le Français continue son ascension au sein du padel mondial en atteignant la 62ème place mondiale au classement World Padel Tour. Pour cette occasion nous avons pu nous entretenir avec lui et recueillir son sentiment concernant ce nouveau bond en avant.

“Une belle fierté”

“On peut dire que c’est une évolution rapide mais c’est surtout dû au fait que j’ai fait six tableaux finaux. Nous avons réalisé un très bon début de saison avec Teo jusqu’à ce que l’on se sépare. C’est assez exceptionnel. Ce qui est dur c’est de maintenir ce rythme là car les previas sont compliquées. Actuellement il y a trois joueurs de prévias qui sont passés en 1/8ème donc je vais redescendre mais on pourra dire tout de même que j’aurai été 62ème (rires).

Blague à part oui c’est une belle fierté.”

“Objectif Top 50 ?”

“Le Top 50, oui je suis ambitieux j’ai envie de me le dire. Cela me paraît dur de l’atteindre mais je vais tout faire pour. On parle de joueurs qui ont un sacré niveau, qui sont jeunes et s’entraînent tous les jours mais je vais faire du mieux possible même si je sais que ça sera compliqué.”

“Incroyable que 5 / 6 Français se rapprochent du Top 100”

C’est vrai que je ne joue que depuis sept ans au padel dont quatre sans n’avoir pris aucun cours donc c’est sûr que si on compare aux Espagnols, ça ne fait pas beaucoup. Ce qui me fait plaisir c’est qu’il y a quelques années j’ai vu des joueurs très jeunes, de 18 ans, qui jouent depuis leur enfance arriver et qui sont maintenant en previas. J’ai l’impression d’avoir réussi à suivre l’évolution et la progression de ces joueurs.

C’est pour cela que ça me fait sourire quand je vois sur les réseaux sociaux que les gens disent que les Argentins et les Espagnols sont à des années lumières des Français. Moi je vois ça à l’inverse. En sept ou huit ans on a réussi à avoir que 5 ou 6 Français qui se rapprochent de la 100ème place mondiale. Je trouve cela incroyable. Je sais que le public tricolore est exigeant mais c’est une prouesse que l’on puisse exister. Je trouve cela incroyable que l’on soit si proche d’eux.

“Bien sûr qu’il y a deux ou trois générations de retard et ne croyez pas que dans les années à venir il y aura des Français dans le Top 30. Il y a un gros écart et le niveau ne fait qu’augmenter et dans les dix prochaines années cela va continuer, il sera beaucoup plus dur d’entrer dans le Top 50. Aujourd’hui les jeunes commencent toujours très tôt les cours de padel et s’entraînent de plus en plus physiquement. C’est comme le tennis il y a vingt ans.”

“Je n’ai pas renié mes valeurs”

“Je ne connais pas l’histoire de chacun mais je dois être le seul qui, en si peu de temps, a réussi à entrer dans le Top 70. Après il faut avouer que j’ai eu de la réussite car lors de mon arrivée en Espagne tout était bien organisé grâce à Jérémy Scatena, j’ai eu un super entraîneur direct, aucune galère. De plus j’ai eu très vite un partenaire espagnol qui a voulu jouer avec moi. Peu de gens le savent mais certains joueurs sont contraints de payer des joueurs plus forts pour jouer avec eux. Ce ne fut pas le cas pour moi et c’est une de mes valeurs, c’est pour cela que je suis fier de moi et que je mérite cette place. Je n’ai pas renié mes valeurs.”

“Avec Martin on a un beau projet et je ne lâcherai rien”

“Les débuts avec Martin c’est encore mieux que ce que je pensais en terme de niveau de jeu à l’entraînement. On bat toutes les paires contre lesquelles nous jouons. Encore hier on a joué contre des joueurs classés 50 on a réussi à les vaincre 6/3 – 6/3. Cependant sur notre premier match au Portugal nous avons fait un faux départ. J’espère que c’est l’excitation de jouer ensemble qui a fait que l’on est passé à côté de la partie, dans des conditions de jeu difficiles.

Martin Piñeiro et Benjamin Tison

Néanmoins je suis assez confiant pour l’avenir. On a un super projet et je ne lâcherai rien. Martin a beaucoup d’expérience et il m’apprend énormément de choses. Je pense qu’il va me faire progresser.
De plus c’est une super personne en dehors du terrain. J’ai beaucoup de chance à chaque fois, que ce soit avec Teo avant ou maintenant avec Martin, j’ai toujours des partenaires qui sont top, avec qui je m’entends bien. Outre l’aventure sportive lorsque je suis parti en Espagne je cherchais aussi à vivre une aventure humaine. Je ne regrette pas du tout et chaque jour je me rapproche des meilleurs. Je vis de très belles choses dans des lieux incroyables, j’espère que ça va continuer”.

Sébastien Carrasco

Fan de padel et d’origine espagnole, le padel coule dans mes veines. Très heureux de vous faire partager ma passion à travers la référence mondiale de padel : Padel Magazine.