Interview Instagram de Vincent Laureyssens, Président du World Padel Tour Belgium, qui revient sur l’impact du coronavirus sur l’organisation de l’évènement.
- Concernant l’impact de la crise du Covid-19 sur le tournoi belge
La crise a pas mal bouleversé les évènements sportifs. Et tous les tournois internationaux de padel prévus en 2020 sont annulés. Et la reprise du WPT étant à huis clos, c’est de toute façon impossible pour nous sans billetterie, puisque le budget d’un tournoi Open est de 450 000€, ça ne peut pas être rentable sans “ticketing”.
En Belgique le huis clos est impossible, et c’est donner une image au padel que l’on ne veut pas donner. Je comprends en Espagne qu’on le fasse pour permettre au public de suivre des matchs en streaming, mais ici ce n’est pas possible.
Je pense qu’on va devoir recommencer à zéro en 2021, par une exhibition, refaire venir le public, presque gratuitement, les VIP, les sponsors… Refaire ce qu’on a fait sur la Place de la Monnaie en 2019. Là on revient en arrière, la crise a stoppé le développement du padel. C’est hors de question de faire un Open qui nous ferait perdre 200 000€.
- Concernant ce qui était prévu à la base
Nous avons la chance à Bruxelles d’avoir l’espace Tour&Taxis, un espace magnifique, qui venait d’être rénové, c’est l’ancienne gare maritime, 22m de hauteur, on dirait de l’air nouveau, 6 000m² au sol. Nous étions les premiers à lancer un évènement international pour la rénovation de ce bâtiment. Tout était là. On a suivi l’investissement de Philippe Werts, qui a été initié en 2017. On a repris ça, on avait les sponsors, on avait tout. La crise du coronavirus a tout balayé, aujourd’hui les gens ont moins de revenu, les sociétés sont fragilisés et leur priorité budgétaire ne va pas au sponsoring. Là on recommence à zéro en quelques sortes.
Mon rêve aurait été de reporter l’évènement mais je ne vois pas comment je peux aller voir des sociétés qui ont souffert de la crise pour leur demander de sponsoriser un évènement de padel, qui est un sport en développement.
- Comment un “petit pays” comme la Belgique fait-il pour organiser de telles compétitions ?
Philippe Werts a été aidé par sa sœur qui était dans un cabinet ministériel pour tout ce qui concerne l’informatique. Moi j’avais une banque qui pouvait nous sponsoriser. Toutes la réussite de 2019 a fait que les ministres étaient partants pour nous subventionner. La somme de ce qu’on nous promettait était raisonnable, en vendant 5000 tickets à 15-20€ pour être à l’équilibre dans notre budget.
La possibilité d’un Open permet de toucher en plus de la Belgique, le Nord de la France, le Luxembourg, l’est de l’Allemagne, les Pays-Bas. Depuis 2 ans, on a développé une stratégie marketing-communication assez agressive dans les clubs. On avait prévu des bus au départ des clubs. Nous avons un comité d’organisation d’une trentaine de personnes très actives et passionnées.
Pour réussir un tel évènement il faut fédérer les clubs, il faut avoir la fédération et les clubs avec soit. On fait ça de manière passionnée, avec des gens passionnés. Pour réussir un évènement WPT, il faut avoir l’appui total de la fédération, et avoir au moins 80% des clubs avec soi.
- Concernant la stratégie de communication
Quand on a réfléchi à 2019 et 2020, on s’est dit que le meilleur moyen de trouver les clubs et les joueurs de padel, c’était de trouver des gens qui dynamisent le padel, des organisateurs, des patrons de clubs. Il fallait qu’on les motive à rentrer dans notre équipe d’ambassadeurs en leur proposant du textile, des tickets gratuits, de la communication, des places VIP etc. On s’est dit que si lui était motivé à venir voire le World Padel Tour, on avait réussi notre mission car il allait motiver les gens autour de lui.
En 2019, on avait 130 ambassadeurs sur 200 clubs en Belgique, soit plus de 10 000 tickets réservés au travers des ambassadeurs. Ce qui est énorme puisque l’année d’avant on n’avait que 400 tickets.
Cette année, on avait encore renforcé la stratégie ambassadeurs, pour en avoir 250 ou 300 entre la Belgique, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Les ambassadeurs étant ceux qui ont les meilleurs tarifs de tickets, ils motivent les gens à venir, à créer des groupes, affréter des bus etc.
On avait un objectif d’entre 20 000 et 25 000 personnes pour l’Open (sur les 5 jours).
En termes de diffusion de l’évènement, j’avais un accord verbal avec Sporza, chaîne de télévision flamande, ainsi qu’avec la FTD, la première chaîne de télévision, qui auraient, sans crise du coronavirus, diffusé la finale en direct. Cela aurait été une première mondiale. On offrait le droit de la retransmission aux deux plus grandes chaînes du pays.
- Quels évènements World Padel Tour en Belgique pour les prochaines années ?
Aujourd’hui on construit sur trois ans, pour 2021, 2022, et 2023. On va réfléchir calmement avec nos partenaires, nos ambassadeurs, notre comité, pour voir ce qu’on va faire. Pour le moment, on a une date bloquée : du 9 au 19 octobre 2021 dans l’ancienne gare maritime Gare&Taxis, mais pour le moment c’est un grand chamboulement donc on va essayer de voir ce qu’il nous reste comme subventions, comme sponsors, et ce qu’il est possible de faire.
Le coût fixe pour l’organisation auprès du WPT, ainsi que le coût du streaming sont très importants. Tout cela fait que c’est un budget très important, plus les gradins etc.
- Quelle différence entre le coût d’une exhibition et d’un Open World Padel Tour ?
L’exhibition a un coût plus raisonnable : 8 joueurs hommes et femmes pour environ 40 000€, auquel il faut ajouter les billets des joueurs, leur logement, la restauration, ainsi que les coûts de promotion, de sécurité etc… En 2019, le budget de l’exhibition était autour de 150 000€, en sachant que l’on n’a fait payer aucune place pour vraiment promouvoir le padel.
L’Open c’est différent : on est autour de 150 000€ ou 200 000€, le streaming obligatoire coûte 35 000€. Il faut payer la nourriture des joueurs, leur transport, les terrains, les gradins, la sécurité là encore, donc en gros on est autour de 400 000€ de budget. Donc pour ne pas perdre d’argent il faut trouver 400 000€ entre les subventions, les sponsors et la billetterie.
- Pourquoi ne pas organiser un challenger ?
Pour moi, de manière stratégique, l’organisation d’un challenger au départ est une erreur. On en peut pas faire venir des stars, les télés, faire rêver les gens, si l’on n’a pas les 15 meilleurs joueurs du monde. Quand je parle à des journalistes, des ministres, à des patrons de banque, ça ne les intéresse pas s’il n’y a pas les 10 meilleurs. Un challenger c’est un pari très risqué, le padel est trop jeune pour avoir du succès sans les tous meilleurs joueurs. Pour moi il faut commencer par 2 ou 3 exhibitions, car on peut avoir 8 des 10 meilleurs joueurs du monde. La presse sera contente, on peut inviter des stars qui joueront avec les champions, cela permet de lancer la machine. Les coûts étant plus bas, on peut se permettre d’offrir les tickets, d’avoir une grosse fréquentation, et là la presse se déplace.
Malheureusement, à mon avis le challenger qui est très coûteux, ne doit être réalisé que dans les pays où le padel est déjà développé, pas dans les pays où il est encore en développement comme la Belgique.
- L’importance des fédérations
On ne peut pas réussir de tels évènements sans l’aide des fédérations. En Belgique on en a 2 : l’AFP, Association Francophone de Padel, intégrée dans l’Association Francophone de Tennis, et Padel Vlaanderen, qui dépend de Tennis Vlaanderen. Depuis peu, elles collaborent ensemble. Je travaille avec toutes les deux, je suis en contact téléphonique très fréquemment avec les deux présidents de ces fédérations.
On a une excellente relation avec les deux présidents, qui nous aident à leur manière avec leur réseau, en donnant des conseils, de la promotion, ou via des aides pour des subventions.
- Comment convaincre des partenaires à s’engager dans cette aventure du padel ?
A la base je suis un marketeur, j’ai dirigé des agences de marketing. Pour moi le seul moyen de faire connaître le padel, c’est de le rendre glamour, pour cela il faut faire venir des stars, qui amènent les médias. J’ai par exemple fait un évènement avec des champions de hockey et des champions de padel. Si on veut faire parler du padel, il faut que la presse s’y intéresse. Et la presse s’y intéressera si beaucoup de gens y jouent ou en parlent, et si on a des chiffres pour mesurer le développement.
- La collaboration entre le padel et le tennis
Le padel doit être vu comme le petit frère du tennis. Ce sont deux pratiques complémentaires. Le padel ne vient pas nuire au tennis. C’est un sport différent qui permet à tous de jouer et de s’amuser, sans pour autant arrêter le tennis. Le padel est en plein essor, et il vient sauver des clubs de tennis en difficulté, car il redynamise la fréquentation des bars, des restaurants des clubs de tennis. Le fait de jouer à 4 amène plus de fréquentation dans les clubs houses. La révolution est en marche.
Retrouvez les + / Les questions de politique / Les questions des internautes / les INSIDE dans le podcast ici : https://www.youtube.com/watch?v=wJAwob4FYtA

Xan est un fan de padel. Mais aussi de rugby ! Et ses posts sont tout aussi punchy. Entraîneur physique de plusieurs joueurs de padel, il déniche des posts atypiques ou traite de sujets d’actualité. Il vous donne également quelques conseils pour développer votre physique pour le padel. Clairement, il impose son style offensif comme sur le terrain de padel !

























































































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