Née en septembre 2012 en Espagne, Siux est une marque 100 % padel, pas de tennis, pas de diversification tous azimuts, juste le padel, et rien d’autre. Ce focus absolu a forgé une identité forte et une crédibilité technique qui ne s’invente pas. Dès le départ, la marque a choisi d’être le laboratoire du circuit, pionnière dans l’incorporation de couches de carbone multiples et de gommes à mémoire de forme. En 2017, Siux franchit les frontières espagnoles et entame son expansion internationale, avant de signer quelques années plus tard deux des noms les plus bankables du circuit : Franco Stupaczuk et Sanyo Gutierrez.
Aujourd’hui, l’écurie Siux ressemble à une unité d’élite. En signant les nouveaux phénomènes Alex Chozas, Tino Libaak et Leo Augsburger, la marque confirme son appétit pour les profils atypiques, les gros bras et les joueurs qui bousculent la hiérarchie. Presque 15 ans après son premier smash, Siux n’est pas rassasiée bien au contraire : avec ce cru 2026, elle semble plus affamée que jamais, prête à dicter sa loi sur les pistes les plus prestigieuses du globe.
On range le maquillage, on sort l’artillerie
Pour cette nouvelle saison, Siux pousse encore plus loin sa montée en gamme avec une collection Pro résolument tournée vers l’exigence. La marque espagnole privilégie des modèles pensés pour des joueurs confirmés, avec une approche centrée sur la performance brute et une épure esthétique clairement assumée. Le virage est saisissant : le nouveau logo s’affirme avec deux formes profilées façon boomerangs une métaphore parfaite de la vivacité et des rebonds capricieux de notre sport, qui symbolise à lui seul toute l’essence du padel : la vitesse, la rotation, et cet éternel retour de balle. Siux a également apposé sa griffe en haut du tamis dans une calligraphie brute, ce lettrage en bâtons rompus renforçant l’aspect technique et professionnel comme un numéro de série gravé sur un moteur de compétition. La marque a clairement parié sur des produits qui n’ont plus besoin de hurler pour prouver leur valeur. On sent que l’éclosion foudroyante de Leo Augsburger et les exigences de Stupa ont pesé lourd dans la balance : le cahier des charges est désormais limpide. Si tu centres, tu tues ; si tu décentres, tu payes.


Deux familles bien distinctes
Siux structure sa collection autour de deux grandes lignes : la gamme Pro, pensée pour les joueurs les plus exigeants, et la gamme Elite, plus accessible, davantage tournée vers le confort et la facilité de prise en main. Cette dernière s’adresse aux joueurs moins techniques ou à ceux qui veulent une raquette plus tolérante, sans quitter l’univers premium de la marque.
Autre point notable et c’est une première sur le marché : les versions Pro existent désormais en deux coloris distincts par modèle, sans toucher à un seul gramme de leur structure interne. On peut enfin accorder son matériel à sa tenue sans sacrifier les sensations de jeu que l’on a mis des mois à apprivoiser. La Pegasus Pro en orange et gris, la ST Pro en rouge et noir, la Diablo Pro en bleu marine et bleu, et la Fenix Pro en violet et noir. Un tour de force esthétique qui donne une vraie personnalité à chaque référence sans le moindre compromis technique.
Zoom sur les 4 palas Pro
Siux Fenix Pro : le marteau de Thor de Leo Augsburger
On l’appelle “La Pierre” sur le circuit, et elle affiche la couleur sans complexe avec une inscription gravée qui fait froid dans le dos : Dureté 10/10. Forme diamant “Cyber”, équilibre très haut perché et pourtant, ce que peu de gens savent, c’est que la Fenix Pro 2026 affiche un sweet spot légèrement plus large que ses prédécesseures. Une évolution bienvenue qui en fait une machine à smasher plus accessible, sans rien sacrifier sur la puissance brute. La mousse Hard EVA exige néanmoins une technique sans faille pour faire gicler les balles hors du 20×10 : la raquette absorbe très peu l’énergie, et tout ce qu’on donne dans le bras est retransmis directement à la balle. En passant au carbone 12K, elle devient encore plus raide et stable lors des chocs à pleine puissance. C’est l’outil ultime pour ceux qui veulent atomiser la balle et la sortir par trois depuis la ligne de fond. Cette Fenix Pro 2026 réussit le pari d’offrir un plafond de performance supérieur tout en injectant une dose de tolérance inattendue la bête est enfin apprivoisable sur les longs échanges.

Siux Electra Pro : le scalpel de Stupa
Le modèle mythique de Franco Stupaczuk revient avec un caractère bien plus trempé que la magnifique ST4 de la saison dernière. Et attention, oubliez vos vieux réflexes : ne l’appelez surtout pas ST5. La nomenclature mêlant les initiales de Franco au numéro de saison appartient désormais au passé aujourd’hui, on parle de l’Electra Pro. Ce changement de nom tombe sous le sens : comme son nouveau look, on épure tout pour se concentrer sur l’essentiel. Zéro chichi, 100 % efficacité.
Montée sur une mousse EVA Pro de dureté moyenne et en forme de goutte d’eau, elle est redevenue assez sèche, avec un sweet spot un peu plus réduit. Le carbone 12K la rend compacte et directe, hyper réactive en volée. L’équilibre n’est pas aussi radical que la Fenix, mais offre un levier efficace au smash sans sacrifier la maniabilité légendaire de cette gamme. Si la ST4 était plus amicale, la 2026 exige une main sûre et un geste complet mais elle offre en retour une stabilité impériale lors des blocages à haute vitesse. Sa finition sableuse reste la référence absolue pour ceux qui aiment “gratter” la balle et donner des trajectoires vicieuses à leurs viboras.

Siux Diablo Pro : le caméléon de Tino Libaak
Ma plus grosse surprise du test, et le coup de cœur technique de cette année. Ce qui frappe d’emblée, c’est son manche allongé à 13,5 cm idéal pour le revers à deux mains ou pour gagner en vitesse de tête de raquette. Le changement radical de géométrie au niveau du pont n’y est pas étranger : c’est cette compacité nouvelle qui a permis de libérer l’espace nécessaire à l’allongement du manche. De l’ingénierie intelligente à l’état pur on optimise l’architecture du cœur pour maximiser l’ergonomie de la poignée, supprimant tout volume superflu au profit d’un outil de jeu bien plus performant.
Côté technologie, elle associe une face en carbone 24K TeXtreme à une couche de carbone 3K. Sur le papier, le mélange semble surprenant tant les deux matériaux n’offrent pas le même niveau de rigidité, mais à l’usage, l’ensemble fonctionne très bien toucher sec et précis, avec une sensation de contrôle particulièrement plaisante. La gomme EVA Pro de densité moyenne (dureté annoncée autour de 7/10) est ferme sans être extrême, et privilégie le contrôle et une sortie de balle maîtrisée tout en gardant un bon niveau de confort.
De forme larme, c’est sans doute la plus maniable des quatre. Par rapport aux versions précédentes qui misaient sur une souplesse manifeste, la 2026 abandonne l’effet trampoline pour un toucher beaucoup plus sec et direct une vraie arme de “builder”, idéale pour ceux qui aiment construire le point avec le poignet. À basse vitesse, elle semble récalcitrante, mais dès qu’on accélère, elle s’adapte au rythme du jeu. C’est l’outil parfait du stratège qui veut garder une connexion directe avec la balle sans le côté “poutre” des autres modèles.

Siux Pegasus Pro : la foudre au bout des doigts
La monture d’Alex Chozas, en forme de goutte d’eau, arbore des touches orange/cuivre magnifiques qui claquent sur le terrain. On la surnomme la raquette “flash” : on la sent rigide dès la prise en main, et cette fermeté se confirme en jeu la balle ne s’incruste pas dans le tamis, elle rebondit avec une sortie de balle franche et directe. Son cœur ouvert optimise la pénétration dans l’air, accélérant la vitesse de swing pour des prises d’initiative fulgurantes. Gomme EVA Pro de dureté moyenne, faces en carbone 12K un combo éprouvé qui fait mouche depuis longtemps. Équilibre assez haut, elle excelle dans les phases de finition avec une vitesse de tête foudroyante et une stabilité phénoménale au bloc. Pas d’effet trampoline parasite, juste une réactivité chirurgicale au filet et un vrai punch au smash.

En jeu : verdict terrain après quelques litres de sueur
Sur la piste, le caractère exigeant du cru 2026 se fait immédiatement sentir. En défense, soyons cash : si vous avez le bras fatigué ou les appuis fuyants, oubliez la Fenix Pro. Avec sa salida de bola (sortie de balle) quasi nulle, c’est une raquette “bras de fer” il faut s’engager avec tout le corps pour sortir un lob profond. L’Electra Pro se montre un poil plus permissive mais reste intraitable : passive ou en retard, la balle meurt dans le tamis. Le point très positif reste la stabilité : le cadre ne vrille jamais, offrant une base solide comme un roc face aux attaques adverses. Seule la Diablo Pro sauve véritablement les meubles en défense grâce à une réponse plus prévisible et généreuse à bas régime.
Au filet, c’est le paradis du tacticien. La rigidité accrue permet de charger chaque balle sans craindre de voir l’impact s’échapper dans la vitre du fond. On place ses volées avec une précision chirurgicale — la balle sort sèche, tranchante, et meurt dans la moquette. Si l’Electra Pro reste un scalpel, le duel entre la Fenix et la Pegasus mérite qu’on s’y attarde. La Fenix Pro, c’est la foudre : un impact d’une violence sourde qui éteint l’échange mais attention, il faut un bras costaud pour la bouger dans l’espace. La Pegasus Pro remporte la bataille de l’agilité nettement plus apprivoisable, idéale pour ceux qui aiment fouetter la balle ou changer de direction en un éclair dans les duels réflexes.
Au smash, pour les “cogneurs”, c’est Noël. La Fenix Pro confirme son statut de marteau-pilon : dès qu’on touche en haut du tamis, la détonation est immédiate et la balle s’envole. La Diablo tire son épingle du jeu grâce à son manche long qui offre un effet de levier supérieur pour chercher des effets complexes. Attention toutefois : le punto dulce réduit de la collection 2026 ne pardonne aucune sieste. Si vous décentrez, la perte de puissance est immédiate et les vibrations se rappellent à votre coude.
À noter pour finir : le système de changement de dragonne Smart Strap est toujours très appréciable, et les amortisseurs de vibrations intégrés assurent un confort que vos articulations apprécieront après 90 minutes de combat.

Conclusion : quelle Siux pour votre bras ?
Siux a pris le risque payant de privilégier la précision au confort. Cette collection s’adresse prioritairement aux compétiteurs, aux joueurs de tournois et à ceux qui ont déjà une technique solide. Voici comment se dessine la hiérarchie après plusieurs sessions de jeu.
La Siux Fenix Pro est la reine incontestée, la plus puissante du catalogue. Vous êtes un finisher qui ne vit que pour sortir la balle en par trois et l’équilibre en tête ne vous fait pas peur ? Foncez. C’est le véritable marteau de Thor on assume le 10/10 en dureté ou on change de crémerie.
La Siux Pegasus Pro la talonne de très près : c’est le compromis puissance/stabilité ultime, un poil moins “pierre” que la Fenix mais tout aussi dévastatrice dès qu’on engage le buste. Si vous refusez de choisir entre maniabilité et puissance de feu, c’est elle.
L’Electra Pro complète ce podium offensif un poil moins de répondant brut au smash que les deux premières, mais une agilité diabolique à la volée qui fait toute la différence.
Enfin, la Siux Diablo Pro ferme la marche sur le curseur de la force pure tout en restant fidèle à son ADN de raquette de construction et de placement. Attention cependant : elle est sensiblement plus sèche que le modèle 2025 si vous cherchez la sortie de balle généreuse d’antan, vous risquez d’être surpris par cette nouvelle fermeté qui exige un engagement réel.
Pour finir, un grand merci à Greg Ruiz (Siux France) pour sa disponibilité et nos échanges passionnés. Ces moments de partage sans filtre permettent de croiser les impressions sur ces modèles 2026, mais aussi de refaire le monde en évoquant la direction passionnante que prend Siux pour les saisons à venir. Le présent est déjà costaud le futur s’annonce épique.

Fan de padel, Stéphane est devenu le testeur officiel de la planète padel en Europe. Tout passe par ses mains expertes. Grâce à sa grande expérience dans le monde de la raquette, il est capable de vous scanner le matos de la tête aux pieds !
























































































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