Le sélectionneur de l’équipe de France féminine Robin Haziza revient sur ses choix à un peu moins de deux semaines des 12e Championnats d’Europe de padel, à Marbella.
Miser sur la continuité
Padel Magazine : On s’aperçoit que 7 des 8 joueuses présentes dans la sélection ont déjà fait partie de l’équipe. Tu voulais miser sur la continuité en quelques sortes , l’expérience ?
Robin Haziza : En effet, il ne faut pas oublier qu’elles sont pour la plupart “Championnes d’Europe en titre” (sans l’Espagne). Cela a beaucoup de valeur. Ensuite comme chacun le sait, le COVID nous a empêchés de jouer toute la saison 2020, de fait les joueuses en devenir ou nouvelles sur le circuit n’ont pas pu se montrer autant que souhaité.
Le stage était donc très orienté compétition pour mesurer les états de forme de chacune, et force est de constater que ce noyau dur est toujours présent même si d’autres filles sont très proches et commencent à les bousculer.
C’est un super signal pour le niveau global du padel féminin en France, j’ai toujours pensé que la concurrence était bénéfique pour se tirer vers le haut.
Enfin, un autre point a prendre en compte , c’est qu’après une année sans jouer de compétition, les filles ayant déjà l’expérience de ce genre d’évènement ont un avantage. En effet, difficile de rentrer dans le grand bain international pour une nouvelle joueuse alors que très peu de tournois ont été joués depuis un an sur le sol français…

Padel Magazine : Parmi ce groupe de joueuses, on trouve une petite nouvelle en la personne de Wendy Barsotti. Peux-tu nous parler un peu plus d’elle, de ce qui t’a séduit dans son jeu ?
Robin Haziza : Wendy est présente et elle le mérite : d’abord elle s’est beaucoup entrainée (je suis en relation régulière avec son coach), et ensuite elle est allée faire des tournois où elle a performé notamment avec Jessica Ginier à Dubaï. Elle a bien joué pendant le stage en amenant de la percussion, du punch et un padel attiré vers l’avant.
Je la vois meilleure à droite, elle est plus structurée et elle pourrait être assez complémentaire avec une joueuse de gauche agressive à ses cotés.
Elle a bien sûr encore beaucoup de choses à travailler, elle est perfectible évidemment, mais elle témoigne d’une grande motivation.

“Les compteurs seront remis à zéro après les Europe”
Padel Magazine : Plusieurs joueuses ne sont certainement pas passées loin de la sélection , on pense notamment à Fiona Ligi. Qu’est-ce qui leur a manqué ? Conservent-elles leurs chances pour le mondial ?
Robin Haziza : Fiona a fait l’objet d’une immense réflexion, d’abord parce que c’est une excellente joueuse et aussi parce qu’elle a tout donné pendant ce stage à domicile ou il y avait beaucoup d’attentes autour d’elle.
Je l’ai trouvée meilleure à gauche. On en a discuté et elle est plutôt d’accord avec ça, mais compte tenu des absences de certaines joueuses importantes à gauche, j’ai privilégié l’expérience, le côté agressif que doit avoir la joueuse de gauche.
Fiona est une joueuse de défense hors pair mais il lui manque ce petit plus, ce petit jeu de transition arrière-avant qui lui permettrait de gagner en efficacité et en percussion.
On en a discuté, ça a été dur pour elle à digérer et je le comprends, mais elle est déjà repartie à l’entrainement et prépare le P2000 du Mas qui aura lieu mi-juillet. Je suis super content de son attitude !
Pour elle comme pour Élodie et toutes les autres aux portes de l’équipe de France, les compteurs seront à nouveau remis à a zéro pour les Mondiaux en Novembre. Il y aura des tournois, elles vont enfin pouvoir se montrer en France et performer ! Je vais suivre ça de près après les Europe !
Padel Magazine : Lucile Pothier a semble-t-il impressionné lors de ce stage, tu ne l’as jugée pas assez mûre pour partir à Marbella ? Peux-tu nous en dire plus ? Tu penses qu’elle peut faire de grandes choses dans le padel ?
Robin Haziza : Lucile est la surprise de ce stage. Elle est venue en tant que “sparring partner”. Je la suis depuis quelques temps en échangeant avec Arnaud Taboni son coach, et je n’ai pas été déçu !
Elle a surpris son monde par son détachement, sa capacité d’adaptation sûr et en dehors du terrain. Elle a très bien joué, elle dispose d’un super smash, d’une belle volée et d’une très bonne lecture du jeu en si peu de temps de pratique.
On a discuté ensemble sur les points à améliorer. Si elle fait le boulot, elle fera partie des candidates pour les Championnats du Monde.
Elle envoie un super signal à toutes les joueuses de tennis qui se reconvertissent dans le padel. En attendant nos écoles de padel et une génération de joueurs 100% padel, les joueurs et joueuses de tennis sont un véritable vivier pour nous, et c’est encore plus vrai chez les femmes.
J’ai une ex joueuse à -30 qui m’a contacté dans la foulée de ce stage après avoir vu l’expérience de Lucile, elle voulait venir faire un stage à Barcelone la semaine suivante ! Ce sont d’excellents signaux pour le padel féminin qui devient de plus en plus attractif !

“Se battre et donner le maximum”
Padel Magazine : En l’absence de Jessica Ginier et Laura Clergue , on perd deux titulaires à gauche et les deux meilleures joueuses françaises jouent à droite sur le WPT (Alix Collombon et Léa Godallier), comment remédier à cela ?
Robin Haziza : Bon je ne vais pas vous dire que l’équipe n’est pas affaiblie en l’absence de Laura et Jessica. C’est clairement un coup dur, mais on va se battre et les filles ont envie de donner le maximum pour représenter au mieux notre maillot !
On va devoir réfléchir aux compositions, c’est pour ça que nous partons tôt à Marbella, pour se réunir et travailler sur place. Je tire d’ailleurs mon chapeau à toutes les filles sélectionnées qui malgré le travail et les contraintes de chacune ont toutes répondu favorablement à une arrivée très anticipée pour s’entrainer. J’aime ça et ça me donne encore plus envie de tout donner avec elles !
Padel Magazine : As-tu déjà des idées de composition en tête ? Quelles sont les associations qui t’ont le plus convaincu a Perpignan ?
Robin Haziza : Vous comprendrez que Padel Magazine étant un media reconnu dans le monde entier, je ne m’attarderai pas ici sur les compositions possibles. On va échanger, essayer, travailler et on vous garantit qu’on donnera le meilleur de nous mêmes ! J’ai confiance en toute les filles pour s’adapter et mouiller le maillot comme à chaque fois !
Padel Magazine : On imagine qu’au vu du niveau de l’équipe espagnole, l’objectif sera une médaille d’argent ?
Robin Haziza : La médaille d’argent serait exceptionnelle compte tenu des circonstances, des absences et du peu de temps pour travailler. L’Espagne est clairement injouable, ça se jouera avec l’Italie, la Suède, l’Angleterre et peut-être d’autres nations que l’on connaît moins.
On donnera tout, on ira chercher le meilleur résultat possible vous pouvez en être certains !
Merci à tous pour le soutien, les messages. On compte sur vous pour nous encourager, le groupe France dans son ensemble le mérite ! Peu sont professionnels, aucun ne gagne véritablement sa vie mais tous jouent leur peau quand il s’agit de défendre le drapeau bleu blanc rouge !
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