Entre Manu Garcia et sa pala, l’histoire d’amour dure depuis plus d’une décennie. À bientôt 32 ans, celui qui partage son temps entre French Padel Shop, My Padel Store et Padel XP, s’affirme comme un acteur incontournable du padel français. Sa vie en Espagne, ses expériences, sa vision du marché : découvrez la première partie de son portrait sur Padel Magazine.
La découverte d’un sport « incroyable »
« Je devais avoir 15 ans quand j’ai connu le padel, si je me rappelle bien. J’habitais en Espagne et je jouais au tennis. Cependant, j’avais été très mal conseillé sur mon cordage et j’avais un « tennis elbow », de gros problèmes de coude. J’allais chez le kiné deux fois par semaine, je ne pouvais pas jouer. Un jour, mon kiné m’a conseillé de jouer au padel. Mon père avait déjà commencé à taper un peu la balle et finalement, je me suis soigné le coude tout doucement en jouant au padel, à Valence. Pour un jeune qui vient du tennis, quand tu commences à faire des contre-vitres – ou contre-murs, parce que j’ai commencé sur un terrain en béton – et que la balle revient de l’autre côté, c’est là que tu te dis que ce sport est incroyable. »
Une nouvelle aventure entre Nord et Sud
« À 18 ans, je suis parti vivre en France. J’ai levé un peu le pied pendant deux ans et demi, et j’ai recommencé à jouer en 2014. Je jouais à Padel Attitude à Lille de façon intensive. Le padel s’est développé en France et j’ai pu tisser mon réseau avec Francesc et German, deux amis espagnols, qui vendaient des terrains de padel et des raquettes. Leur boulot, c’était de développer des pro-shop. C’est à cette période-là, vers 2014-2015, que j’ai commencé à prendre goût à ça. Je bossais chez Decathlon et j’étais proche d’Artengo pour tester, écouter, voir un peu les nouvelles choses. »
« Je me suis ensuite lancé avec le club de Montpellier pour créer un grand pro-shop, qui s’appelait « Les 5 raquettes » à l’époque. Mais lorsque j’ai contacté toutes les marques, elles m’ont plutôt conseillé de devenir commercial pour elles. C’est là que j’ai rencontré des patrons des firmes (Royal Padel, Siux) qui voulaient que je m’occupe du marché français pour eux. Finalement, j’ai bossé pour Padel Nuestro, le leader mondial de la vente de raquettes de padel, tout en vendant en parallèle des terrains. »
Le coronavirus, tournant décisif du padel dans l’Hexagone ?
« Le Covid a eu deux effets sur le padel. Toutes les dynamiques qui ont été lancées ont été automatiquement interrompues : les créations de clubs, mais aussi certaines fermetures, qui ont été gelées parce que l’État français ne voulait pas que trop d’entreprises ferment à cause de ça. Il y a eu cet effet négatif sur la partie métier, puis un boom incroyable en post-Covid. En Espagne, le padel s’est nourri de crises. La crise économique en 2008 a fait qu’on s’est retrouvé avec énormément de bâtiments vides, et on a commencé à monter des clubs à fond. »
« Cette crise a donc propulsé ce sport vers le haut, et j’ai dû me reconvertir. Je me suis lancé dans le business avec Julien Pes, je me suis associé avec lui pour prendre le train en route. »

French Padel Shop, la naissance d’un pionnier
« Un jour, Julien est venu me voir pour me proposer de lancer un site web. Il avait déjà énormément de bonnes idées mais les autres ne voulaient pas l’écouter. Il a extrêmement bien bossé, et c’est devenu l’un de mes plus gros clients. On était dans la même ville, avec des stocks différents. Il fallait que ça aille un peu plus loin pour franchir le pas juridique, mais relationnellement, le travail était déjà fait. »
« De nouveaux acteurs souhaitaient rentrer sur le marché. Moi, j’avais un rêve qui était de créer un gros groupe avec l’intégralité des acteurs (logistique commune, stock commun). Une espèce d’énorme plateforme logistique en France, avec toutes les commandes françaises partant de là. Après, chacun pouvait mettre en place sa politique de prix, son service client, sa fiche produit… Mais l’objectif était vraiment de faire un truc groupé. »
La consécration d’un trio acharné
« Régis Monnerie était complémentaire de ce que nous faisions avec Julien. Il est rentré dans le groupe, et les progressions étaient énormes sur Padel XP. On a commencé à faire grandir la société, avec deux puis trois sites. Le chiffre d’affaires a explosé, ça a été un succès monstre. Mais comme dans toute société, quand tu exploses trop vite, ça devient compliqué : tu commences à investir, tu commences à avoir plus de dépenses, c’est difficile. »

French Padel Shop et Padel XP, deux entités spécifiques
« Ce sont deux sites différents avec deux identités différentes, qui communiquent à leur manière. On vend tous la même chose (Nox, Babolat, Head,…), on ne peut pas se différencier sur le produit. On a décidé de cibler des clients distincts, avec des produits et des stratégies de prix qui diffèrent. Padel XP va plus parler à une clientèle capable de payer plus cher, alors que French Padel Shop s’adresse à un public attaché au point de vente physique. Le but, c’est de s’adresser de façon divergente à des clients pour toucher un maximum de personnes. »
« Les deux sites évoluent de la même façon. Pour nous, l’année charnière, ça a été 2022. C’est l’année où nous avons connu une progression immense et des changements dans la société. Avec Julien, on a commencé à avoir des envies différentes, et il est finalement parti. Régis a pris plus de place dans la société. »
Un magasin à Pau qui cartonne
« On a testé tous les modes de vente sur le territoire français. On a pris l’initiative de monter le magasin de Pau avec Fred Richeme en 2021, et ça a été un succès colossal. Au bout de six mois, il fallait déjà qu’on trouve un nouveau local ! On est convaincus qu’aujourd’hui, le magasin physique a énormément d’avenir en France. »
« Le padel, c’est un nouveau sport. C’est un sport que les gens ont besoin de tester. Ils ont besoin de prendre la raquette, de l’avoir en main, et cette proximité est indispensable. Si j’avais la possibilité de créer un autre magasin, je le ferais, mais il y a une problématique : personne n’est capable de tout connaître sur plus de 400 modèles de raquettes ! C’est très difficile de trouver en France des gens qui veuillent bosser et qui soient fiables. Cela demande une grosse formation en termes de temps et d’investissement. »
Quelle vision pour le futur ?
« Actuellement, les progressions sont à deux chiffres en pourcentage. On progresse très bien en relation avec le marché, malgré la multiplication des acteurs. Je suis confiant pour l’avenir ! Pour réussir, il faut à tout prix recruter un responsable padel qui est expert dans son domaine. Notre expertise est rare et nous allons continuer à travailler, car le marché va croître. »

C’est par le biais de son père qu’Auxence a découvert le padel, un soir de juin 2016. Aujourd’hui, il suit avec passion le circuit international et taquine la pala dans son club formateur, le Toulouse Padel Club. Vous pouvez également le retrouver sur La Feuille de Match et LesViolets.com, deux médias spécialisés sur le Toulouse Football Club.

























































































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