Enfant de Bilbao, le Basque Andoni Bardasco était 25e joueur mondial en 2014, mais il a ensuite dû arrêter sa carrière prématurément en raison de multiples blessures. A seulement 30 ans (il les a fêtés ce 13 février), il est donc désormais reconverti dans l’enseignement et l’organisation de stages avec la société Padel Stuff.
Nous consacrons à ce joueur attachant, qui fut le plus jeune à disputer un tableau final du circuit professionnel, un portrait en plusieurs volets. Aujourd’hui, nous nous concentrons sur ses débuts dans le padel et ses jeunes années de joueur passionné puis professionnel.
► Les premiers pas
« J’ai commencé le padel vers 8 ou 9 ans, chez moi, au Pays Basque. Les pistes n’étaient pas aussi modernes et agréables qu’elles le sont aujourd’hui. A cette époque, je jouais aussi au foot. Vers 12 ou 13 ans, j’ai dû arrêter le foot pour ne faire que du padel. Concilier les deux n’était pas possible : j’avais trois entraînements de foot par semaine et des matchs tous les week-ends. Or, quand j’ai commencé le padel en compétition, je faisais des tournois tous les week-ends, d’abord dans ma région mais ensuite des compétitions nationales en dehors du Pays Basque. »
► Une défaite 6/0 6/0 qui… le motive
« Je me souviens très bien de ma première compétition nationale, un tournoi du circuit FEP national à Bilbao : j’avais 10 ans et je me suis pris un 6/0 6/0 au premier tour. C’est une chose qui ne m’a vraiment pas plu, mais ça m’a motivé pour progresser, en m’incitant à travailler encore plus. Je me suis dit que si j’avais une nouvelle chance de jouer un tel match, je voulais au moins ne plus être ridicule, ne plus vivre une telle humiliation. J’adore les défis, j’aime bien perdre d’une certaine manière, car ça te pousse à retourner à l’entraînement pour s’améliorer et ne plus perdre la fois d’après. J’aime les défis, j’adore tenter des choses que je ne sais pas faire pour essayer de les maîtriser. A cette époque, je me suis motivé, j’ai commencé à vouloir m’entraîner de plus en plus. J’ai trouvé de très bons entraîneurs à Bilbao, des gens qui se sont très bien occupés de moi et m’ont appris le padel.
► Champion d’Espagne et du monde à 12 ans
« L’année de mes 11 ans, un joueur qui m’avait vu jouer à Bilbao m’a proposé de disputer avec lui un tournoi FEP national à Séville. Et là, nous avons perdu aussi, mais seulement en finale et en trois sets : rien à voir avec une défaite 6/0 6/0 au premier tour. Ensuite, dans le tournoi suivant, qui avait juste lieu à Bilbao, nous avons de nouveau été en finale. Cela m’a motivé pour voyager et participer à de plus en plus de tournois : on a obtenu de bons résultats et à la fin de l’année, nous avons gagné le championnat d’Espagne dans notre catégorie et aussi le championnat du monde des jeunes de 12 ans. Ça m’a poussé à continuer, à jouer le circuit et, l’année suivante, à essayer de faire aussi bien et même mieux.
A 14 ans, nous avons de nouveau gagné le championnat d’Espagne et le championnat du monde. Et pareil ensuite dans la catégorie 16 ans, avec mon dernier partenaire en mineurs, Matias Marina, qui est ensuite devenu joueur professionnel. Mais après ça, une blessure au dos m’a empêché de jouer ma dernière année sur le circuit des mineurs. »

► Premières expériences chez les seniors
« Assez jeune, j’ai commencé à jouer le circuit basque chez les seniors, où le jeu était très tactique. A cette époque, les terrains étaient faits de murs et non de vitres, les grilles étaient souples et les balles lourdes car nous avons un climat humide. Cela n’avait rien à voir avec les balles vives et rapides qu’on a aujourd’hui, avec des raquettes désormais plus puissantes. Quand on jouait un match en décembre, par exemple, il était impossible de gagner les points rapidement en frappant fort. Donc il fallait pratiquer un jeu très tactique, avec beaucoup de stratégie. Ça m’a motivé beaucoup, car je jouais presque tous les week-ends un tournoi seniors. A 12 ans, je perdais en 3e catégorie, à 13 ans en 2e catégorie, et puis à 14 ans, j’ai gagné mon premier tournoi en 1ère catégorie chez les seniors dans le circuit basque ! Peu à peu, ça m’a motivé pour continuer. »
► A 15 ans, il affronte Belasteguin / Diaz
« Dans l’année de mes 15 ans, avec mon entraîneur de l’époque, on s’était inscrits à la coupe Julio Alegría, un tournoi du Padel Pro Tour (l’ancêtre du World padel Tour). Nous avons gagné d’abord cinq matches de pré-qualification, et ensuite, nous avons franchi les qualifs jusqu’à arriver au premier tour du tableau final. Et là, nous avons rencontré Fernando Belasteguin et Juan Martin Diaz, les n°1 mondiaux : pour moi, c’était évidemment un rêve ! Je n’osais même pas leur dire bonjour et leur serrer la main avant le match. Je me souviens encore du score mais je pense que cette fois ci, ce n’est pas l’important dans cette histoire [rires].

Ça a été un match très bizarre, car ils étaient tellement tellement supérieurs qu’on aurait dit une exhibition. Déjà, on ne s’attendait pas à sortir des qualifs et on affronte la meilleure paire de padel de tous les temps, au moment où ils étaient les plus forts. Et puis moi, j’étais hyper nerveux, nous n’avions aucune chance de leur poser le moindre problème. »
► Plus jeune joueur dans un tableau professionnel
« Malgré la défaite, jouer contre Bela et Diaz m’a rendu hyper heureux. J’étais le plus jeune joueur à disputer un tableau final sur le circuit professionnel, à même pas 15 ans. Ils ont été hyper gentils et depuis ce jour, j’ai gardé une très bonne relation avec Bela. Je pense que le padel a une chance énorme que le meilleur joueur de son histoire soit Fernando Belasteguin, parce que c’est quelqu’un de bien – et ce n’est pas qu’une image. Avec moi, il a toujours été au-delà de la gentillesse. A chaque fois que j’ai eu besoin de quelque chose, j’ai pu l’appeler, il m’a aidé à chaque fois qu’il a pu. »
► Un prize money de… 101 euros
« Mes premières expériences sur le circuit professionnel datent de la fin de Padel Pro Tour, juste avant l’avènement du World Padel Tour. Les prix n’étaient pas énormes, mais il y avait des prix. Je me souviens qu’après ce match perdu contre Bela et Diaz, je suis sorti du terrain et le juge-arbitre m’a intercepté pour me donner mon prix : 101 euros, soit un billet de 100 et une pièce d’un euro. Je me suis dit « super, je vais aller au cinéma avec mes copains, mais pour un joueur professionnel, ça ne sert à rien de gagner si peu. Quelques années plus tard, ça a changé, avec entre 300 et 500 euros pour une défaite au premier tour.

« Après ce tournoi à Bilbao, j’ai commencé à jouer le circuit professionnel, mais pas tous les tournois car je devais aller à l’école. Dans ma seizième année, j’ai de nouveau joué des tableaux finaux, en parvenant même jusqu’en huitième de finale en fin d’année, de nouveau face à Belasteguin et Diaz. Cette fois-ci, au moins, ils ont dû se forcer un tout petit peu. Le score était encore très en leur faveur, mais la sensation était différente.
Ensuite, quand j’ai eu 17 ans, j’ai décidé de jouer toutes les étapes du circuit et assez rapidement, j’ai réussi à intégrer les tableaux finaux sans avoir à passer pour les pré-qualifs et les qualifs. Donc, heureusement, je n’ai pas vécu les galères des joueurs qui n’arrivent jamais à accéder au tableau final. Malheureusement, je me suis blessé au dos l’année suivante et j’ai perdu mon classement car à cette époque, le “classement protégé” n’existait pas en cas de blessure. J’ai donc dû repartir de zéro l’année suivante mais nous avons réussi à échapper aux qualifs dès le mois de juillet. J’ai donc évité les soucis financier : quand tu es dans le tableau, tu as un prix, tu as des sponsors et puis quand tu es jeune, tu as peu de besoins financiers. »
► Devenir pro, un parcours aléatoire et compliqué
« Pour devenir professionnel, il faut avoir de la chance. Au départ, il faut avoir un peu de talent, tomber sur les bonnes personnes qui vont bien s’occuper de toi et t’aider. Le job des parents dans le sport, c’est de trouver les bons entraîneurs qui donnent de bonnes bases à un jeune. Mais moi, je ne conseillerais pas un jeune d’avoir comme but devenir sportif professionnel, car c’est quelque chose de vraiment compliqué. Même en faisant tout très bien, cela ne suffit que très rarement à devenir un des tout meilleurs. J’ai connu beaucoup de très bons jeunes joueurs, qui se sont entraînés énormément et qui n’ont pas obtenu le niveau dont ils rêvaient ou n’ont pas réussi à gagner leur vie grâce au padel. Je pense que le mieux, c’est de profiter de ce sport, de prendre du plaisir à s’améliorer, à s’entraîner, à progresser. Et si au bout il y a une carrière et une réussite en tant que professionnel, eh bien c’est tant mieux. »
Dans le prochain épisode de ce portrait, Andoni Bardasco nous racontera comment, à 19 ans, il s’est installé à Madrid pour poursuivre son ascension et mener sa carrière.
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Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.

























































































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