À seulement 20 ans, Paul est en train de vivre une bascule importante dans sa jeune carrière.
Présent au FIP Silver de Caen, dans sa ville natale, le joueur français incarne cette nouvelle génération qui avance avec méthode, lucidité et beaucoup de travail. En l’espace d’un an, il est passé de la 650e à la 145e place française, tout en construisant progressivement un véritable projet sportif autour du padel.
Un FIP Silver particulier à Caen
Le FIP Silver de Caen a forcément une saveur particulière pour Paul. Jouer à domicile, entouré de sa famille et de ses proches, donne une dimension émotionnelle différente à la compétition.
« Franchement, ça fait chaud au cœur de jouer ici », confie-t-il.
Sportivement, la journée débute par une qualification au premier tour obtenue sur forfait, les joueurs moldaves ne s’étant pas présentés. Le deuxième match, en revanche, est bien plus symbolique. Paul s’impose face à Albano Padel et Jimmy Devaux, dans une rencontre marquée par l’histoire personnelle plus que par l’enjeu sportif.
Jimmy Devaux n’est pas un adversaire comme les autres : c’est lui qui a fait découvrir le padel à Paul.
« C’est lui qui m’a mis au padel, qui m’a initié », explique-t-il.
Une rencontre d’autant plus particulière qu’il avait déjà partagé la piste avec Albano Padel deux semaines auparavant lors d’un P500. Un match qu’il décrit comme atypique, mais surtout très plaisant à jouer.
Une ascension rapide sur le circuit français
Il y a encore un an, Paul évoluait loin des radars du padel français. Classé autour de la 650e place, il était alors dans une période de transition, partagé entre deux disciplines.
Aujourd’hui, il se situe aux alentours de la 145e place nationale, avec plus de 500 places gagnées en douze mois. Une progression express, rendue possible par un choix fort : celui de se consacrer pleinement au padel.
« J’étais encore à cheval sur deux sports », rappelle-t-il.
À l’époque, Paul pratique toujours le tennis de table à haut niveau, en Nationale 2, mais commence progressivement à perdre le plaisir qui l’animait jusque-là.
« Je commençais à ne plus trop prendre de plaisir », explique-t-il.

Le déclic après le tennis de table
Formé au tennis de table dès l’âge de huit ans, Paul possède un parcours sportif particulièrement solide. Entre 12 et 17 ans, il figure parmi les meilleurs jeunes français, au sein d’une génération marquée notamment par les frères Lebrun.
« J’ai été top 10 français de mes 12 à 17 ans », précise-t-il.
Après la période du Covid, sa progression se fige. Le niveau stagne, la motivation s’effrite, et l’envie de changement apparaît peu à peu.
C’est dans ce contexte qu’il découvre réellement le padel, au club de PadelShot, à Caen, où il dispute ses premières parties.
Progressivement, les résultats arrivent sur les tournois français, notamment sur les P250 et P500. Le questionnement devient alors inévitable.
« Début d’année, je me suis dit : j’ai 20 ans, qu’est-ce que je fais ? Est-ce que je m’y mets à fond ou pas ? »
Du ping au padel, un apprentissage total
Même si certains automatismes existent entre le tennis de table et le padel, notamment dans le toucher de balle, la transition reste complexe. Le jeu aérien, les déplacements, la lecture tactique ou encore le smash représentent un apprentissage complet.
« Je n’avais jamais fait un smash de ma vie il y a un an et demi », reconnaît-il.
Un retard technique qu’il tente de combler par un investissement quotidien.
« Je m’entraîne tous les jours », affirme-t-il, conscient que le volume de travail est indispensable pour progresser.
Des résultats qui confirment la progression
Depuis plusieurs mois, le travail commence à se refléter concrètement sur le terrain. Paul enchaîne désormais des performances régulières sur les P1000, là où il peinait encore à franchir les premiers tours il y a peu.
« Il y a trois mois, je n’avais jamais dépassé un sixième de finale de P1000 », rappelle-t-il.
Une évolution qui confirme le cap franchi, autant sur le plan technique que mental.
Le point fou du P2000 de Bordeaux
Parmi les séquences fortes de sa saison figure également un point devenu viral lors du P2000 de Bordeaux. Lors d’un match décisif de poule face à Basile Baud et François Authier, Paul glisse à proximité du filet, à cause du sable…
« Je me retrouve assis par terre et je me dis que je ne vais pas me relever », raconte-t-il.
Pourtant, le point se poursuit, et il parvient à remettre la balle dans une position totalement improbable, provoquant la surprise du public et des joueurs adverses.
Un cadre de travail structuré à Bordeaux
Afin d’accompagner sa progression, Paul s’entraîne désormais à la JT Padel Academy, à Bordeaux, où il bénéficie d’un suivi quotidien.
Encadré par Jean-Thomas Peyrou, il évolue dans une structure pensée pour la performance et la progression à long terme.
« Il me suit comme un vrai coach », souligne-t-il.
Une chaîne YouTube pour partager le quotidien
Depuis peu, Paul a également lancé sa chaîne YouTube, avec l’envie de montrer l’envers du décor de sa vie de joueur.
« Je veux faire suivre mon aventure », résume-t-il.
Il y partage ses entraînements, ses tournois, ses déplacements, mais aussi les contraintes et les difficultés du quotidien. Un exercice exigeant, parfois épuisant, qu’il mène avec les moyens du bord et l’aide de ses proches.
« J’ai mis 35 heures pour sortir une vidéo de 12 minutes », confie-t-il.
Des objectifs clairs pour la suite
Pour la saison à venir, Paul avance avec une ligne directrice précise. À court terme, son objectif principal reste l’accession au top 50 français.
« C’est atteindre la 50e place française à la fin de l’année », annonce-t-il.
Ce n’est qu’une fois ce cap franchi qu’il envisage de s’engager pleinement sur le circuit FIP.
« Une fois que je serai top 50, je commencerai le circuit FIP vraiment à 100 %. »
Au-delà du classement, il insiste surtout sur son évolution dans le jeu, perceptible ces derniers mois.
« Aujourd’hui, je fais du padel. Il y a six mois, je faisais du padel ping-pong. »
Une phrase qui résume bien le chemin parcouru, et l’état d’esprit d’un joueur encore en construction, mais pleinement engagé dans son projet.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !


































































































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