Présent à Bordeaux dans le cadre du premier P2000 en 2026, Laurent Aznar, président de la Commission Fédérale Padel, a longuement détaillé les évolutions réglementaires, les orientations stratégiques et les travaux en cours autour du padel français. Une saison particulière, marquée par de nombreux ajustements, à court comme à moyen terme.

Une saison 2026 charnière pour la compétition

« 2026 est une année un peu particulière, avec pas mal de nouveautés, de modifications, de nouvelles catégories », annonce Laurent Aznar. L’objectif est clair : adapter le cadre fédéral à l’expansion rapide du padel, tout en structurant la pratique à tous les niveaux.

L’un des premiers chantiers concerne le guide de la compétition, qui évoluera dès le 1er mars 2026.

L’arrivée officielle du P50

Parmi les annonces les plus attendues figure l’introduction du tournoi P50.
« On pourra homologuer des P50 à partir du 1er mars seulement, puisque les droits d’homologation ont été actés par l’Assemblée Générale de la Fédération le week-end dernier. »

Les cuts de classement seront les suivants :

  • 10 000 maximum chez les hommes
  • 1 000 maximum chez les femmes

« Le très attendu P50 arrive, mais il n’y a pas que ça », précise-t-il.

Retour des cuts en tournois mixtes

Autre évolution importante : la réintroduction des cuts en mixtes.
« On avait libéralisé les cuts pour inciter la pratique féminine, mais le retour d’expérience n’a pas été positif. Des joueurs ne jouaient pas toujours le jeu et faussaient parfois la compétition. On pouvait en effet retrouver des très bons joueurs en P25. Ce n’était pas l’objectif initial. »

Conséquence :

  • Retour des cuts en P25, P50 et P100 mixtes
  • Aucun cut en P250 mixte, afin de garantir un tournoi ouvert à tous

« Le P250 reste la catégorie maximale en mixte, pour que tout le monde puisse au moins jouer un mixte dans la saison. »

Révision des barèmes de points

La réforme des barèmes de points constitue le troisième axe majeur.
« On souhaite mieux valoriser le passage de tour. Aujourd’hui, il n’y avait pas assez d’écart entre un finaliste et un demi-finaliste. »

Les barèmes seront donc réajustés sur l’ensemble des catégories, avec une logique plus progressive et plus équitable.

Il y aura donc, par exemple, un intérêt bien plus important à jouer une demi-finale en termes de points que de s’arrêter en quart de finale.

Vers une refonte du circuit élite à partir de 2027

Les discussions en cours vont plus loin et concernent la structure même du circuit élite, avec une application possible dès septembre 2026 pour la saison sportive 2027.

Constat partagé :
« Les P1000 deviennent de plus en plus locaux, et il y a un risque que les meilleurs joueurs ne se déplacent plus sur les P1500 et P2000. »

La proposition de la commission est la suivante :

  • Les P1500 deviendraient des P2000
  • Les P2000 deviendraient des P3000
  • Suppression de la catégorie P1500

« Le nombre resterait inchangé : 8 tournois pour l’ancien format P1500, et 4 P3000 en remplacement des P2000 actuels, en plus des Championnats de France, qui restent à 3000 points. »

Ces évolutions impliquent une augmentation du prize money, soumise à validation du bureau et du comité fédéral.

Le cas particulier des Championnats de France

La question du statut du Championnat de France reste ouverte.
« Ce n’est pas clos. On se demande encore si le championnat de France doit rester à 3000 points ou aller au-delà. »

Une réflexion nourrie par la disparité des niveaux régionaux, observée lors des phases finales.

Une licence unique à partir de septembre 2026

Autre décision structurante par l’Assemblée Générale FFT : la création d’une licence unique.
« À partir de la saison 2026-2027, il n’y aura plus qu’une seule licence. Exit la licence padel et la licence beach. »

La licence multiraquettes inclura désormais :

  • Tennis
  • Padel
  • Beach tennis
  • Pickleball

Le tarif restera fixé à 33 euros, sans augmentation.
« C’est un choix de lisibilité et de simplification, même s’il y a un écart avec l’ancienne licence padel à 26 euros. »

La crainte d’une perte de lisibilité statistique est relativisée.
« On n’aura plus le nombre exact de licenciés padel, mais on continuera d’évaluer le nombre de pratiquants via les compétitions, les locations de terrains et les données TEN’UP. »

Encadrement du nombre de P1000

Concernant les P1000, la Fédération souhaite maintenir une gestion par les ligues.
« Les ligues connaissent mieux les clubs, et on veut des compétitions qualitatives. »

Des quotas sont à l’étude afin d’éviter la saturation :

  • Environ 5 P1000 hommes par week-end
  • 2 P1000 féminins
  • Sur 35 week-ends environ

Des ajustements restent possibles, notamment lors des week-ends de National 1 ou National 2.

Concrètement, la FFT réfléchit par exemple sur le fait de proposer des P1000 pendant les Championnats de France de padel par clubs.

Lutter contre les désistements stratégiques

Un problème régulièrement remonté par les joueurs concerne les désistements de dernière minute, liés aux paliers de points.
« Les joueurs sont parfois trop attirés par les points, et certains se retirent lorsqu’un seuil n’est plus atteint. »

Un phénomène jugé inéquitable pour ceux qui restent.
« On travaille à une solution pour limiter ces effets pervers, car ce sont les joueurs présents qui en subissent les conséquences. »

Ajustements à venir chez les jeunes

Dernier chantier évoqué : les barèmes jeunes.
« Donner trop de points aux jeunes peut les mettre en difficulté, puisqu’il n’y a qu’un seul classement jeunes/seniors. »

Une révision à la baisse des barèmes est à l’étude, en lien avec les référents sportifs fédéraux.

« Beaucoup de choses sont en cours, parce que le padel est en pleine expansion. Notre objectif est de le structurer au mieux, en tenant compte du retour terrain des joueurs et des joueuses. »

Présent tout au long du week-end à Bordeaux, Laurent Aznar insiste sur l’importance de rester au contact du terrain.
« Je viens sur les tournois pour écouter, comprendre ce qui fonctionne et ce qui doit évoluer. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.