Il confirme une réalité souvent évoquée mais rarement objectivée par des chiffres précis : le padel est avant tout un sport de plaisir et de lien social. L’analyse des motivations de pratique, issue de l’Observatoire du Padel 2025 réalisé par Union Entreprise Sport & Cycle, met en lumière une hiérarchie très claire des raisons qui poussent les joueurs à entrer sur une piste, bien loin d’une logique purement compétitive ou performative.

Le plaisir, moteur numéro un de la pratique

Avec 69 % des réponses, la motivation principale des pratiquants est sans ambiguïté : prendre du plaisir. Ce chiffre place le padel dans une catégorie bien distincte de nombreux sports traditionnels, souvent structurés autour de la performance, du résultat ou de la compétition.

Cette recherche du plaisir renvoie à plusieurs caractéristiques propres au padel : une prise en main rapide, une courbe de progression accessible et une forte dimension ludique, qui permet à des joueurs de niveaux très différents de partager un même terrain sans frustration excessive.

La convivialité comme pilier fondamental

La deuxième motivation la plus citée confirme cette orientation : 61 % des joueurs pratiquent le padel pour partager un bon moment avec des amis. Le padel s’affirme ainsi comme un sport social par essence, où l’expérience collective prime souvent sur l’enjeu sportif.

Cette dimension conviviale explique en grande partie l’essor rapide de la discipline en France. Le terrain clos, le jeu en double et l’ambiance généralement détendue favorisent l’échange, la discussion et le plaisir d’être ensemble, avant même la recherche du score.

Le jeu avant l’effort

En troisième position, le côté ludique du padel est cité par 50 % des répondants. Ce chiffre confirme que le padel est perçu comme un jeu avant d’être un effort physique contraignant. La notion de “jeu” est centrale : elle structure la manière dont les pratiquants abordent la discipline, souvent comme un loisir actif plutôt que comme un entraînement sportif strict.

Ce positionnement explique également pourquoi le padel attire des publics variés, y compris des personnes peu attirées par les sports traditionnellement exigeants sur le plan physique ou technique.

Une passion qui s’installe, mais progressivement

Derrière ce trio de tête, d’autres motivations apparaissent, à des niveaux significatifs mais secondaires. 44 % des joueurs évoquent la passion pour le jeu, signe que l’attachement au padel peut se construire dans le temps, au fil de la pratique.

Les notions de détente, d’évasion et de gestion du stress arrivent également très haut, avec 41 %, confirmant que le padel est aussi perçu comme un exutoire, un moyen de couper avec le quotidien professionnel ou personnel.

Santé et bien-être : des motivations présentes, mais non prioritaires

Contrairement à certaines idées reçues, les motivations liées à la santé arrivent plus loin dans le classement. 38 % des pratiquants évoquent le fait de se sentir en forme, 35 % le besoin de se défouler, et 24 % la recherche d’une bonne santé.

Ces chiffres montrent que, si le padel est reconnu comme une activité bénéfique pour le corps, cet argument n’est pas le déclencheur principal de la pratique. Le bien-être physique apparaît davantage comme une conséquence positive que comme une motivation initiale.

La rencontre et la compétition en arrière-plan

Les motivations sociales au sens large restent présentes mais secondaires. 22 % des joueurs pratiquent pour rencontrer de nouvelles personnes, un chiffre cohérent avec la forte dimension amicale déjà observée, mais qui montre que le padel est plus souvent pratiqué dans des cercles existants que comme outil de socialisation primaire.

Enfin, la compétition ferme la marche avec seulement 6 % des réponses. Un chiffre particulièrement révélateur : le padel, dans sa pratique majoritaire, n’est pas un sport compétitif au sens classique du terme. Il s’inscrit d’abord dans une logique de loisir, même si une partie des pratiquants peut ensuite évoluer vers des formats plus structurés.

Un sport de loisir avant tout

Les réponses complémentaires confirment ce positionnement. La facilité de prise en main (16 %) et le fait de pratiquer un sport peu exigeant physiquement (11 %) renforcent l’image d’un sport accessible, inclusif et peu intimidant. L’envie de s’évader ou de se sentir libre (10 %) s’inscrit dans la même dynamique.

L’analyse des motivations de pratique issues de l’Observatoire du Padel 2025 dresse un portrait clair : le padel est avant tout un sport de plaisir, de jeu et de convivialité, bien avant d’être un sport de compétition ou de performance. Cette réalité explique en grande partie son succès, mais pose aussi une question stratégique pour l’avenir : comment structurer une pratique durable et régulière sans dénaturer ce qui fait aujourd’hui l’ADN du padel ?

Une équation centrale pour les clubs, les fédérations et l’ensemble des acteurs du développement de la discipline.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.