À l’occasion du dernier P2000 organisé sous son format actuel, à WinWin Padel Cabriès, Laurent Aznar, président de la Commission fédérale padel de la FFT, a accordé un long entretien à Padel Magazine. Réforme des compétitions nationales, arrivée des P3000, développement du circuit FIP en France, hausse des prize money, accompagnement des clubs ou encore évolution du Centre National d’Entraînement : le dirigeant détaille les grandes orientations qui marqueront la saison 2027.
« Le P2000 tel qu’on le connaît aujourd’hui appartient désormais au passé »
Padel Magazine : Nous sommes à Cabriès pour le dernier P2000 organisé sous cette formule. Une page se tourne…
Laurent Aznar : Oui, effectivement. Cette compétition marque la fin d’un cycle. À partir de la saison prochaine, notre organisation nationale évoluera avec la création de quatre P3000 qui deviendront les rendez-vous majeurs du calendrier français.
En parallèle, nous conserverons huit P2000, mais il s’agira en réalité des compétitions qui correspondent aujourd’hui aux anciens P1500, hommes et femmes.
Cette réforme poursuit plusieurs objectifs. Le premier est évidemment sportif : nous voulons que les meilleurs joueurs français retrouvent l’envie de participer aux grandes compétitions nationales. Pour cela, il fallait rendre ces épreuves plus attractives, aussi bien en nombre de points qu’au niveau financier.
Le calendrier de cette nouvelle organisation est d’ailleurs déjà connu.
« Le prize money devait évoluer »
Pourquoi cette revalorisation était-elle devenue indispensable ?
Parce que nous avons écouté les joueurs.
Aujourd’hui, participer à une compétition nationale représente un coût important : déplacements, hébergement, préparation… Beaucoup nous ont expliqué qu’il devenait difficile de concilier le circuit français avec leur calendrier international.
Nous avons donc souhaité revaloriser les dotations financières.
L’objectif est que ces compétitions retrouvent une vraie attractivité. Les vainqueurs d’un P3000 percevront désormais un prize money de 1 500 euros, un montant qui commence à être comparable à celui de certaines épreuves internationales, notamment des FIP Silver.
Nous savons que l’argent n’est pas le seul critère de choix, mais il compte, et il était important de répondre aux attentes des joueurs.
« L’absence de certains joueurs à Cabriès est forcément une déception »
Cette dernière étape a pourtant souffert de nombreuses absences parmi les meilleures paires françaises.
Oui, forcément, c’est une petite déception.
Lorsque l’on organise les plus grandes compétitions nationales, on souhaite évidemment y retrouver les meilleurs joueurs et les meilleures joueuses françaises.
Maintenant, il faut aussi tenir compte du contexte.
Nous sommes au mois de juillet. Il y avait le stage de préparation de l’équipe de France, les Championnats d’Europe jeunes, plusieurs tournois FIP à l’étranger… Beaucoup de joueurs avaient déjà des engagements.
C’est précisément pour répondre à cette problématique que nous avons imaginé la réforme des P3000.
« Nous voulons construire un véritable circuit français »
L’objectif n’est pas seulement de créer quatre grands rendez-vous nationaux.
Nous réfléchissons à une organisation beaucoup plus globale.
En 2027, la France accueillera 16 tournois FIP seniors.
C’est une étape importante.
Notre volonté est désormais de proposer un véritable parcours de compétitions permettant aux joueurs de rester plusieurs semaines en France.
Nous imaginons par exemple qu’un joueur puisse participer à un P3000, puis enchaîner immédiatement avec un FIP Bronze ou un FIP Silver organisé à proximité.
Ce type d’enchaînement permettra aux joueurs étrangers comme aux Français d’optimiser leurs déplacements tout en disputant plusieurs compétitions de haut niveau.
« Il n’y aura jamais de concurrence entre un P3000 et un FIP français »
Cela signifie qu’il n’y aura jamais deux événements majeurs organisés simultanément ?
Exactement.
C’est une condition indispensable.
Nous ne voulons pas mettre nos propres compétitions en concurrence.
Lorsqu’un P3000 sera organisé en France, il n’y aura pas, au même moment, un tournoi FIP français susceptible de diviser le plateau.
Au contraire, nous souhaitons construire une logique de calendrier où les événements se complètent.
Cette continuité profitera autant aux joueurs qu’aux organisateurs.
« Seize FIP constituent une première étape »
Comment avez-vous fixé ce nombre de seize tournois internationaux ?
C’est le résultat d’un travail conjoint.
La Fédération a voté un budget permettant d’accompagner seize tournois internationaux.
Ensuite, ces projets sont proposés à la Fédération Internationale de Padel.
Nous considérons cette saison 2027 comme une première étape.
Nous verrons ensuite comment poursuivre cette montée en puissance dans les années suivantes.
L’objectif reste toujours le même : permettre aux meilleurs joueurs français de disputer davantage de compétitions internationales sans devoir quitter systématiquement le territoire.
« Les FIP Promises poursuivront également leur développement »
Ces seize tournois concernent uniquement les seniors ?
Oui.
Pour les jeunes, nous poursuivons également le développement des FIP Promises.
Le calendrier n’est pas encore totalement finalisé, mais il devrait compter trois ou quatre étapes.
Là encore, l’idée est de multiplier les opportunités de compétition pour les jeunes joueurs français.
« La FFT accompagne financièrement les clubs organisateurs »
Quel rôle joue précisément la Fédération auprès des clubs qui souhaitent organiser un FIP ?
Il existe un véritable accompagnement.
Chaque catégorie de tournoi — Bronze, Silver, Gold ou Platinum — bénéficie d’un dispositif d’aide financière défini par un barème.
Au-delà de cet aspect économique, la Fédération accompagne également les organisateurs sur les aspects techniques, sportifs et réglementaires, notamment grâce au travail des juges-arbitres.
Notre ambition est de créer les meilleures conditions possibles pour accueillir ces compétitions internationales.
Plus les clubs proposeront des événements de qualité, plus les joueurs auront envie de rester jouer en France.
« Les clubs qui investiront davantage seront naturellement valorisés »
Nous demandons également aux clubs de participer à cet effort.
Concernant les nouveaux P2000 notamment, un prize money minimum sera imposé.
Mais les organisateurs qui souhaiteront aller au-delà pourront évidemment le faire.
Lorsqu’il faudra sélectionner les clubs hôtes des grandes compétitions, la qualité des infrastructures, l’accueil proposé, mais aussi les efforts consentis sur les dotations feront naturellement partie des critères étudiés.
Nous savons que les déplacements représentent un coût important pour les joueurs.
Tout ce qui permettra d’améliorer leur expérience sera un élément positif.
« Le Centre National d’Entraînement continue de grandir »
Le haut niveau français poursuit également son développement.
Oui.
Le Centre National d’Entraînement va encore évoluer.
La prochaine promotion comptera 16 joueurs, avec trois garçons supplémentaires et une fille supplémentaire par rapport à l’effectif actuel.
Nous allons également renforcer l’encadrement sportif avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur.
Son identité sera annoncée par les responsables sportifs lorsque le moment sera venu.
De mon côté, ce n’est pas à moi de communiquer sur ce sujet, mais je peux confirmer que cette évolution fait partie du développement du CNE.
« Nous voulons continuer à faire grandir le haut niveau français »
Toutes ces évolutions répondent finalement au même objectif.
Créer davantage de compétitions de qualité.
Offrir plus d’opportunités aux joueurs français.
Attirer également davantage de joueurs étrangers sur notre territoire.
Et permettre à notre élite de progresser sans être contrainte de s’expatrier en permanence.
C’est cette logique globale qui guide aujourd’hui la réforme du calendrier fédéral.
À suivre : dans la deuxième partie de cet entretien, Laurent Aznar revient en détail sur les dérives observées ces derniers mois dans les compétitions françaises, les paires fantômes, les forfaits stratégiques, l’arrivée de MOJA et les mesures que la FFT souhaite mettre en place pour mieux encadrer le développement du padel français.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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