Dans cette dernière partie de son entretien accordé à Padel Magazine lors du P2000 de WinWin Padel Cabriès, Laurent Aznar revient sur un autre enjeu majeur : l’organisation du calendrier français. Multiplication des tournois, rôle des Ligues, développement des clubs privés, dialogue avec les structures indépendantes, avenir de Roland-Garros et place du padel outdoor… Le président de la Commission fédérale livre sa vision d’un sport qui continue de grandir à très grande vitesse.
« Les Ligues auront un rôle essentiel dans l’organisation des compétitions »
Padel Magazine : Le nombre de tournois explose partout en France. Comment éviter que certaines compétitions se retrouvent en concurrence directe ?
Laurent Aznar : C’est effectivement l’un des grands défis des prochaines années.
Le développement du padel est extrêmement rapide. Nous comptons aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de tournois homologués chaque année et cette progression oblige tous les acteurs à s’adapter.
Les Ligues auront un rôle majeur à jouer.
Elles devront veiller à mieux harmoniser leurs calendriers afin d’éviter que plusieurs compétitions importantes soient organisées simultanément sur un même territoire.
L’objectif n’est pas d’empêcher les clubs de proposer des tournois.
Au contraire.
Nous voulons simplement éviter que les compétitions se cannibalisent.
« Chaque Ligue peut adapter son fonctionnement »
Certaines Ligues ont déjà commencé à mettre en place leurs propres règles.
On voit par exemple des Ligues qui limitent l’organisation des P500 certains jours de la semaine ou qui cherchent à mieux répartir les compétitions.
C’est une bonne chose.
Les réalités ne sont pas les mêmes partout en France.
Les Ligues disposent donc d’une certaine marge de manœuvre pour adapter leur organisation aux besoins de leur territoire.
« Le mot “illimité” prête parfois à confusion »
La règle permettant à certains clubs d’organiser un nombre très important de tournois fait aujourd’hui débat.
Je pense surtout que le terme “illimité” est parfois mal interprété.
Il ne signifie pas qu’un club peut organiser absolument tout ce qu’il souhaite sans aucun contrôle.
Dans tous les cas, les homologations passent par les Ligues ou les Comités.
Ce sont eux qui doivent vérifier que le calendrier reste cohérent.
Encore une fois, l’objectif est de préserver un équilibre.

« Oui, une Ligue peut décider de limiter le nombre de compétitions »
Une Ligue pourrait-elle décider de limiter le nombre de tournois organisés par un même club ?
Oui.
C’est un sujet qui peut parfaitement être étudié.
Certaines personnes souhaitent effectivement encadrer davantage le nombre de compétitions organisées par structure.
Ces réflexions existent.
Il appartiendra ensuite aux Ligues de déterminer les solutions les plus adaptées à leur territoire.
« Il vaut parfois mieux moins de tournois, mais des tableaux complets »
Aujourd’hui, certains clubs peinent à remplir leurs compétitions.
Ce n’est bon pour personne.
Ni pour les organisateurs.
Ni pour les joueurs.
Ni pour le niveau sportif.
Si plusieurs tournois similaires sont programmés au même moment dans une même zone géographique, chacun perd des participants.
Nous préférons donc réfléchir à une meilleure répartition.
L’objectif est que les compétitions soient pleines et attractives.
Il vaut parfois mieux organiser un peu moins de tournois, mais proposer des tableaux complets.
Tout le monde y gagne.
« Les clubs privés sont devenus des partenaires incontournables »
La nouvelle association nationale des structures privées a récemment rencontré la Fédération. Où en sont les discussions ?
Nous avons effectivement commencé un travail commun.
Deux réunions ont déjà eu lieu.
Une troisième est prévue pendant l’Alpine Paris Major.
Les représentants des clubs privés nous ont présenté une douzaine de propositions.
Certaines sont plus complexes à mettre en œuvre.
D’autres méritent clairement d’être étudiées.
Notre volonté est de construire une relation durable.
Le développement du padel français passe forcément par un travail collectif entre la Fédération et les structures privées.
« Nous cherchons des solutions gagnant-gagnant »
Notre objectif n’est pas d’opposer les différents acteurs.
Bien au contraire.
Nous voulons construire des solutions qui profitent à tout le monde.
La Fédération a besoin des clubs privés.
Les clubs privés ont également besoin de la Fédération.
Le dialogue est donc indispensable.
Les échanges engagés sont très constructifs et vont se poursuivre dans les prochains mois.
« Roland-Garros confirme son statut de rendez-vous incontournable »
À quelques semaines de l’Alpine Paris Major, comment se présente cette édition ?
Très bien.
Les réservations suivent une dynamique très proche des années précédentes.
Le week-end final s’annonce déjà particulièrement bien rempli.
Nous sommes très confiants.
Roland-Garros est devenu un événement majeur du calendrier mondial.
L’ambiance y est unique.
Les meilleurs joueurs du monde adorent évoluer dans cette enceinte.
Pour beaucoup d’Espagnols, jouer à Roland-Garros représente quelque chose de très particulier.
Nous avons beaucoup de chance d’accueillir un Major en France.
« La France possède aujourd’hui une offre exceptionnelle »
Lorsque l’on regarde l’ensemble du calendrier français, on mesure le chemin parcouru.
Nous accueillons un Major Premier Padel à Roland-Garros.
Nous avons désormais un P2 à Bordeaux.
Deux FIP Platinum.
À partir de l’année prochaine, 16 FIP seront organisés sur notre territoire.
Sans oublier les quatre nouveaux P3000.
Peu de pays peuvent aujourd’hui proposer une telle offre de compétitions.
C’est le résultat d’un travail collectif mené depuis plusieurs années.
« Roland-Garros ne se résume pas au sport »
L’événement continue également d’évoluer.
Le public vient évidemment pour voir les meilleurs joueurs du monde.
Mais il profite aussi de toute l’ambiance créée autour de la compétition.
Le DJ, les animations, le village, les différentes nouveautés…
Chaque année, nous essayons d’améliorer encore l’expérience proposée au public.
Cette édition ne fera pas exception.
« Cabriès restera un symbole »
En conclusion de l’entretien, Laurent Aznar est revenu sur le cadre particulier de WinWin Padel Cabriès.
Avec la disparition du format actuel des P2000, ce tournoi restera comme le dernier organisé dans un environnement entièrement outdoor.
Pour lui, ce type de compétition possède un charme particulier.
Le padel en extérieur offre des sensations différentes.
L’ambiance est différente.
Le cadre est souvent exceptionnel.
Mais organiser une compétition de ce niveau en extérieur nécessite également des infrastructures importantes.
Aujourd’hui, Cabriès était la seule candidature répondant à toutes les exigences.
Si demain d’autres structures présentent un projet de cette qualité, elles auront évidemment toute leur place.
« Le plus important reste de structurer cette croissance »
Tout au long de cet entretien, Laurent Aznar est revenu à plusieurs reprises sur la même idée.
Le padel français connaît une progression exceptionnelle.
Cette croissance est une formidable opportunité.
Mais elle impose également une responsabilité.
Pour le président de la Commission fédérale, l’avenir passera par une organisation plus solide, des règles mieux adaptées, un dialogue permanent avec les clubs et une offre de compétitions toujours plus cohérente.
« Nous vivons une période passionnante pour le padel français. Beaucoup de choses restent à construire. Mais notre priorité est claire : accompagner cette croissance, la structurer et faire en sorte qu’elle profite à tous les acteurs de notre sport. »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


























































































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