Aujourd’hui nous allons aborder un thème qui me tient particulièrement à cœur. C’est un de mes principaux, voir même MON principal cheval de bataille pour ceux qui me connaissent et m’ont déjà vue sur un terrain !
Pourquoi communiquer ?
Avez-vous déjà assisté à un match de football, de rugby, de handball, etc où les joueurs ne se parlent pas du tout ? Impossible je pense…pareil pour le padel, ça ne devrait pas exister, à mon avis.
Le padel est un sport collectif qui se joue à 2 seulement (plusieurs paramètres du padel font que, parfois, on considère aussi ce sport comme un sport individuel… nous reviendrons dans une autre chronique sur cette question). C’est cette dimension collective qui est importante à prendre en compte lorsque l’on parle de communication entre partenaires pendant un match.
La communication est PRIMORDIALE dans ce sport. Trop souvent encore mes partenaires d’un jour, lors de parties amicales, ne parlent pas du tout sur le terrain… trop souvent encore, lorsque j’aborde cet aspect du jeu avec eux, ils me répondent : « mais ça sert à rien. » ; ou alors « c’est trop dur de parler en jouant »; ou encore « mais tu sais bien qu’ils montent/sont restés au fond »; etc.
Parmi celles que je préfère c’est le célèbre « 2 » ! « Mais 2 quoi ? » Ben, 2 au filet, me disent-ils… « Ahhhh, et du coup si ils sont au fond, tu dis quoi ? » Et là, c’est le blanc… une autre ? «Mais pourquoi tu ne m’as pas dit qu’il était avancé ? » Réponse : « ben… ils étaient pas ensemble alors c’est impossible de te le dire ».
Bref, vous voyez sûrement de quoi je parle, et vous avez même très certainement déjà rencontré ces situations (malheureusement).
Communiquer permettra à votre équipe d’éviter de nombreuses fautes directes ou des cadeaux à vos adversaires. Cela évitera aussi de la frustration et de l’énervement des deux côtés : vous ratez parce que votre partenaire ne vous a pas dit que les adversaires étaient restés au fond et vous mettez la balle dans la vitre du fond en tentant un lob difficile ou, vous mettez la balle dans le filet en tentant une chiquita (balle dans les pieds du volleyeur)… votre partenaire va être énervé parce que vous faites la faute; vous allez être énervé et frustré parce que la balle jouée était fausse tactiquement (adversaires au fond, on joue en bas, sans risque en poussant la balle au fond, et on reprend le filet).
Quand communiquer ?
Souvent mes partenaires ne me donnent aucune info lorsque je dois jouer une balle haute ou que je suis dos au terrain (pas seulement sur un lob). Quand je fais la remarque, j’entends « mais c’était pas un lob, alors ça sert à rien ! ». Erreur ! Dès l’instant où vos yeux ne sont plus face à vos rivaux, il faut communiquer. A partir de ce moment-là, votre partenaire devient vos yeux, car les adversaires vont profiter de cette situation pour changer leur placement : un des deux va peut-être légèrement avancer ou se ruer au filet pour vous surprendre.
Il faut donc parler à votre partenaire dès l’instant où c’est lui qui va jouer la balle d’après, et que ses yeux ne sont plus en face du terrain.
Attention à ne pas commencer à parler trop tard. Si vous donnez une info au dernier moment (c’est-à-dire pratiquement au moment où votre partenaire va frapper la balle), c’est trop tard. Il aura sûrement fait son choix et son cerveau n’aura pas le temps de traiter l’information… faute directe ou cadeau en vue !
Votre rôle sans la balle est aussi important que le rôle de celui qui frappe la balle. Vous devez donc commencer à parler dès l’instant où vous savez que c’est votre partenaire qui va jouer la prochaine balle.

Quels types de communication et comment ?
C’est là qu’il faut absolument vous connaître, votre partenaire et vous, pour savoir les mots à employer pour que ce soit clair pour tous. Pour se connaître et se mettre d’accord, une discussion en amont est nécessaire.
Certains vont être plus à l’aise avec le droite-gauche, d’autres avec les prénoms ou les diagonales, ou, enfin avec les mots « le tien-le mien ».
Attention il n’y a pas de vérité sur les mots à employer. La seule communication parfaite est celle avec laquelle votre partenaire et vous vous comprendrez et serez à l’aise.
Par exemple, si vous choisissez le droite-gauche, mettez-vous bien d’accord pour parler de la même droite et gauche. Certains parlent en diagonale, d’autres entendent cela en ligne droite…
Dès que la balle quitte la raquette de vos adversaires, il faut commencer à parler ! Et parler en continu. Pourquoi ? Car le cerveau va traiter les informations en continue beaucoup plus facilement.
Exemples : « fond, fond, fond, demi, filet » ou « fond, fond, le tien au filet », etc.
A haut niveau, les joueurs parlent sans arrêt. Cela permet d’annoncer naturellement les changements de position des adversaires. Et, sur ce point-là, il est possible de faire comme les pros. Profitons-en !
Quelles sont les placements possibles, à annoncer, au padel ?
Souvent j’entends parler de 3 placements : fond, milieu et collé. Pour moi il en existe 4 : fond, milieu (ou demi), filet ET collé.
En effet, annoncer un adversaire au filet ou collé, est pour moi différent. Filet est la place classique du volleyeur. Dans ce cas-là on peut soit lober (si la situation nous est favorable, soit jouer une chiquita, soit tenter la célèbre “croquette” (passing-shot lent sur un côté… ne pas en abuser, c’est difficile à réaliser et donc risqué).
Collé signifie que l’adversaire à le nombril sur le filet.

A ce moment-là, on peut effectuer soit un coup très fort sur lui (en espérant qu’il ne puisse pas contrôler la balle à grande vitesse), soit plus probablement jouer un lob. La croquette ou la chiquita sont impossibles avec cette position. Mais, si votre partenaire ne fait pas la différence, cela va entraîner de mauvais choix tactiques et donc des points perdus, des cadeaux pour l’adversaire… de la frustration et de l’énervement pour votre équipe. Dommage.
Bref, je pense que vous avez compris l’importance capitale de la communication au padel, et surtout de l’importance de communiquer intelligemment (du moins j’espère que vous avez compris…).
Il n’y a rien de naturel à tout ça ! Il faut s’entraîner à communiquer, se forcer au début pour que cela devienne un automatisme ! Se forcer à quitter la balle des yeux ainsi que votre partenaire, lorsque c’est ce dernier qui joue la balle d’après.
Comme je le dis souvent, votre partenaire est le seul joueur sur le terrain que vous ne voyiez jamais…
Prêt ? Jouez ! Parlez !!!
¡ Que disfruten !
Line Meites est l’une des meilleures joueuses françaises de padel. C’est la voix de vos live sur Padel Magazine. Mais pas seulement, elle anime également la chronique “Les enquêtes du couteau suisse”. Tous les mois, elle reviendra sur une polémique ou un thème qui lui tient à coeur.

























































































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