Vainqueur du FIP Platinum de Paredes avec Maxi Arce, Juan Tello a retrouvé le sourire… mais pas seulement grâce à un nouveau trophée. Les 300 points récoltés au Portugal replacent virtuellement l’Argentin dans la course aux Premier Finals de Barcelone, son grand objectif de fin de saison. Dans un entretien accordé à Marca, “El Gato” explique pourquoi il a décidé de modifier sa stratégie, quitte à délaisser certains tournois Premier Padel pour aller chercher des points sur le circuit FIP.
Une victoire qui change beaucoup de choses
En dominant Maxi Sánchez et Sanyo Gutiérrez en finale du FIP Platinum de Paredes, Tello et Arce ont décroché leur premier titre ensemble.
Au-delà du trophée, l’Argentin retient surtout les conséquences au classement.
« Le plus important aujourd’hui, ce sont les points. Nous sommes allés au Portugal avec l’objectif de gagner et de profiter du fait que Maxi soit en Europe pour en récupérer le plus possible. Le circuit est très homogène et un Platinum rapporte énormément. Nous en avions besoin pour nous rapprocher de la Race. »
Cette victoire leur permet de revenir dans la course à une qualification pour les Premier Finals, qui réuniront les 16 meilleurs joueurs de la saison à Barcelone.
Une paire qui prend forme
Après six tournois disputés ensemble, Juan Tello estime que son association avec Maxi Arce progresse dans la bonne direction.
L’ancien partenaire d’Álex Ruiz, explique que l’adaptation demande du temps, notamment parce qu’il évolue désormais avec un gaucher.
« Je dois modifier certains automatismes. Le jeu naturel de Maxi est différent de celui d’un droitier. Plus nous passons de temps ensemble sur le terrain, plus ces habitudes disparaissent. »
Le fait qu’Arce soit resté plusieurs semaines en Europe constitue d’ailleurs un avantage précieux.
« Nous profitons de cette tournée européenne pour accumuler un maximum d’heures d’entraînement. Tout le travail tactique que nous préparons se retrouve ensuite sur le terrain. »
Le titre remporté au Portugal apporte également une dose supplémentaire de confiance.
« Gagner permet toujours de relever un peu la tête et d’aborder le tournoi suivant avec davantage de sérénité. »
Pourquoi Tello préfère un FIP Gold à Valladolid ?
L’une des décisions les plus commentées de la semaine concerne justement son calendrier.
Alors que le Valladolid P2 se dispute quasiment à domicile pour lui, puisqu’il réside à Madrid, Tello a préféré s’envoler vers le FIP Gold de Côte d’Ivoire avec Maxi Arce.
Un choix purement stratégique.
« Mon objectif est de jouer les Premier Finals coûte que coûte. Et pour ça, il faut aller chercher des points là où ils sont. »
Longtemps, l’Argentin refusait pourtant de descendre sur le circuit FIP.
« J’étais sans doute le seul à ne jamais envisager de jouer des FIP. Mais aujourd’hui, avec la situation du classement, je dois m’adapter. Je n’ai plus vraiment le choix. »
Il regrette même un système qui pousse les meilleurs joueurs à faire ce type de calcul.
« Si tu réalises un énorme tournoi Premier Padel, que tu atteins les quarts de finale après deux gros matchs, tu marques seulement 90 points. En remportant un FIP Gold, tu en prends 150. »
Une réalité qui, selon lui, oblige les joueurs à multiplier les déplacements.
« Ce n’est pas idéal parce que cela signifie moins de temps avec ma famille. Mais aujourd’hui, je pense à mon classement, à mes contrats et à tout ce que représente une place parmi les seize meilleurs joueurs. Si je dois jouer un autre FIP Gold ou même un FIP Silver pour y parvenir, je le ferai. »
Retrouver des repères après de nombreux changements
Avant de retrouver une certaine stabilité avec Maxi Arce, Juan Tello a multiplié les partenaires : Álex Ruiz, Fernando Belasteguín, Íñigo Jofre, Tino Libaak ou encore Martín Di Nenno.
Une période qui n’a pas toujours été simple à gérer.
« Il y a forcément des moments où l’on doute de son niveau. Mais je n’ai jamais perdu confiance dans mon travail. »
Le véritable défi, selon lui, résidait dans cette succession permanente de changements.
« Quand tu changes sans arrêt de partenaire, de style de jeu ou même d’entraîneur, tu finis par perdre tes repères. Tu ne sais plus vraiment comment jouer. »
Il remercie son entourage, et notamment Seba Nerone, d’avoir su le maintenir sur le bon chemin.
« Mon équipe et ma famille ont été essentielles. Nous avons continué à travailler sur moi plutôt que de chercher des solutions ailleurs. Si tu commences à perdre confiance en toi, tu entres dans un cercle vicieux où tu penses que le prochain partenaire réglera tous tes problèmes. Ça ne fonctionne pas comme ça. »
Aujourd’hui, il explique également s’inspirer de l’énergie de Maxi Arce.
« Il a énormément de faim et cette intensité est contagieuse. »
Le Mondial dans un coin de la tête
Au-delà de la saison sur le circuit, Juan Tello espère retrouver la sélection argentine lors des prochains Championnats du monde.
Absent lors de la dernière édition en raison de la naissance de son deuxième enfant, il ne cache pas son envie de revenir.
« J’ai vraiment faim de jouer ce Mondial. Je travaille pour être plus compétitif et je pense autant au circuit qu’à la sélection. Avec Maxi, nous aimerions tous les deux faire partie de cette équipe. J’espère que nous y parviendrons, ensemble ou au moins l’un de nous deux. »
À 31 ans, Juan Tello semble avoir retrouvé une direction claire. Son objectif n’est plus seulement de rivaliser avec les meilleures paires, mais aussi de sécuriser sa place parmi les seize meilleurs joueurs de la saison. Et pour cela, l’Argentin est désormais prêt à aller chercher des points sur tous les terrains du circuit.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !



































































































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