Gustavo Spector est le sélectionneur de l’équipe italienne de padel. Beaucoup le connaissent pour sa très longue histoire dans le padel. Le coach Italo-argentin a également un large passif avec l’équipe de France.

Un mix Italo-Argentins et Italiens

Padel Magazine : Comment as-tu constitué la liste ? Est-ce selon toi la meilleure équipe italienne ?

Gustavo Spector :“L’Italie c’est très particulier. En Argentine, 60% de l’immigration est italienne. Il y a beaucoup de joueurs qui pourraient jouer pour l’Italie. Je pourrais aujourd’hui faire une équipe avec Capra, Nicoletti, Di Nenno… Tous ces joueurs sont italo-argentins. Je peux en trouver 8 dans le top 50 du WPT. Ce n’est pas l’idée. Nous voulons faire croitre le mouvement du padel en Italie. Les joueurs en Italie font beaucoup d’efforts pour jouer beaucoup de tournois, et nous devons récompenser cet effort.”

“Une seule fois depuis que je suis sélectionneur, la sélection m’a demandé de convoquer Restivo et Nicoletti. Des joueurs que je ne connaissait pas personnellement, et je n’étais pas trop d’accord. Cette année là au Paraguay ça n’a pas trop marché pour nous. À partir de ce moment, j’ai eu le feu vert pour faire un mix entre italo-argentins et joueurs d’Italie. Faire une équipe compétitive tout en prenant en compte le mouvement du padel en Italie.”

“Mon objectif est d’avoir de plus en plus de joueurs qui sont nés en Italie. Une des formes de progresser est de jouer au haut-niveau. Mais la réalité est que le padel est encore très jeune en Italie. Si je faisais une équipe de joueurs qui ne jouent qu’en Italie, ce ne serait pas le même niveau de jeu. L’idée est de faire progresser ces joueurs tout en étant compétitifs.” 

Battre la France à tout prix

Padel Magazine : Les équipes sont de plus en plus fortes. Si l’Italie ne va pas en finale, serait-ce un échec ?

Gustavo Spector :“Cette année j’ai fait un pari. J’ai misé sur le fait de sortir de l’équipe un joueur comme Tamame, qui est un joueur de très haut niveau. J’ai fait cela pour nos joueurs. Nous savons qu’il y a un risque. La France est bien là, elle est très forte. Notre objectif est de battre la France. Je les respecte beaucoup. Mais nous voyons aussi une équipe comme la Suède, qui grandit au même niveau que la France et l’Italie. Nous allons rencontrer des paires de très bon niveau.”

“Aujourd’hui pour atteindre la finale, en mettant à part l’Espagne, la France et la Suède sont deux rivaux d’un très grand niveau. Nous avons aussi vu des bonnes paires de Norvège, Danemark, Hollande, Allemagne; qui ont haussé leur niveau de jeu. Je pense que la France et l’Italie doivent rester attentives, car le niveau en Europe est plus élevé.”

Padel Magazine : Tu nous parles de cette rivalité avec la France, peux-tu nous raconter un souvenir de ces éliminatoires France-Italie ?

Gustavo Spector :“Je dis toujours qu’un Euro sans un France-Italie, n’est pas un Euro. Dans le bien et dans le mal. Nous avons gagné, nous avons perdu, mais c’est toujours une émotion particulière. En 2015, on perd et la France est championne. Nous avons eu la chance de gagner en 2019 dans un match incroyable, avec un 7/5 dans le 3e set. Notre paire a joué le meilleur match de sa vie ce jour là. C’est toujours une émotion particulière de battre la France.”

“Nous espérons vous retrouver en demi-finale, et que le meilleur gagne… l’Italie !”

Lorenzo Lecci López

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Son ambition est de couvrir les plus grands événements sportifs (J.O. et Mondiaux). Il s’intéresse à la situation du padel en France, et offre des perspectives pour un développement optimal.