En tant que joueur amateur de padel, on rêve souvent, derrière son poste de télévision, de devenir professionnel et de vivre de notre passion. On envie les pros, leur carrière padelistique, leur technique… Parfois, on espère secrètement avoir le niveau suffisant pour être comme eux et pour jouer les plus prestigieux tournois mondiaux.
Pourtant, derrière l’euphorie, le spectacle, les frissons, se cache parfois une vérité un peu plus sombre. Derrière les vedettes, à la Galan ou à la Salazar, on retrouve des joueurs et joueuses qui jouent très bien mais qui sont très loin au classement, et en terme de niveau de vie…
Ces joueurs sont souvent obligés de jouer les previas, parviennent parfois à se qualifier pour le premier tour, peuvent réaliser un exploit en remportant le second, mais derrière ces performances sont difficiles à rééditer. Au moins, ces succès rares laissent parfois des souvenirs à vie.
On a aussi les jeunes pépites… celles qui arrivent dans un monde déjà établi, avec des joueurs excellents, presque injouables. Ces jeunes, démarrant par des tournois FIP, obligés de déménager pour certains dans une académie dans un autre pays.
En bref, le tableau fait rêver mais on oublie facilement tout le travail mis en œuvre derrière… ainsi que tous les sacrifices.
Le prize-money sur les gros tournois : des écarts de dotation
L’aspect financier est crucial pour les joueurs, nouveaux ou vétérans du circuit. Avec la médiatisation du padel, les prize-money se sont envolés ces dernières années. Sur le World Padel Tour, en 2023, ce ne sont pas moins de 16 millions d’euros qui ont été reversés aux joueurs, répartis sur les 24 tournois qui ont eu lieu.
Au Greenweez Premier Padel Paris Major (l’un des quatre Major), chaque catégorie bénéficiait d’une dotation de 525.000€, soit un peu plus d’un million d’euros au total. Les vainqueurs recevaient 47.250€, de quoi bien rentabiliser le trajet.

Derrière ces sommes élevées, octroyées aux meilleures paires, les gains des paires éliminées au premier tour sont largement inférieurs. Rappelons-nous que Stupaczuk et Di Nenno ont été éliminés dès leur entrée en lice. Ils n’auront touché “que” 2 953€ pour ce tournoi.
Alors, pour des joueurs de leur niveau, évidemment, cette contre-performance n’aura aucun impact financier. Mais pour des joueurs au classement inférieur et qui perdent au premier tour, les 1 477€ ne couvrent pas forcément les frais engendrés. Et l’on parle des quatre tournois les mieux dotés au monde ! Pour les autres, il vaut mieux ne pas perdre en qualifications ou même au premier tour…
Les sponsors, un élément clé
Dans le padel, les sponsors ont une place capitale dans la vie des sportifs. L’argent qu’ils apportent aux joueurs leur permet de payer les hôtels, les billets d’avion, les entraînements, la nourriture, et le prix des inscriptions.
Pour s’inscrire au FIP Rise de Bourg-en-Bresse la saison dernière, il fallait débourser 30€. Au FIP Promotion Melbourne, il s’agit de 80$ australien, soit environ 50€. Multipliez des sommes comme celles là par quatre pour les joueurs qui s’inscrivent tous les week-ends et vous avez un peu plus de 1 000€ qui s’envolent tous les ans. Pas grand chose direz-vous, mais quand toutes vos dépenses sont comptées…
Dans le dernier exemple australien, le prize-money s’élevait seulement à 5 000 euros pour les deux catégories (hommes et femmes). Vous comprenez qu’entre le prix de l’hôtel, des vols et les dépenses alimentaires, très peu sont ceux qui sont ressortis en positif de cette compétition. Il est d’ailleurs aisé de voir pourquoi l’extrême majorité des joueurs engagés sur les deux tournois australiens ce début d’année (FIP Rise Sydney et FIP Promotion Melbourne) venait… d’Australie !
C’est à ce moment précis que les sponsors prennent une place capitale car ils aident les compétiteurs à prendre en charge une partie de ces dépenses. Autant dire que pour les joueurs, c’est une aide à ne pas négliger, comme l’avait souligné Isaac Huysveld, jeune promesse du padel belge.
“Si tu veux devenir professionnel, il faut que tu aies de l’argent”
Revenons un instant sur l’interview d’Isaac. À 17 ans, son potentiel est déjà prometteur. On le croise régulièrement sur des tournois FIP et il a également participé aux Championnats du monde junior au Paraguay.
Ce jeune joueur belge nous contait sa passion pour la padel, mais également, toutes les difficultés rencontrées depuis ses débuts. Il expliquait, en ses termes, que sans argent à la base, on ne pouvait pas devenir pro :
“Tout est à mes frais. Et même si j’ai des sponsors qui payent pour certaines choses, rien n’est gratuit. Aujourd’hui, si tu veux devenir professionnel, il faut que tu aies de l’argent, parce que si tu n’as pas les revenus derrière, tu ne peux rien faire.“
Un sport réservé à l’élite ?
Cet exemple rappelle celui du tennis, où les jeunes espoirs déboursent des sommes énormes, qu’ils ne rentabiliseront pas à la fin de l’année. Au padel, on remarque la même chose. Les déplacements coûtent cher, les inscriptions aussi.
Alors, le padel serait-il un sport réservé à l’élite ? Pour les joueurs avec un talent immense, directement qualifiés dans les tableaux finaux des grands tournois, pas d’inquiétude à avoir, mais pour des joueurs un peu moins bon, il faudra mettre la main à la poche.
Ben Tison disait récemment, dans une interview dans le Parisien, qu’être professionnel au padel, “c’est de la survie“. Celui qui a régné sur le padel français pendant des années a avoué qu’il a rencontré des difficultés importantes lors de ses débuts : “Ma première année sur le circuit, je n’ai pas gagné d’argent.” Son plus gros prize-money en carrière sur un seul tournoi ? 3 600 euros, gagnés à Milan cet hiver.
Alors, faut-il réellement envier les joueurs professionnels de padel ? Pour les stars du padel mondial, certainement, mais pour les autres c’est loin d’être évident, compte tenu de toutes les difficultés qu’ils rencontrent tout au long de leur carrière…
L’équipe Padel Magazine tente de vous offrir depuis 2013 le meilleur du padel, mais aussi des enquêtes, des analyses pour essayer de comprendre le monde du padel. Du jeu à la politique de notre sport, Padel Magazine est à votre service.

























































































Coup dur à Valladolid : Jon Sanz contraint à l’abandon, la tête de série n°5 s’arrête dès les seizièmes
Bordeaux P2 : J-4 avant le coup d’envoi, la patinoire est prête à accueillir le spectacle
Masters TNJ de Vichy 2026 : les vainqueurs connus dans toutes les catégories jeunes
Marie Rondot : « L’idée d’être coach, de former, de transmettre dans le haut niveau, c’est mon rêve »
Thomas Vanbauce : « J’ai besoin de repartir sur moi, mon projet, mes ambitions »
Juan Tello : « Aujourd’hui, si je dois jouer des FIP pour atteindre les Premier Finals, je le ferai »
“Le padel est un excellent entrainement pour moi” : le gardien phénomène du Mondial 2026 : Eloy Room, attribue une partie de ses exploits au padel
La jeunesse au pouvoir : Guy de Chamisso et Robert préférés à Seurin et Vives
Équipe de France hommes : la liste du stage au CNE de Vichy est dévoilée
PadelShot Lille recrute un coach de padel pour septembre
Valladolid P2 : Coello et Tapia héritent du tableau le plus relevé
Valladolid P2 : Carla Touly et Alix Collombon visent les huitièmes, le programme complet de ce mercredi
Business – City Padel s’associe à Pierre & Vacances, Work and Padel et Padel Génération pour ouvrir trois nouveaux centres
Groupement Padel Reference – Une nouvelle vision pour accompagner les clubs de padel
Allure : le business club 100% féminin qui mise sur le padel
Pourquoi le marché du padel français est devenu la référence mondiale de la croissance maîtrisée
Premier Padel et la FIP préparent une réforme majeure pour 2027 : ce qui va changer pour les joueurs
Chingotto et Galán ont aussi gagné le match des bancs face à Libaak et Chozas
Pourquoi la progression au padel passe d’abord par la compréhension du jeu
FIP Promises Paris by WME Sports : prévention, récupération, blessures… les médecins (Mani et Clédassou) alertent sur les enjeux du padel chez les jeunes
Coup droit à plat au padel : les 5 exercices de Cristian Álvarez pour gagner en contrôle et en efficacité
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Comprendre les effets pour mieux jouer au padel
Air padel : pourquoi les pros répètent “dans le vide” (et comment l’utiliser sans tomber dans le gadget)
Galan face à sa plus grande difficulté : accepter l’imperfection contre Coello et Tapia
Le mythe du partenaire parfait existe-t-il vraiment au padel ?
Dans le padel actuel, les nouvelles associations ont-elles encore le temps de se construire ?
Réforme 2027 de la FIP et de Premier Padel : beaucoup de communication… pour des changements finalement limités
Comment les circuits professionnels de Padel fonctionnent-ils ?
Premier Padel supprimera-t-il les têtes de série ? L’idée de Chingotto relance un vrai débat
Italy Major : Javi Leal toujours à la recherche d’un déclic en 2026
Le padel professionnel devient-il un sport de plus en plus physique ?
Galán et Chingotto sont-ils en train de prendre définitivement l’ascendant sur Tapia et Coello ?
Le P1000 de Reichstett de retour du 17 au 19 juillet
Comment se forment les jeunes Espagnols en padel et en tennis à Barcelone ?
PADEL MATCH Academy accueille Raphaël Kretz pour une immersion exclusive au cœur du padel madrilène