Combien de kilomètres parcourent les meilleurs joueurs du monde pendant une finale ? Qui multiplie les sprints ? Comment les paires occupent-elles le terrain ? À l’occasion du Düsseldorf P2, Padel Review a réalisé une analyse statistique particulièrement poussée des finales masculine et féminine. Des données inédites sur les déplacements, l’intensité physique et le positionnement des joueurs, qui permettent de mieux comprendre ce qui s’est passé sur la piste.

Jon Sanz, véritable marathonien de la finale masculine

C’est probablement l’un des chiffres les plus impressionnants de cette analyse. Lors de la finale masculine remportée par Arturo Coello et Agustín Tapia face à Jon Sanz et Franco Stupaczuk (6/2 7/6), un joueur s’est particulièrement distingué par son activité physique : Jon Sanz.

L’Espagnol a parcouru 2 361 mètres, soit plus de 2,3 kilomètres pendant la rencontre. Il devance largement son partenaire Franco Stupaczuk (1 992 mètres), mais également Arturo Coello (1 830 mètres) et Agustín Tapia (1 736 mètres). Autrement dit, Sanz a parcouru 625 mètres de plus que Tapia au cours de cette finale. Une différence considérable à ce niveau de compétition, qui illustre l’énorme activité du joueur espagnol sur son côté droit.

Et ce n’est pas tout. Sanz détient également le record de vitesse de cette finale, avec une pointe à 4,7 m/s, soit près de 17 km/h.

Jon Sanz, véritable marathonien de la finale masculine

124 sprints pour Sanz : une intensité impressionnante

L’analyse de Padel Review révèle une autre statistique particulièrement parlante : Jon Sanz a réalisé 124 sprints pendant cette finale.

À titre de comparaison :

  • Jon Sanz : 124 sprints
  • Arturo Coello : 77 sprints
  • Franco Stupaczuk : 68 sprints
  • Agustín Tapia : 57 sprints

Le joueur espagnol a donc effectué plus de deux fois plus de sprints que Tapia. En moyenne, Sanz a réalisé 5 sprints par minute, contre 3,1 pour Coello, 2,7 pour Stupaczuk et 2,3 pour Tapia. La différence se retrouve également dans les distances parcourues à haute intensité. Sanz a couvert 1 016 mètres à plus de 2,5 m/s, contre seulement 526 mètres pour Tapia.

Ces chiffres montrent à quel point Sanz a été sollicité physiquement, avec de nombreuses accélérations et des changements de direction répétés.

Jon Sanz, véritable marathonien de la finale masculine

Tapia et Coello ont couru près de 800 mètres de moins… mais ont gagné

C’est sans doute l’enseignement le plus intéressant de cette finale masculine.

À eux deux, Tapia et Coello ont parcouru 3 566 mètres, contre 4 353 mètres pour Sanz et Stupaczuk. Soit 787 mètres supplémentaires pour la paire hispano-argentine. Même constat concernant l’intensité moyenne des déplacements : 87 mètres par minute pour Sanz / Stupaczuk, contre 72 mètres par minute pour les numéros un mondiaux.

Pourtant, ce sont bien Tapia et Coello qui ont remporté le titre.

Cette différence ne signifie pas nécessairement que les vainqueurs ont été meilleurs tactiquement sur chaque échange. Elle met néanmoins en évidence une réalité du padel de haut niveau : l’efficacité ne se mesure pas uniquement à la distance parcourue. Le placement, l’anticipation, la qualité des trajectoires et la capacité à contrôler les échanges peuvent permettre de limiter les déplacements.

À l’inverse, courir davantage peut aussi traduire une pression adverse importante et la nécessité de multiplier les efforts défensifs.

Une occupation du terrain révélatrice

Les cartes thermiques publiées par Padel Review permettent également de visualiser les zones occupées par chaque joueur.

Chez les vainqueurs, Coello a passé 64 % de son temps dans la zone intermédiaire de sa moitié de terrain, contre 29 % au fond et 6 % dans la zone proche du filet. Pour Tapia, les proportions sont relativement similaires : 66 % en zone intermédiaire, 26 % au fond et 8 % près du filet. En face, Stupaczuk a passé 39 % de son temps au fond du terrain, contre 35 % pour Sanz. Cette différence suggère que la paire Sanz / Stupaczuk a été davantage contrainte de reculer, particulièrement du côté de l’Argentin.

Autre donnée intéressante : les deux équipes se rapprochaient latéralement lorsqu’elles attaquaient.

Tapia et Coello étaient séparés de 3,7 mètres en moyenne près du filet, contre 5,5 mètres en défense. Une tendance également observée chez leurs adversaires.

Un indicateur supplémentaire de la manière dont les paires adaptent leur positionnement aux différentes phases du jeu.

Une occupation du terrain révélatrice

Chez les dames, Calvo et Fernández imposent une intensité supérieure

La finale féminine a offert un scénario différent, mais les statistiques sont tout aussi intéressantes.

Martina Calvo et Claudia Fernández se sont imposées face à Ari Sánchez et Andrea Ustero sur le score de 6/3 6/0. Et contrairement à la finale masculine, ce sont cette fois les gagnantes qui ont affiché l’activité physique la plus importante.

Martina Calvo a parcouru 2 162 mètres, soit la plus grande distance parmi les quatre joueuses.

Derrière elle, on retrouve :

  • Claudia Fernández : 2 048 mètres
  • Ari Sánchez : 1 988 mètres
  • Andrea Ustero : 1 837 mètres

Au total, Fernández et Calvo ont parcouru 4 210 mètres, contre 3 825 mètres pour Sánchez et Ustero. Une différence de 385 mètres en faveur des vainqueures.

Chez les dames, Calvo et Fernández imposent une intensité supérieure

Fernández et Calvo ont multiplié les sprints

Les données de Padel Review mettent également en évidence une différence très nette dans les accélérations.

Bea Calvo a réalisé 63 sprints, tandis que sa partenaire Claudia Fernández en a effectué 59. En face, Ari Sánchez n’en a réalisé que 26 et Andrea Ustero seulement 19. Cela représente 122 sprints pour Fernández / Calvo, contre 45 pour Sánchez / Ustero. Un écart particulièrement important, avec près de trois fois plus de sprints pour les gagnantes.

La différence est également visible dans les déplacements rapides. Calvo a parcouru 699 mètres à plus de 2,5 m/s, contre 562 mètres pour Fernández, 485 pour Sánchez et 350 pour Ustero.

Ces données traduisent une activité particulièrement élevée de la paire victorieuse, capable de multiplier les accélérations tout au long de la rencontre.

Fernández et Calvo ont multiplié les sprints

62 % des points courts remportés par Fernández et Calvo

L’analyse ne se limite pas aux déplacements. Padel Review s’est également intéressé à la durée des échanges et à leur issue.

Et les chiffres confirment la domination de Fernández et Calvo, quelle que soit la longueur des points. Sur les 50 échanges de moins de 20 secondes, les gagnantes en ont remporté 31, soit 62 %. Même tendance sur les échanges intermédiaires, compris entre 20 et 35 secondes : 22 points remportés sur 35, soit 63 %. Enfin, sur les neuf échanges de plus de 35 secondes, elles ont remporté cinq points, soit 56 %.

Autrement dit, Fernández et Calvo ont dominé aussi bien les échanges courts que les échanges prolongés.

Une régularité qui permet de mieux comprendre le score particulièrement sévère de cette finale.

62 % des points courts remportés par Fernández et Calvo

Deux finales, deux enseignements très différents

Ces analyses réalisées par Padel Review permettent finalement de tirer deux enseignements intéressants.

Chez les hommes, Sanz et Stupaczuk ont davantage couru, accéléré et sprinté que Tapia et Coello, sans parvenir à remporter la finale. Chez les dames, au contraire, Fernández et Calvo ont associé une activité physique supérieure à une domination nette au score. Deux scénarios qui rappellent que les données physiques doivent toujours être replacées dans leur contexte tactique.

Courir plus ne signifie pas nécessairement mieux jouer. Mais savoir quand accélérer, comment se placer et comment se déplacer avec son partenaire peut faire toute la différence.

Avec ces cartes thermiques, ces mesures de déplacements et ces analyses de synchronisation, Padel Review apporte un éclairage particulièrement intéressant sur une dimension encore peu explorée du padel professionnel : la performance physique et collective, au-delà du simple résultat.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !