Retour sur l’interview par Robin Haziza dans “Live avec un athlète” du tennisman belge David Goffin, actuel numéro 10 au classement ATP.
- Sur le confinement
Le tennis me manque, j’espère qu’on arrive à la fin du confinement. Je me suis entretenu physiquement en faisant des séances tous les jours mais je n’ai pas touché une fois la raquette. Je suis prêt à repartir, j’espère pouvoir reprendre bientôt.
- Sur les innovations dans le tennis
A partir du 16 mai et pendant 5 week-ends, il y aura des matchs qui se dérouleront à l’académie Mouratoglou. Il y aura de très bons joueurs comme Fognigni, Paire… Pour nous il s’agira de matchs “d’entrainement”, mais les gens pourront les suivre grâce à une plateforme streaming. Le but est que ça ait l’air réel pour les personnes qui regarderont avec des sponsors, de la musique, de l’animation.
A la base, je suis plutôt conservateur des règles, des choses qui ont été installées depuis le début. Mais il est vrai que les choses évoluent comme la technologie. Nous avons fait un tournoi de tennis virtuel cette semaine avec d’autres joueurs professionnels, d’ailleurs je viens de perdre en finale face à Andy Murray. Cette édition virtuelle avait pour objectif de collecter des fonds pour les joueurs rencontrant le plus de difficultés face aux conséquences du coronavirus.
- La gestion des défaites
Je travaille avec un préparateur mental. Dans le tennis, la plupart des joueurs savent tout faire maintenant. La différence se joue sur la gestion des émotions dans les moments importants.
Il faut essayer de retenir le positif de chaque match. On a quasiment une défaite par semaine. Le lundi d’après on a une nouvelle chance de pouvoir faire un bon tournoi. Bien sûr, je préfère perdre en 1/2 finale d’un tournoi, plutôt qu’au premier ou au deuxième tour. Mais parfois, gagner un tournoi un dimanche puis enchainer la semaine d’après, ce n’est pas facile non plus. Il faut toujours rester concentré dans ce sport.
Chaque match est différent. Parfois je reviens sur des choses plus simples, le temps de retomber sur mes pattes. Quand le service va bien, j’essaie de me concentrer uniquement sur mes services plutôt que de vouloir mettre la pression sur les jeux de retour. Il faut essayer de rester le plus calme ainsi que le plus lucide possible pour enchainer les points.
- 30ans : une deuxième étape ?
Je vais avoir 30ans en fin d’année, mais je me sens bien physiquement. J’ai un gabarit léger et je suis fluide dans mes déplacements ainsi que dans mon jeu. Je ne me sens pas usé au niveau des articulations.
Je vois les choses différemment grâce à l’expérience que j’ai pu acquérir. On a vu beaucoup de joueurs qui passe un cap après cet âge, je pense à Stan qui a remporté ses trois grand chelems après avoir eu ses 30ans, je pense aussi à Roger Federer qui continue de très bien jouer, Nadal, Djokovic …
Avec mon entraineur Thomas Johansson, pendant plus d’un an on a remis les bases. Puis le travail s’est dirigé sur l’agressivité, le jeu vers l’avant. J’ai beaucoup travaillé mon service aussi. Lorsqu’on a commencé ensemble, j’étais autour de la 30ème place, à l’heure actuelle, j’ai retrouvé le top 10.
L’année 2020 avait très bien commencé (avec une victoire sur Rafael Nadal à l’ATP Cup), j’attendais avec impatience la tournée américaine. Les causes sanitaires que nous connaissons font que ces tournois ont du être annulés.
- L’ATP Cup / Coupe Davis
Entre les deux, il n’y a pas photo, l’ATP cup a été une réelle réussite. Il y avait trois villes pour les phases de poule, puis la phase finale se déroulait à Sydney. Il y avait une super ambiance, c’était une belle expérience. C’était l’été, tout le monde était en vacances, et les gens suivent beaucoup le tennis en Australie. Même à 10h du matin contre la Moldavie, le stade était rempli.
Comparé à la Coupe Davis, à Madrid, où nous avons perdu en phase de poule avec la Belgique, nous avons joué dans des stades presque vides. Ce n’était sûrement pas la bonne période.
- La clé du succès de la formation belge
Il y a une bonne formation au niveau des jeunes en utilisant des balles et des terrains adaptés à tout âge. Sur le circuit, on a toujours eu cette réputation d’avoir une technique assez propre et fluide. Nous sommes un petit pays, nous avons peu de candidats mais nous avons quand même eu deux numéros un mondiales (Henin, Clijsters).
- Découverte du padel
Mon entraineur m’a fait découvrir le padel, il est à fond. On trouve toujours des joueurs avec qui on peut jouer. C’est vraiment un sport qui est devenu une passion pour moi. Le tennis est ma première passion bien sûr, mais j’ai eu un réel coup de cœur pour le padel.
Je pensais avoir plus de difficultés avec les vitres, mais j’ai un bon œil et je suis rapide au niveau des jambes. Par contre, j’ai un problème de dosage de force. J’ai l’habitude de claquer mes balles de manière forte, ce qui n’est pas forcément une bonne chose. Il a fallu s’adapter, trouver des zones, des vitesses différentes de celles du tennis.
Je dirais que mon point fort est ma volée de revers courte croisée dans la grille.
Le padel m’apporte en ce qui concerne le petit jeu pour le tennis. Mon point faible au tennis est que j’arrive très vite sur des balles courtes, avec précipitation. Au padel, il faut tourner vite, puis trouver son calme au moment de taper la balle.
Représenter la Belgique en padel ? Pourquoi pas, à la fin de ma carrière ou quand j’aurai même terminé, pourquoi pas me lancer là-dedans.
- Le développement du padel selon lui
Depuis que j’ai commencé, il y a un vrai boum. Je connaissais le padel via l’Espagne depuis plusieurs années. Cette activité prend de l’ampleur dans beaucoup de pays. J’espère que cela va évoluer, que le public et les joueurs seront de plus en plus nombreux, que le niveau augmentera d’année en année et enfin que le prize money pour les joueurs augmentera aussi.
Retrouvez les + / les anecdotes / les réponses aux questions des internautes/ les INSIDE dans le podcast YouTube :

Xan est un fan de padel. Mais aussi de rugby ! Et ses posts sont tout aussi punchy. Entraîneur physique de plusieurs joueurs de padel, il déniche des posts atypiques ou traite de sujets d’actualité. Il vous donne également quelques conseils pour développer votre physique pour le padel. Clairement, il impose son style offensif comme sur le terrain de padel !



































































































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