Les fêtes de fin d’année n’ont pas été de tout repos pour Claudia Fernández. À seulement 19 ans, la Madrilène sort pourtant de la meilleure saison de sa jeune carrière : une victoire au Tour Finals de Barcelone, six titres en 2025 et un statut de plus jeune “maestra” de l’histoire du padel féminin. Malgré cela, la séparation avec Bea González est venue bouleverser son hiver.

Une rupture difficile à digérer, d’autant plus qu’elle intervient après une fin de saison exceptionnelle. Mais comme en 2024, lorsque Gemma Triay avait déjà mis fin à leur projet commun, Claudia a dû rapidement se projeter vers l’avenir.

Deux options, un choix assumé

Invitée du podcast Padel20x10 sur Onda Cero, la jeune joueuse est revenue avec sincérité sur cette période charnière. Deux options s’offraient à elle pour lancer son nouveau projet :

« J’avais la possibilité de jouer avec Martina Calvo ou avec Sofía Araújo, mais j’ai vu Sofía très motivée à l’idée de jouer avec moi. Je pense qu’on peut bien fonctionner ensemble, surtout sans pression. »

Un choix réfléchi, basé autant sur le ressenti que sur le projet sportif. Avec la Portugaise, Claudia formera la quatrième paire mondiale, très proche au classement de duos comme Ari Sánchez / Andrea Ustero.

Avancer sans se fixer d’objectifs

Malgré leur statut, la Madrilène préfère rester prudente et ne pas se projeter trop loin :

« On ne s’est pas fixé d’objectifs. On veut aller pas à pas, apprendre à jouer ensemble, bien se comprendre. Ce qui viendra, viendra. »

Un discours mature, à l’image d’une joueuse qui refuse de se laisser griser par les attentes extérieures.

« La décision de Bea ne m’a pas enchantée, mais je la respecte »

Claudia n’élude pas la déception liée au choix de Bea González de rejoindre Paula Josemaría, mais elle refuse toute amertume :

« Injuste, non. Si elle pensait que c’était une bonne opportunité pour elle, je le comprends. J’aurais continué, bien sûr, mais c’est une décision professionnelle. C’est le travail. »

Et d’ajouter, avec une lucidité impressionnante pour son âge :

« On m’a déjà quittée, on me quittera encore… et un jour, ce sera moi qui partirai. Ça fait partie du jeu. »

Une joueuse qui évolue, sur et en dehors de la piste

Si son talent a explosé très tôt, Claudia Fernández a aussi beaucoup évolué dans sa manière d’aborder le jeu. Plus sûre d’elle, plus expressive dans ses décisions, même si son tempérament reste discret :

« Au début, je manquais de confiance pour me lâcher. J’étais très fermée. Aujourd’hui, je me sens plus sûre de mes coups et de ma capacité à diriger le jeu. »

Autre axe majeur de progression : la communication avec sa partenaire.

« Ça m’a toujours coûté de communiquer, autant le positif que le négatif. Mais j’ai beaucoup progressé là-dessus, et c’est essentiel. Dans une paire, la communication est primordiale. »

Une exigence intacte

Exigeante avec elle-même, parfois trop, Claudia en est consciente :

« Je me punis quand je rate… mais aussi quand je gagne. Gaby (Reca) me dit souvent que je dois apprendre à valoriser ce que je fais bien. Il a raison. »

Sans chercher la lumière à tout prix, la Madrilène reste fidèle à elle-même :

« Je suis quelqu’un de calme, pas très expressive. Peut-être que je fais moins de bruit, mais je préfère parler avec mon padel. »

À l’aube de la saison 2026, Claudia Fernández entame un nouveau chapitre, avec sérénité, ambition mesurée et une maturité qui continue d’impressionner. Un projet neuf avec Sofía Araújo, et l’envie intacte de continuer à grandir, balle après balle.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !