Steve Danchet et Florian Couturier, arbitres durant le Greenweez Paris Premier Padel Major, sont revenus sur les secrets se cachant derrière l’arbitrage durant le tournoi.
“Le fait d’être l’arbitre sur le central, c’est juste un gros kiff”
Padel Magazine : Steve, tu as été le premier arbitre de padel sur la piste centrale de Roland-Garros. Peux-tu nous raconter cette expérience ?
Steve Danchet : « Tout d’abord cela a été un énorme honneur d’être sur ce tournoi, et de surcroît dans un endroit aussi mythique que Roland-Garros. D’avoir eu cette opportunité d’être le première arbitre du central, ça te met un petit coup de pression. Déjà cette pression tu l’as naturellement avec tes matchs, bien entendu c’est une pression positive. Mais le fait d’être en plus l’arbitre sur le central, c’est juste un gros kiff. »
Padel Magazine : Comment s’est prise la décision pour savoir qui allait arbitrer en premier sur le central ?
Florian Couturier : « Il y a tout un corps arbitral qui est au dessus de nous, à savoir les juges-arbitres et les chefs des arbitres. Ce sont eux qui font les désignations jour après jour, et qui choisissent quel arbitre officiera sur tel ou tel match. »
Padel Magazine : Tu as une carrière de juge-arbitre de tennis, c’est la raison qui a fait la différence par rapport à d’autres pour officier sur la piste centrale dès les qualifications ?
Steve : « D’abord je joue au padel régulièrement dans différents clubs. Arbitre de tennis, ici à Roland-Garros, c’est vrai que ça aide pour être bien dans l’atmosphère. Mais je pense que c’est surtout le vécu dans le padel qui a fait que j’ai été sélectionné.
Et puis le fait d’être le premier arbitre sur le central, je pense que c’est le talent qui a joué aussi (rires) ! »
Florian : « J’ai envie de me défendre, parce que lui c’était pour un match de qualifications. Alors que moi j’ai été pour le coup : le premier à officier sur le premier tour du tableau final avec la vidéo, le review en cas de litige et tout ça sur un stade mythique comme Roland-Garros c’est un « pur kiff » comme l’a dit Steve. »
La vidéo, “un confort” et un “élément indispensable” pour la compétition
Padel Magazine : On a pu voir que parfois des désaccords entre joueurs concernant des balles. Cela va tellement vite qu’heureusement qu’il y a le système de review...
Florian : « On a un gros avantage dans le padel, c’est que c’est un sport ultra fair-play. Les joueurs entre eux se mettent d’accord et se font vraiment confiance.
C’est vrai qu’avoir cette vidéo, à raison de deux fois par set (par équipe) en cas de litige ça peut arranger beaucoup de choses sur le match. »
Padel Magazine : En cas de doute, est-ce que les arbitres peuvent également faire appel au review ?
Florian : « Si les joueurs attendent une décision de l’arbitre et qu’il n’est pas sûr de lui, il n’y a aucun souci à demander la vidéo pour connaître la finalité. »
Steve : « Par contre c’est toujours sur demande des joueurs. L’arbitre prend sa décision, et si le joueur n’est pas d’accord avec cette décision ou s’il y a un manquement quelque part : il peut faire appel à la vidéo. C’est une aide énorme pour eux et pour nous également. C’est un confort pour la compétition, c’est vraiment indispensable. »
” C’est vrai que Paquito Navarro, tu vas lui parler d’une autre manière..”
Padel Magazine : Quel est le joueur qui va venir vous taquiner un petit peu ou vous mettre la pression ?
Florian : « Sincèrement, on se rend compte que très souvent ce sont les meilleurs mondiaux qui sont les plus demandeurs d’une attitude professionnelle de tout le monde. C’est vrai qu’avec eux, on a encore plus de pression. D’une part parce que ce sont les meilleurs mondiaux, et d’autre part parce qu’on sait qu’on a vraiment pas le droit à l’erreur. »
Padel Magazine : On a vu à quelques reprises, nos joueurs français aller voir parfois les juges-arbitres. Est-ce que vous êtes d’accords qu’ils allaient plus vuous parler que les autres joueurs ?
Steve : « Oui je suis plutôt d’accord. C’est vrai que les Français étaient à domicile, on essaye la plupart du temps de mettre des arbitres étrangers. Là nous avions quelques étrangers, mais une majorité de français avant tout et c’est vrai que les Français parlent beaucoup.
Ils ont cette aisance là, peut-être moins à l’étranger parce que c’est un sport à dominance espagnole. Peut-être qu’ils ont moins cette connivence avec les arbitres.
Mais comme je l’ai dit tout à l’heure, il n’y a pas eu de mauvais esprit entre les joueurs. Même vis-à-vis de nous, je trouve que cela a été plutôt bien respecté.
Il y a des joueurs qui te mettent plus de pression effectivement, comme les meilleures paires mondiales. De par leur statut, leur prestance. C’est vrai que quand ils te regardent dans les yeux, ils ne te regardent pas de la même manière que nos jeunes français qui vont évoluer et qui vont pousser.
C’est vrai que sur ce tournoi-là, Paquito Navarro tu vas lui parler d’une autre manière et lui-même va te respecter en tant qu’arbitre. C’est vraiment quelque chose qu’il faut noter. Mais effectivement, il va te parler d’une manière professionnelle, et il attend de ta part un comportement et une réponse professionnelles. »
Un sparadrap qui sauve la mise
Padel Magazine : On a vu certains joueurs en début de semaine venir avec leurs t-shirts par défaut qui sont estampillés World Padel Tour. Parce que certains malheureusement n’ont pas cette chance d’avoir 500.000 t-shirts à disposition. Qu’est-ce qu’il se passe dans ce cas-là ?
Steve : « On leur demande dans un premier temps s’ils n’ont pas un deuxième set de t-shirt. Et puis si ce n’est pas le cas malheureusement, on leur mettait un « tape » (ou sparadrap). Des noirs sur les t-shirt sombres et des blancs sur des t-shirt plutôt clairs.
Bien entendu pour éviter de représenter une autre organisation. Là c’est un Major, c’est Premier Padel. C’est la moindre des choses de respecter cette organisation là et on a essayé d’être assez attentifs à ces choses là.
Les joueurs au vestiaire allaient voir le juge-arbitre en amont, et quand ça ne passait pas on essayait de camoufler un peu tout ça. »
Un arbitrage à “l’accent italien” sur Premier Padel ?
Padel Magazine : Que ce soit en Italie à Rome ou ici à Roland-Garros, l’équipe des arbitres se devise en deux parties : il y a une partie des arbitres qui est l’équipe de la FIP, et une autre moitié qui là en l’occurrence était française. Est-ce que vous trouvez qu’il y a une majorité d’Italiens sur Premier Padel ?
Florian : « Encore une fois, on n’est que sur le début de ce circuit qu’est Premier Padel. C’est vrai que pour l’instant l’équipe est surtout faite d’Italiens, mais justement grâce à ce tournoi à RG, on a eu de la chance d’être 4 Français (sur 8 arbitres) à officier sur toute la semaine.
Le fait d’avoir pu rentrer dans cette équipe va sûrement nous permettre de pouvoir continuer et justement ça pourrait permettre d’apporter de nouvelles nationalités chez les arbitres. »
Steve : « Ces Majors se dérouleront dans 4 grosses villes : Rome d’où la majorité d’Italiens, ici à Paris avec 4 Français, il y a bientôt un tournoi en Espagne donc les Espagnols seront là… Je pense que ce seront les trois nations qui seront certainement les plus représentées. Peut-être qu’en Amérique du Sud il y aura également un petit groupe d’arbitres qui se formera.
A mon avis Premier Padel ne veut sûrement pas avoir un nombre d’arbitres illimité, pour justement conserver cette connivence entre joueurs, coachs et arbitres. Que les joueurs connaissent l’arbitre et que l’arbitre connaisse aussi les habitudes des joueurs. Qu’on mette en place quelque chose de sérieux dès 2022 et que ça perdure sur les années qui vont suivre.
Si les internautes avaient l’impression qu’il n’y avait plus d’Italiens, c’est juste l’opportunité qui a fait qu’en début de saison ils étaient plus présents.
Mais sur les semaines et les mois qui vont arriver, on nous a déjà proposé de revenir sur des tournois : chose que nous avons acceptés. Lesquels ? On verra, cela dépend des disponibilités de chacun. Mais c’est vrai que l’expérience était plutôt positive, et que les arbitres français ont été reconnus comme de bons arbitres de padel. À nous de progresser et d’être présents sur d’autres majors, en tout cas on a été invités pour ça ! »
Retrouverez l’intégralité de l’interview, ci-dessous :
Passionné de football, j’ai découvert le padel en 2019. Depuis, c’est l’amour fou avec ce sport au point de délaisser mon sport de prédilection.

























































































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