À 40 ans, Alejandra Salazar s’apprête à tourner la plus belle page de l’histoire du padel féminin. Dans un entretien accordé au média espagnol Mundo Deportivo, à l’occasion de son passage dans le podcast Bullpodcast de Nacho Palencia, l’ancienne numéro un mondiale revient avec beaucoup d’émotion sur sa décision de prendre sa retraite, évoque ce qui lui manquera le plus et confie l’un des plus grands regrets de sa carrière : ne pas avoir reformé sa paire avec Gemma Triay.

« C’est un adieu définitif »

Avec 62 titres, sept sacres mondiaux avec l’Espagne et quatre saisons terminées à la première place mondiale, Alejandra Salazar s’apprête à mettre un terme à une carrière exceptionnelle. Une décision qu’elle affirme irrévocable.

« C’est un adieu définitif, il n’y a rien qui puisse me faire changer d’avis. »

En évoquant la fin de sa carrière, l’Espagnole n’a pas pu retenir ses larmes. Plus que les victoires ou les trophées, c’est l’atmosphère des grands rendez-vous qui lui manquera le plus.

« Quand tu entres sur le court devant 12 000 ou 16 000 personnes, j’en ai des frissons. C’est probablement ce qui va le plus me manquer. »

Un message qu’elle adresse également aux jeunes joueuses appelées à prendre la relève.

« C’est quelque chose d’incroyable. Qu’elles en profitent et qu’elles donnent tout. »

Gemma Triay, la meilleure partenaire de sa carrière

Interrogée sur la meilleure association qu’elle ait connue, Salazar ne laisse planer aucun doute.

Pour elle, Gemma Triay reste la partenaire avec laquelle elle a atteint son plus haut niveau.

« Nous étions toutes les deux à notre meilleur niveau. Nous avions cette sensation que personne ne pouvait nous battre. »

Les résultats parlent d’eux-mêmes : la paire a dominé le circuit et terminé numéro un mondiale en 2021 et 2022, avant une séparation qui avait fait grand bruit.

À l’époque, alors que Salazar était blessée au coude, Triay avait choisi de poursuivre sa route avec Marta Ortega, mettant fin à l’une des associations les plus dominantes du circuit.

Le plus grand regret de sa carrière ?

L’histoire aurait pourtant pu connaître un tout autre dénouement.

Quelques mois après leur séparation, Gemma Triay avait repris contact avec Alejandra Salazar pour envisager des retrouvailles. Mais cette fois, c’est la Madrilène qui avait préféré poursuivre avec une autre partenaire, répondant favorablement à l’appel de Tamara Icardo.

Avec le recul, cette décision continue de la faire réfléchir.

« Après ma blessure au coude, Gemma m’a appelée, tout comme Tamara. Aujourd’hui, je me dis parfois : “Et si j’avais dit oui… ?” »

Une confidence sincère qui illustre les nombreux choix auxquels sont confrontés les joueurs professionnels au cours de leur carrière. Si Alejandra Salazar quittera les pistes à la fin de la saison avec un palmarès hors norme, ce « et si… » restera sans doute l’une des rares interrogations d’une trajectoire presque parfaite.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !