Adrien Maigret est un joueur particulier dans le paysage du padel français. Ce joueur au jeu atypique et qui n’a pas la langue dans sa poche a de l’ambition avec, dans le viseur, le mondial à Dubaï.
“Du bon et du moins bon”
Padel Magazine : Peut-on dire qu’Adrien Maigret revient très sérieusement aux affaires en 2022 ?
Adrien Maigret : Je n’ai jamais vraiment levé le pied même s’il y a eu, il est vrai, un passage où j’étais un peu moins motivé.
Lorsqu’avec Benjamin Tison nous nous sommes séparés, j’ai eu du mal à retrouver évidemment les résultats et l’osmose qui pouvait exister entre lui et moi.
Lui a souhaité s’investir à 100% en jouant à l’international et en partant en Espagne. On voit aujourd’hui où cela l’a mené. C’est aujourd’hui de loin le meilleur joueur français et il réussit cet exploit de participer à des tableaux principaux du World Padel Tour.
Mais on ne peut pas dire non plus que j’ai arrêté de jouer en France. Certes, je ne jouais pas les tournois internationaux, mais je participais aux principales épreuves françaises. Et les résultats y ont été plutôt bons.
Padel Magazine : Depuis Ben, plusieurs partenaires avec des hauts et quelques bas….
Adrien Maigret : Après Ben, j’ai joué avec Robin Haziza, on a fait une courte saison ensemble à cause du Covid. Nous nous sommes séparés car nos ambitions personnelles n’étaient pas les mêmes.
Ensuite avec JT Peyrou, on a alterné le très bon et parfois le très mauvais. Je me souviens du tournoi à Perpignan, le P2000 du Club du Mas où nous n’avons pas été bons. J’avais été un peu agacé par l’organisation, ce qui m’a coûté cher ensuite pour l’équipe de France. On sortait de championnats d’Europe à Marbella avant ce P2000 où j’avais remporté deux matchs décisifs. Et peut-être que j’avais laissé un peu d’influx nerveux et physique en Espagne.
Et puis on peut parler aussi de la mauvaise performance lors du Championnat de France. On perd un match qu’on ne voulait pas gagner, et on a tout fait pour rentrer à la maison rapidement… Mais il y a également eu beaucoup de positif, nous avons fait de belles performances sur un FIP en Italie et sur le circuit APT. A chaque apparition en France sur les P1000, nous avons gagné assez facilement. Malheureusement, beaucoup ne retiendront que le négatif. Mais pas moi.

“Perpignan m’a coûté ma place dans la Team France”
Padel Magazine : La non-sélection dans l’équipe de France, c’est selon toi à cause du P2000 de Perpignan ?
Adrien Maigret : Ça m’a clairement coûté la sélection dans la Team France. Pourtant sur le plan sportif, on avait fait aussi de très bons matchs avec JT, donc il ne faut pas tout jeter.
Je pense qu’à Perpignan lors du P2000 au Club du Mas, mes mots n’ont pas plu à la FFT. La forme n’a pas été bonne. Mais dans le fond, je pense que j’étais dans le vrai. Il faut qu’il y ait un juste milieu. On doit dire quand les choses sont bien faites, mais on doit aussi dire lorsque c’est moins bien fait.
Pour Roland-Garros, j’ai été le premier à dire à quel point c’était incroyable. Les tournois qui ont suivi étaient aussi bien mieux organisés, la FFT a bien évolué.
Sur la forme, je me suis excusé, mais pas sur le fond. Je pense que c’est la raison principale de ma non-sélection. Je regrette que mon passé comme joueur irréprochable en équipe de France n’ait pas plaidé en ma faveur à ce moment-là. Tout le monde commet des erreurs.
C’était une décision extra sportive et non sportive. Je devais faire partie des huit. Maintenant c’est digéré, je n’en veux à personne.
Aujourd’hui, c’est un nouveau souffle avec un nouveau sélectionneur. J’ai fait de très bons matchs. Je me suis plus investi sur les tournois internationaux. Je pense cocher toutes les cases.

“Le changement de projet de Scat peut avoir une incidence sur mon année”
Padel Magazine : Tu avais annoncé jouer avec Jérémy Scatena en 2022…
Adrien Maigret : Je me suis engagé avec Jérémy Scatena en France pour jouer les P2000 et les championnats de France en 2022.
Yann Auradou et Jérôme Inzerillo étaient intéressés pour que l’on joue ensemble sur tous les tournois (France et internationaux), mais on avait fait de belles parties avec Scat. Ça me plaisait de jouer avec Jérémy. On s’est toujours bien entendus sur les épreuves internationales et c’était nouveau pour moi de jouer à droite.
Malheureusement, en cours d’année, Scat, a changé de projet. Il était sur les tournois APT et maintenant, il veut faire tous les FIP. Bilan il n’a pas tenu ses engagements sur les P2000 à Perpignan et Paris. J’ai joué avec JT à Perpignan, mais je me suis blessé juste avant le tournoi…
A Paris, Jérémy m’a envoyé un partenaire espagnol, Jose Gaspar, pour le remplacer et faire le P2000 des Pyramides avec lui. Je n’ai aucun problème avec Jose, mais je joue à l’affect et on peut dire que les conditions ne sont pas optimales. D’autant que je ne parle pas espagnol et que je ne le connais pas. Donc là aussi, un tournoi pas si évident même si on fait une demi-finale.

Je suis juste déçu de notre association ou plutôt de notre non-association avec Scat. J’ai tout accepté pour lui : passer à droite, faire seulement les quatre P2000 et le championnat de France. Et aujourd’hui, je ne sais même pas si on va faire les championnats de France ensemble. Peut-être qu’il voudra jouer un FIP sur ces dates. Si c’est le cas, j’essaierai de jouer avec un autre joueur. Je me suis déjà renseigné auprès de la FFT. Je peux demander une wild-card. Mais bon, ce n’est pas évident car il faudrait que je m’associe à quelqu’un qui n’a pas participé aux régionaux.
Padel Magazine : Tu en veux à Jérémy Scatena de n’a pas avoir joué le jeu cette année ?
Adrien Maigret : Je pense que Jérémy est aussi une victime de tous ces circuits qui évoluent rapidement avec des revirements improbables. Regardez les mondiaux, un jour on nous dit que ce sera en Espagne, et le lendemain que l’on revient au Qatar. Et maintenant, finalement, direction Dubaï. On voit bien que cela reste très instable.
Du coup, les joueurs ont dû mal à suivre. C’est pourquoi, je comprends Jérémy qui oriente dorénavant sa carrière sur le circuit FIP. Mais il est en train de jouer aussi avec mon avenir dans l’équipe de France. Je n’aimerais pas que le sélectionneur Pablo Ayma me reproche un manque de performances ou de compétitivité à cause de tout ça. Même si sans lui j’ai eu de bons résultats quand même.
Je veux montrer au sélectionneur qu’il peut compter sur moi.
Padel Magazine : On t’a donc vu jouer avec d’autres joueurs français…
Adrien Maigret : Il est clair que cette année, je n’ai pas de partenaire réellement. J’ai joué avec de nombreux joueurs, mais c’est bien d’avoir cette caractéristique et être capable de jouer à gauche comme à droite et avec plusieurs types de joueurs.
J’ai eu la chance de m’associer avec Bastien Blanqué à Roland-Garros. La FFT, que je remercie encore, nous a octroyé une wild-card tableau et on a fait un tournoi incroyable en remportant ce premier match sur le central de Roland. C’était l’un des plus beaux matchs de ma carrière.
Avec Bastien on s’entend bien et on a fait de belles choses ensemble en France comme sur le circuit FIP.

“Mes forces : mon jeu atypique, ma capacité à jouer à gauche et à droite”
Padel Magazine : Tu as un jeu atypique, est-ce ta plus grande qualité ?
Adrien Maigret : J’ai un jeu atypique, je me projette vite vers l’avant. Quand je m’associe avec Bastien qui maîtrise parfaitement le jeu défensif, cela me permet de me projeter rapidement vers l’avant et de me concentrer sur le jeu offensif, ce qui est mon point fort.
J’ai des références à droite avec un très bon niveau de jeu. J’ai fait de très bons matchs à droite. Donc j’ai un niveau à droite satisfaisant mais je pense être meilleur à gauche.
Padel Magazine : L’une de tes forces, c’est finalement d’être capable de jouer avec plusieurs partenaires…
Adrien Maigret : J’ai toujours eu la caractéristique de jouer avec beaucoup de joueurs. J’ai joué avec Benjamin Tison, avec mon frère Julien, avec Yann Auradou, Johan Romanowski, Fred Pommier, Maxime Forcin, Robin Haziza, JT Peyrou, Julien Seurin … et plein d’autres.
Mes meilleures années, c’était avec un partenaire fixe, mais c’est bien de changer aussi.
Est-ce encore plus difficile d’accéder à la Team France dans ces conditions ? Avant j’étais certain d’être pris. Maintenant c’est différent. Cette année je vais me donner à 120% à Barcelone pour le stage et montrer le meilleur de moi-même.
Il y a de plus en plus de joueurs qui débarquent dans le padel, les jeunes partent sur des projets en Espagne. La concurrence est bien plus importante, c’est sûr, mais je suis motivé pour aider l’équipe de France si elle a besoin de moi.
Padel Magazine : Comment s’organise ta fin d’année ?
Adrien Maigret : Je vais voir avec Bastien si on peut évoluer ensemble.
J’ai aussi contacté Dylan Guichard. Il a une grosse marge de progression. Je pense qu’il peut vraiment bien jouer. Je l’ai contacté pour faire un essai sur quelques tournois. Nous allons jouer le P1000 de Toulouse le week-end du 24/25 septembre.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































Cap sur deux P1500 relevés du côté de Padelshot Metz et Padel Plus Agen
Belle présence tricolore au FIP Silver Bari avec quatre Françaises en quarts
Galán / Chingotto vs Lebrón / Augsburger : enfin le choc attendu
FIP Promises Paris : Jean-Thomas Peyrou voit émerger une génération française capable de rivaliser
Natan Étienne : du tennis à la renaissance dans le padel
Claudia Fernández : “Je me vois numéro 1 à 25 ou 26 ans”
Victor Teboul, l’homme derrière les FIP Bronze et Silver de Marnes-la-Coquette veut poser les bases d’un rendez-vous durable en Île-de-France
P1500 Dames Padel Plus Agen – Live / Résultats / Programmation
P1500 PadelShot Metz – Résultats / Programmation / Live
Yes Yes Padel s’implante à Gourdon : deux pistes accessibles dès maintenant
Bruxelles P2 : où voir les demi-finales ?
Brussels P2 : Icardo / Jensen bousculent la hiérarchie, les favoris au rendez-vous en demi-finales
Bruxelles P2 – Tapia / Coello dans la douleur mais qualifiés pour les demi-finales
Siux verrouille Augsburger jusqu’en 2040 : un contrat inédit dans l’histoire du padel
Les Assises du Padel poseront leurs valises à Marseille pour la troisième édition
Sport et assurance : pourquoi la protection des pratiquants devient un enjeu majeur
Cédric Carité : 34 ans de padel et toujours la même obsession, mieux former les coachs
P1000 Friendly Padel Club : le rendez-vous des Caraïbes, formation et soirée spécialiste à Saint-Martin
Uprise Padel : un camp d’exception pour entrepreneurs lancé à Marbella avec Amélie Détrivière
Coello / Tapia : une réponse tactique structurée face aux smasheurs de gauche
Le padel : cocktail parfait de réflexe et de stratégie
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Comprendre les effets pour mieux jouer au padel
Air padel : pourquoi les pros répètent “dans le vide” (et comment l’utiliser sans tomber dans le gadget)
La vibora décomposée : transfert, plan de frappe et sensations
« Tenemos prisa » : la signature Galán / Chingotto
Tournois coachés : accélérateur de progression… ou dérive du padel amateur ?
10 situations que tous les joueurs de padel ont déjà vécues
Combien de joueurs au padel ? Toutes les configurations possibles
Padel et vélo : une complémentarité efficace pour la performance et la santé
Miami P1 : le craquage de Juan Lebrón qui change tout
Yanguas : d’immenses qualités au service d’un mental encore fragile
Ale Galán : une main meutrie mais qui ne l’arrête pas !
Viapadel Cup 2026 : Tarragone accueille un 3e round entre padel, plage et fête