Le padel français poursuit sa progression avec 151 834 compétiteurs référencés par la FFT, dont 132 208 hommes pour 19 626 femmes. Derrière cette dynamique positive, les succès de la FFT et du secteur privé, l’analyse détaillée des ligues met en évidence des déséquilibres structurels qui se poursuivent, tant sur le plan géographique que démographique. Alors que le P2000 de Top Padel Toulouse a été un succès et que le FIP Bronze de Rivesaltes à ViaPadel s’annonce dense, ces données permettent de mieux comprendre la réalité du padel en France en 2026.

Un padel concentré : 4 ligues pèsent près de 60 % du total

La répartition des compétiteurs par ligue confirme une tendance installée depuis plusieurs années : le padel reste largement dominé par le Sud.

L’Occitanie arrive en tête avec 27 146 joueurs, devant la Provence-Alpes-Côte d’Azur (25 245) et la Nouvelle-Aquitaine (18 022). L’Île-de-France (17 525) complète ce quatuor de tête. À elles seules, ces quatre ligues représentent plus de la moitié des pratiquants français.

Cette concentration s’explique par plusieurs facteurs. Le développement historique du padel dans ces régions, la densité d’infrastructures, mais aussi des conditions climatiques favorables ont permis une implantation plus rapide et plus profonde. Pendant longtemps, les ligues Occitanie et PACA ont porté le padel français. Il est donc logique de les retrouver aujourd’hui aux avant-postes, puisqu’elles ont été les premières à bénéficier du boom mondial de la discipline.

À l’inverse, des territoires comme les Hauts-de-France, le Grand Est ou encore la Bourgogne-Franche-Comté restent en retrait, malgré une progression réelle. Cette situation devrait toutefois évoluer dans les prochaines années, notamment avec des zones comme Lille, qui se dotent progressivement d’un parc de clubs de padel conséquent.

LigueJoueursPart nationale
Occitanie27 14617,9 %
PACA25 24516,6 %
Nouvelle-Aquitaine18 02211,9 %
Île-de-France17 52511,5 %
TOTAL TOP 487 93857,9 %

Une hiérarchie sportive directement liée au volume de joueurs

Le poids des ligues du Sud ne se limite pas au nombre de licenciés. Il se retrouve également dans la hiérarchie nationale.

L’Occitanie compte 44 joueurs dans le Top 100 français, la Nouvelle-Aquitaine 33, la PACA 31 et l’Île-de-France 29. Cette domination se confirme dans les tranches élargies (Top 500, Top 1000), où les mêmes ligues concentrent l’essentiel du haut niveau.

Ce phénomène est logique : plus le vivier est important, plus la concurrence interne est forte, ce qui favorise l’émergence de joueurs performants. Ces régions bénéficient ainsi d’un cercle vertueux, combinant densité de joueurs, multiplication des tournois et élévation du niveau global.

A noter que nous retrouvons cependant une part importante de joueurs assimilés.

LigueTop 100Top 500Top 1000
Occitanie44167316
PACA31152281
Nouvelle-Aquitaine33127228
Île-de-France29134279

L’Île-de-France en progression mais encore en retard

Avec plus de 17 500 joueurs, l’Île-de-France s’impose comme un acteur majeur du padel français. La région bénéficie d’un bassin de population considérable et d’investissements croissants dans les infrastructures.

Cependant, elle reste encore en retrait sur plusieurs indicateurs. Sa proportion de joueuses est notamment l’une des plus faibles, avec 8,1 %, bien en dessous de la moyenne nationale. Sur le plan sportif, si elle place plusieurs joueurs dans l’élite, elle ne rivalise pas encore totalement avec les ligues historiques du Sud en termes de profondeur.

Un déséquilibre hommes / femmes massif

Ligue% Femmes
Moyenne nationale12,9 %
Occitanie14,7 %
PACA13,8 %
Nouvelle-Aquitaine13,5 %
Île-de-France8,1 %
Guadeloupe32,1 %
Nouvelle-Calédonie30,9 %

Indice clé :

  • L’Île-de-France est 36 % en dessous de la moyenne nationale
  • Les territoires ultramarins ont 2 à 3 fois plus de femmes

Un déséquilibre marqué entre hommes et femmes

L’un des constats les plus significatifs concerne la féminisation du padel. À l’échelle nationale, les femmes représentent environ 13 à 15 % des pratiquants, un taux encore faible.

Certaines ligues affichent des ratios légèrement supérieurs, comme l’Occitanie (14,7 %) ou la PACA (13,8 %). À l’inverse, des territoires comme l’Île-de-France restent en retrait. Fait notable, les régions ultramarines présentent des proportions bien plus élevées, avec par exemple 32,1 % en Guadeloupe et 30,9 % en Nouvelle-Calédonie.

Ces écarts montrent que le potentiel de développement du padel féminin est réel, mais encore insuffisamment exploité sur le territoire métropolitain.

Une population majoritairement adulte

L’analyse par tranche d’âge révèle une autre caractéristique forte : le padel français est avant tout un sport d’adultes.

Dans les principales ligues, la catégorie 31-50 ans est largement dominante, suivie des 18-30 ans. Les moins de 18 ans restent minoritaires, tout comme les plus de 50 ans, même si ces derniers sont bien représentés.

Ce profil confirme que le padel attire en priorité une population active, souvent issue du tennis ou d’autres sports de raquette. Son développement futur passera nécessairement par une structuration plus forte chez les jeunes, via les clubs, les académies et les circuits de formation. La politique de la FFT, ainsi que les nombreux investissements du secteur privé dans ce domaine, portent déjà en partie leurs fruits. Comme souvent sur cette thématique, les effets se feront principalement sentir dans les prochaines années.

Pour matérialiser ces propos nous vous avons décortiqué la ligue Occitanie, ,sa structure d’âge. Pourquoi l’Occitanie parce qu’elle représente bien cette tendance nationale.

Tranche d’âgeNombrePart
-18 ans9903,6 %
18-307 43827,4 %
31-5011 99444,2 %
51+4 28915,8 %

Indice clé :

  • Les jeunes restent sous-représentés
  • Les 31-50 ans représentent près de 1 joueur sur 2

Des ligues encore en phase de développement

Si certaines régions dominent, d’autres disposent d’une marge de progression importante. Des ligues comme la Normandie (4 725 joueurs), le Centre-Val de Loire (4 212) ou la Bourgogne-Franche-Comté (3 397) restent encore en phase de structuration.

Leur développement dépendra notamment de la création de nouvelles infrastructures, de l’organisation de compétitions et de la capacité à attirer de nouveaux pratiquants.

Le succès du P2000 de Top Padel Toulouse s’inscrit parfaitement dans cette logique. Situé au cœur de l’Occitanie, premier bassin de joueurs en France, il bénéficie d’un environnement favorable en termes de densité et de niveau.

Même constat pour le FIP Bronze de Rivesaltes à ViaPadel, organisé dans une zone particulièrement dynamique : PERPIGNAN. La forte présence de joueurs compétitifs et un public connaisseur devraient logiquement contribuer à la réussite de l’événement.

Une croissance réelle, mais des enjeux structurels à adresser

Le padel français continue de se développer rapidement, porté par un engouement fort et une augmentation constante du nombre de compétiteurs. Toutefois, plusieurs défis restent à relever.

La discipline doit encore rééquilibrer sa répartition territoriale, accélérer sa féminisation et renforcer sa base de jeunes joueurs. Ces enjeux seront déterminants pour accompagner la prochaine phase de croissance et structurer durablement le padel en France.

Dans ce contexte, les ligues du Sud restent aujourd’hui le moteur du développement. La question reste ouverte : pour combien de temps encore.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.