Après leur démonstration en demi-finale du Germany Premier Padel P2 face à Juan Lebrón et Leo Augsburger (6/2 6/3 en 1h05), Arturo Coello et Agustín Tapia se sont présentés en conférence de presse avec le sourire. Mais derrière cette victoire expéditive, les deux numéros un mondiaux ont abordé des sujets bien différents : la course à la première place mondiale, leur complicité sur le terrain, leur niveau de jeu et, surtout, les sacrifices personnels qu’impose une carrière au plus haut niveau.

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée ce 10 octobre, Agustín Tapia a notamment livré un témoignage personnel sur les difficultés qu’il a rencontrées loin de ses proches.

Coello : « Nous voulons gagner les six tournois qui restent »

Arturo Coello :

« L’écart est significatif, mais il reste encore beaucoup de tournois à jouer. Il en reste six avec celui-ci, et nous voulons gagner les six. C’est notre objectif. Nous savons que cela nous permettrait également d’atteindre notre autre objectif, qui est de terminer l’année à la première place mondiale. »

« Nous sommes heureux d’avoir franchi une étape supplémentaire aujourd’hui, dans un match qui était très difficile pour nous, face à une paire qui joue très bien et qui est très solide. Maintenant, il faut se reposer et préparer le match de demain. »

Tapia : « Si je joue bien, c’est en grande partie grâce à Arturo »

Agustín, as-tu le sentiment d’être actuellement dans la meilleure période de ta carrière ? Et ton meilleur niveau s’exprime-t-il davantage sur des pistes rapides ou lentes ?

Agustín Tapia :

« C’est une question difficile. Je peux très bien jouer, mais si je joue bien, c’est en grande partie grâce à Arturo. Le padel est un sport de paire, et le fait de s’aider mutuellement est extrêmement important. »

L’Argentin met ensuite en avant la facilité avec laquelle il évolue aux côtés de son partenaire.

« Quand Arturo joue bien, cela devient très facile pour moi de jouer. Tout simplement parce qu’il est très facile de jouer avec Arturo. Il me donne la confiance nécessaire pour continuer à élever mon niveau. »

« Je continue d’apprendre, je continue de travailler des choses à l’entraînement, jour après jour, pour progresser et aider l’équipe. Si je suis dans la meilleure période de ma carrière, tant mieux ! J’espère pouvoir la maintenir. »

Tapia : « J’ai beaucoup souffert de cet éloignement entre 16 et 21 ans »

Aujourd’hui, 10 octobre, c’est la Journée mondiale de la santé mentale. Avec tous ces déplacements, ces tournois et le temps passé loin de chez toi, qu’est-ce qui est le plus difficile à gérer mentalement ?

Agustín Tapia :

« Je pense que c’est très difficile. Notre vie comporte énormément de belles choses, dont nous profitons à 100 %. Mais personnellement, j’ai beaucoup de mal à rester éloigné de ma famille pendant de longues périodes. »

« Quand les tournois s’enchaînent et que je dois rester loin de chez moi, c’est difficile. J’en ai beaucoup souffert entre mes 18 ans, et même avant, je dirais dès 16 ans, jusqu’à mes 21 ans. »

Une confidence qui montre une autre facette du quotidien des joueurs professionnels, au-delà des victoires, des trophées et des performances sportives.

« Aujourd’hui, ce qui me permet de continuer, c’est d’essayer de passer du temps avec les personnes que j’aime. Pas seulement ma famille, mais aussi mes amis, ceux qui me font du bien au quotidien. »

« J’essaie toujours de faire en sorte que le groupe m’apporte quelque chose de positif, qu’il soit suffisamment large pour que je puisse me sentir bien mentalement. »

« Le mental est l’une des choses les plus importantes pour nous »

« Le mental est l’une des choses les plus importantes pour nous, les sportifs. Nous passons toute la journée à penser à notre travail. »

Il estime néanmoins avoir appris à mieux gérer cette pression au fil des années.

« Je pense que nous savons gérer cela. Nous pourrions peut-être encore mieux le faire, mais je crois que nous sommes préparés pour ce qui nous attend. »

Des propos qui prennent une résonance particulière dans un calendrier international où les joueurs enchaînent les déplacements et passent une grande partie de l’année loin de leur environnement familial.

Coello : « Le score ne reflète pas vraiment la difficulté du match »

Si vous deviez définir le match parfait, à quoi ressemblerait-il ? Compte tenu de votre efficacité aujourd’hui, peut-on considérer cette demi-finale comme un match parfait ?

Arturo Coello :

« En matière d’efficacité, c’était un très bon match. Mais je pense qu’il n’a pas été aussi facile que le score pourrait le laisser penser. Chaque jeu a été très disputé. »

« Dans le deuxième set, ils ont également eu des possibilités de break. Le match aurait pu devenir beaucoup plus compliqué. »

Interrogé sur ce qui aurait pu manquer pour rendre cette prestation parfaite, il termine avec humour :

« Peut-être un point spectaculaire d’Agus ou de moi-même ! Je ne sais pas… Mais c’était un bon match. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.