1543e joueur français : voici la première apparition de Simon Wagner dans le classement français de padel. C’était en août 2021 et il comptait alors cinq tournois à son actif.
Moins de deux ans plus tard, ce Strasbourgeois de 23 ans pointe à la 31e place de ce ranking, alors même que le nombre de classés a été multiplié par trois ! Le déclic pour Simon a été son association avec un autre Strasbourgeois, Yanis Muesser, n°29 à 24 ans.
En un an, ces deux tennismen classés 1/6 et 0 à leur meilleur niveau ont fait des étincelles sur les pistes de padel. Yanis le droitier et Simon le gaucher – qui se dit « extrêmement nul en double en tennis » – ont déjà un joli palmarès : une 5e place en P2000 à Toulouse-Colomiers, quatre finales en P1000, des demies et des quarts et surtout une victoire en P1000 à Strasbourg, face à Yann Auradou et Maxime Forcin.
Après notre récente interview de Yanis Muesser, Simon Wagner se livre aujourd’hui à Padel Magazine.
Padel Magazine : Simon, peux-tu nous raconter tes débuts dans le padel ?
Simon Wagner : Comme beaucoup de joueurs de padel, je viens du tennis, que j’ai pratiqué pendant presque 15 ans. Et puis un jour, en 2019, un pote m’a convaincu d’essayer le padel. Je ne savais pas trop ce que c’était. C’était un peu avant le premier confinement et quand les terrains sont redevenus accessibles, j’ai commencé et à m’y mettre de plus en plus. Et depuis, ça ne m’a plus lâché : j’ai direct adoré.
En compétition, priorité au padel
Entre tennis et padel, quelle est ta priorité ?
S.W. : Aujourd’hui, je ne joue plus vraiment de tournois de tennis, mais je passe mon diplôme d’Etat de tennis, donc je continue à jouer les matchs par équipes avec mon club. Mais je n’ai plus du tout d’objectifs en matière de tennis. En matière de compétition, je donne clairement la priorité au padel. Et en tennis, je ne m’entraîne plus véritablement, même si je suis encore classé 2/6.
Dans ma région, l’Alsace, il y a beaucoup de 1/6 ou 0, mais très peu de négatifs ou de numérotés. C’est presque impossible de monter au classement en restant en Alsace, sauf si tu joues – 15. Pour moi, il aurait fallu bouger mais j’ai arrêté de le faire car c’était cher et je n’avais plus de projet. Quand tu es lycéen ou étudiant, tu ne peux pas facilement partir en semaine pour faire des tournois à Paris ou ailleurs. Et puis quand tu sens que tu ne seras pas pro, à quoi bon viser un ou deux classements de mieux : être -2/6 un jour plutôt qu’être 1/6, ça ne change finalement pas grand-chose…
A l’inverse, ta progression au classement français de padel a été très rapide…
S.W. : Quand j’ai débuté le padel, j’étais vraiment nul par rapport à des mecs qui jouaient déjà, même ceux qui n’avaient pas un bon niveau de tennis. Moi, je sentais que je n’étais vraiment pas bon. Mais quand tu sais bien jouer au tennis, ça vient vite. J’avais, grâce au tennis, des qualités que j’ai pu mettre à profit pour le padel. Donc je suis monté assez vite au classement. Au début, tous les mois, je gagnais au moins 50 places. Mais évidemment, une fois arrivé dans le top 50 ou le top 30 français, tu stagnes un peu plus. A ce niveau-là, tout le monde joue très bien et s’entraîne beaucoup. Donc les qualités que j’avais au départ grâce au tennis, notamment au smash, ne suffisent plus : il faut plus que ça…

Quelles sont les clés pour aller plus haut, selon toi ?
S.W. : Là où je pense que je suis encore vraiment loin des mecs qui sont devant moi au classement, c’est tout ce qui est « padel », c’est-à-dire la défense, les coups après les vitres et les coups très spécifiques au padel. Ceux qui sont dans le top 5 ou le top 10 français jouent au padel dix fois mieux que moi ; mais quand tu les compares aux Espagnols ou aux Argentins du circuit pro, tu vois qu’il y a encore des lacunes importantes en termes de pur padel. Les Espagnols, pour la plupart, n’ont pas fait de tennis, ont commencé le padel à 4 ans et jouent depuis 20 ans. Tandis que les meilleurs joueurs français jouent généralement depuis moins de 7 ou 8 ans au padel…
“Quand tu tapes fort, les pros adorent”
La grosse différence est surtout dans le secteur défensif. Arrivé à un bon niveau, tout le monde sait faire un gros smash ou un par 3. La vraie différence se fait au niveau de la défense, avec des joueurs qui prennent la balle une fois qu’elle a tapé la vitre. Et dès qu’il y a une vitre, tu ne sais pas où ils vont jouer. Alors que moi, quand je joue après la vitre, j’essaie juste de remettre la balle, mais je n’ai pas encore la lucidité ou le niveau pour vraiment chercher à faire mal sur le coup d’après.
Moi, quand je joue contre quelqu’un qui tape fort et volleye fort, j’ai l’impression que je suis pris de vitesse et que je ne sais pas quoi faire. Alors que les pros, quand tu tapes fort, ils adorent : ça leur donne une balle d’attaque ! J’essaie en ce moment de jouer un peu moins tennis, de taper moins fort, mais j’ai l’impression que ça ne m’a pas servi sur les derniers tournois que j’ai faits. J’arrivais à faire des bonnes choses grâce à mes qualités de tennis, mais le fait d’enlever ça, de ralentir pour jouer plus padel, c’est compliqué.
Un autre clé de la progression, c’est l’argent, n’est-ce pas ?
S.W. : C’est vrai qu’il faut faire des tournois pour grimper au classement. Pour l’instant, avec Yanis, on fait environ deux déplacements par mois, pour des P1000 ou des P2000. Mais même en faisant une finale en P1000 comme à Lille, ce qui est un bon résultat, on n’a gagné que 125 euros chacun : ça ne suffit pas à payer nos frais, malheureusement. Donc c’est vrai que des joueurs comme nous ont besoin de sponsors pour faire les tournois, financer nos entraînements et continuer à progresser. Moi par exemple, je n’ai pas encore de contrat pour les raquettes et le matériel, c’est en discussion actuellement. Mais c’est encore plus dur de trouver des sponsors financiers pour les autres frais.

“Je n’ai jamais pris de cours de padel”
A quel rythme t’entraînes-tu chaque semaine ?
Je m’entraîne moins que Yanis (qui fait en moyenne trois séances, ndlr), car la préparation de mon diplôme de tennis me prend du temps. Je ne joue qu’une ou deux fois par semaine. Ça peut suffire pour arriver autour de la 30e place, mais pas du tout pour viser plus haut. J’ai d’ailleurs prévu de m’entraîner davantage dès que j’aurai fini mon DE. Avec Yanis, on a commencé à aller parfois à Barcelone, dans une académie. J’ai aussi prévu de faire une semaine à Bordeaux dans la Big Padel Jet Academy. Ce genre de semaines, ça me permet de jouer tous les jours, ce que je ne fais pas ici. Ça permet aussi d’avoir les conseils d’un coach, car habituellement, je fais des parties mais je n’ai jamais pris de cours de padel.
Quel serait ton rêve de padel d’ici deux ans ?
L’objectif dans quelques années, ce serait d’intégrer l’équipe de France. Mais deux ans, ça me paraît court. J’imagine plutôt ça dans trois ou quatre ans. L’idée, ce serait un peu de faire comme les “Dalton” qui sont à Barcelone – Seurin, Vives, Raichman, Guichard – qui jouent très très bien et frappent à la porte de l’équipe de France. Mais il y en a aussi d’autres qui jouent bien, évidemment.
Son gaucher préféré : Arturo Coello
Quels avantages donne le fait d’être gaucher ?
L’intérêt d’être gaucher au padel, c’est de pouvoir smasher au centre aussi bien qu’un droitier, c’est vraiment une plus-value. Et puis le gaucher a des angles différents, des possibilités de trouver les grilles, comme peut le faire un droitier qui joue à gauche. Au début, les effets que met un gaucher, qui sont inversés, gênaient beaucoup mes adversaires. Mais plus on monte en niveau, plus les mecs sont habitués à défendre les balles des gauchers.
Parmi les meilleurs gauchers du circuit pro, ton modèle ce serait plutôt Coello, Ruiz ou Lima ?
Le style de jeu que je préfère, c’est celui de Coello. Toutes proportions gardées, c’est le type de jeu vers lequel j’aimerais tendre. A l’inverse, le jeu d’un joueur comme Pablo Lima est beaucoup plus éloigné du mien : c’est un gaucher plus défensif alors que Coello est un gaucher qui “envoie”, il est très offensif !
Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.
























































































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