Voix respectée entre toutes sur le circuit, Seba Nerone continue d’observer le padel professionnel avec un œil affûté, franc et souvent teinté d’humour. Entraîneur de joueurs de premier plan, consultant sur Premier Padel et ancien numéro un mondial, l’Argentin a livré une analyse sans filtre de l’actualité du circuit dans l’émission Padel 20×10, quelques jours après son sacre à la Hexagon Cup avec l’AD/Vantage Team d’Andy Murray.

Le mercato des paires, un miroir du niveau réel

Sur les changements incessants de partenaires, sujet brûlant de l’hiver, Nerone a été catégorique :

« Tous les joueurs et joueuses ont le partenaire qu’ils méritent par leur niveau. Si tu joues bien, ceux qui sont devant au classement le voient et t’appellent. Et quand ton niveau baisse, comme ça nous est arrivé à tous les vétérans, tu te retrouves aussi avec le partenaire que tu mérites. »

Un constat direct, presque brutal, qui reflète la réalité d’un circuit où tout est observé, analysé, disséqué en permanence.

La défense appuyée de Chingotto

L’un des passages forts de son intervention concerne Federico Chingotto, longtemps critiqué en début de saison :

« Je me suis énervé en direct quand on tapait sur Chingotto. Ouvrir les réseaux et voir qu’on dit qu’il ne vaut pas Galán, avec la saison qu’il fait… j’ai envie de leur dire : “Mais les gars, vous regardez quoi ?” »

À presque 50 ans, Nerone reconnaît encore peiner à comprendre la violence des réseaux sociaux, surtout envers un joueur qu’il juge injustement ciblé.

Instabilité des projets : un mal difficile à réguler

Peu adepte des séparations à répétition, Nerone regrette la volatilité extrême des projets actuels :

« C’est de notoriété publique, je n’aime pas les changements de paires. L’idée de fenêtres fixes est jolie sur le papier, mais très compliquée. Moi, je ferais un pacte commun pour éviter de changer tout le temps. »

Selon lui, cette instabilité dépasse le cadre du sport :

« On veut tout pour avant-hier. Si ce n’est pas régulé par l’organisme officiel, oublie. Et je ne sais même pas s’ils veulent vraiment le faire. »

Les séparations qui l’ont marqué

Parmi les ruptures récentes, celle de Pablo Cardona et Leo Augsburger ne l’a pas tant surpris que celle de Juan Tello et Martín Di Nenno :

« La séparation de Tello et Di Nenno m’a beaucoup plus surpris. Juan avait trouvé une vraie stabilité dans le top 8. Là, j’ai été vraiment désorienté. »

Cardona, Tello, Araújo : des raisons d’y croire

Côté terrain, Nerone se veut optimiste. Concernant Pablo Cardona, absent à Riyad :

« C’est de la pure précaution. Il reviendra quand il sera à 100 % et compétitif. »

Pour Juan Tello, il évoque un travail physique poussé… et une nouveauté technique :

« Il a travaillé la sortie de vitre en smash, façon Paquito Navarro. On l’a déjà vu à la Hexagon, et ça a plutôt bien marché. »

Chez les femmes, Sofía Araújo s’apprête à vivre une saison clé avec Claudia Fernández :

« Sofi va toujours vers l’avant. Elle a une opportunité en or pour s’installer définitivement parmi les meilleures, et elle a les armes pour le faire. »

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !