e forfait d’Ale Galán a changé beaucoup plus qu’un simple nom sur la feuille de match espagnole. À quelques jours d’un éventuel nouveau duel face à l’Argentine, Juanjo Gutiérrez a perdu son principal joueur de gauche, le numéro 3 mondial, mais surtout l’une des rares pièces capables de s’intégrer presque naturellement à n’importe quelle construction espagnole.
Touché à la main droite depuis plusieurs semaines et déjà contraint de renoncer au Major du Koweït, Galán a finalement déclaré forfait pour la Coupe du monde. Javi Leal a été appelé pour le remplacer au sein d’une sélection composée désormais d’Arturo Coello, Juan Lebrón, Paquito Navarro, Mike Yanguas, Coki Nieto, Jon Sanz, Aimar Goñi et donc Leal.
L’Espagne conserve une profondeur exceptionnelle. Mais face à l’Argentine, la question n’est pas vraiment de savoir si elle possède huit grands joueurs.
Elle est de savoir comment en fabriquer trois paires capables d’en gagner deux.
Galán, une absence qui déséquilibre tout le puzzle
Avec Galán, le problème semblait beaucoup plus simple. L’Espagnol pouvait naturellement occuper le côté gauche d’une paire majeure, tandis qu’Arturo Coello offrait une deuxième référence absolue. Derrière, Juanjo Gutiérrez disposait d’une multitude de joueurs capables de compléter l’équipe.
Son absence oblige désormais l’Espagne à choisir.
Faut-il concentrer les meilleurs joueurs dans deux paires très fortes ? Répartir les forces sur trois duos ? Déplacer Juan Lebrón à gauche ? Faire confiance à Javi Leal ou Aimar Goñi pour apporter de la puissance ? Ou ressortir une formule déjà éprouvée : Coello / Coki Nieto ? Car ce dernier scénario n’a rien de théorique.
Lors de la finale mondiale 2024, Coello et Nieto avaient infligé un très lourd 6/1 6/2 à Franco Stupaczuk et Martín Di Nenno lors du premier match. L’Argentine avait ensuite renversé la finale grâce aux victoires de Chingotto–Tapia puis Libaak–Augsburger. Quelques mois avant ce Mondial 2026, le sélectionneur argentin Rodri Ovide avait même désigné Coello–Nieto comme la paire espagnole qu’il aimerait le moins retrouver.
Un souvenir qui pourrait peser lourd au moment de composer les paires.
Option 1 : reconstruire Coello / Nieto, la paire de sécurité
Sur le papier, associer Arturo Coello à Coki Nieto peut sembler presque contre-intuitif. Pourquoi ne pas mettre le numéro 1 mondial avec un joueur plus offensif ? Parce que l’association possède justement une logique très claire.
Coello apporte la capacité de finition, la couverture aérienne et la puissance. Nieto offre une énorme capacité à construire, défendre, prolonger les échanges et éviter de donner des points gratuits.
En sélection nationale, où un seul mauvais match peut faire basculer une finale, cette stabilité vaut extrêmement cher. Surtout, cette association permet de ne pas mobiliser un autre gros joueur de gauche avec Coello.
Le numéro 1 mondial pourrait donc devenir la pièce autour de laquelle Juanjo Gutiérrez sécurise quasiment un premier point, tout en conservant Lebrón, Sanz, Yanguas, Navarro ou Leal pour construire les deux autres rencontres.
Ce n’est pas un hasard si l’Argentine garde un souvenir précis de cette association.
Option 2 : Lebrón revient à gauche
C’est probablement l’autre grande clé tactique de cette Espagne sans Galán.
Juan Lebrón évolue aujourd’hui à droite aux côtés de Leo Augsburger, mais il connaît évidemment parfaitement le côté gauche. Il y a notamment joué lors du Mondial 2024. Relevo évoquait d’ailleurs explicitement cette possibilité après l’annonce du forfait de Galán.
Le remettre à gauche permettrait immédiatement à l’Espagne de retrouver un joueur capable de prendre énormément de terrain et de produire du jeu offensif. Comme cela été le cas lors du premier match avec Sanz.
Cela ouvrirait plusieurs autre possibilités :
Lebrón / Yanguas, avec beaucoup de volume et de créativité.
Lebrón / Nieto, plus équilibré.
Ou même Lebrón / Coello, dans une logique de paire ultra-dominante, même si cette dernière solution concentrerait énormément de ressources sur un seul point.
Le vrai problème est ailleurs. Déplacer Lebrón signifie reconstruire des automatismes dans une compétition où le temps est extrêmement court. Et face à une Argentine capable d’aligner Tapia, Chingotto, Augsburger, Stupaczuk ou Di Nenno, la moindre approximation peut coûter très cher.
Javi Leal, la carte offensive
L’appel de Javi Leal n’est pas anodin. À 23 ans, l’Andalou possède l’un des profils les plus agressifs disponibles dans le réservoir espagnol. Sa puissance et sa capacité à terminer les points peuvent également être intéressantes dans les conditions rapides de Doha.
Son rôle pourrait alors être très spécifique Pas nécessairement devenir immédiatement l’un des piliers de la sélection, mais offrir à Juanjo Gutiérrez une option radicalement différente. Face à une paire argentine très solide défensivement, Leal peut permettre à l’Espagne de chercher beaucoup plus vite la conclusion.
Une paire Leal / Yanguas, par exemple, offrirait une capacité offensive énorme.
Mais avec un risque évident : celui de produire également davantage de déchet dans une rencontre où chaque série de trois ou quatre points peut avoir des conséquences importantes.
Jon Sanz, l’autre joueur qui peut rebattre les cartes
Jon Sanz constitue peut-être la pièce la plus difficile à lire du puzzle espagnol.
Son explosivité, son activité permanente et sa capacité à changer le rythme peuvent en faire un joueur particulièrement précieux dans une compétition par équipes.
Et le Mondial possède une particularité supplémentaire : plusieurs joueurs connaissent parfaitement leurs adversaires.
Sanz évolue actuellement avec Franco Stupaczuk. Lebrón joue avec Leo Augsburger. Coello partage toute sa saison avec Agustín Tapia. Paquito Navarro joue avec Martín Di Nenno.
Autrement dit, si Espagne et Argentine se retrouvent, une grande partie des joueurs connaîtront presque intimement le jeu du joueur placé de l’autre côté du filet.
Le choix des paires deviendra alors également une partie d’échecs.
L’Argentine possède peut-être aujourd’hui davantage de solutions naturelles
C’est là que le forfait de Galán peut réellement peser.
L’Argentine arrive à Doha avec Agustín Tapia, Federico Chingotto, Leo Augsburger, Franco Stupaczuk, Martín Di Nenno, Tino Libaak, Gonza Alfonso et Maxi Arce. Les possibilités sont immenses.
Tapia et Chingotto peuvent évidemment être réunis. Libaak et Augsburger ont déjà offert à l’Argentine le point décisif du titre mondial 2024. Stupaczuk et Di Nenno possèdent des années d’automatismes communs. Et Libaak–Alfonso arrivent également avec une dynamique particulièrement intéressante après plusieurs résultats importants sur le circuit.
Rodri Ovide et Gaby Reca peuvent donc recomposer leurs duos tout en conservant plusieurs associations déjà connues. L’Espagne, elle, doit désormais inventer davantage.
Le vrai casse-tête : ne pas gaspiller Coello
C’est sans doute la décision centrale. Arturo Coello est numéro 1 mondial avec Agustín Tapia et reste l’arme principale de la sélection espagnole. Mais en compétition par équipes, avoir le meilleur joueur ne garantit rien. L’Espagne en a déjà fait l’expérience par le passé.
Elle avait remporté le premier match avec Coello / Nieto, avant de perdre les deux suivants.
Juanjo Gutiérrez doit donc résoudre une équation complexe : comment maximiser l’influence de Coello sans affaiblir excessivement les deux autres paires ?
Une construction du type :
Coello / Nieto
Lebrón / Yanguas
Sanz – Leal / Navarro
aurait par exemple l’avantage de répartir considérablement les forces.
Mais elle laisserait également deux paires relativement nouvelles face à une Argentine capable de présenter plusieurs associations beaucoup plus naturelles. Une autre logique consisterait à créer deux énormes paires et accepter davantage de risque sur le troisième match.
Tout dépendrait alors de l’ordre des rencontres… et des choix argentins.
L’Espagne reste capable de battre l’Argentine, mais elle n’a plus droit à l’erreur
Arturo Coello a lui-même résumé la situation avant le Mondial. Il reconnaissait que Galán constituait une pièce majeure de la sélection tout en rappelant la profondeur exceptionnelle du réservoir espagnol et la qualité de son remplaçant Javi Leal. C’est précisément tout le paradoxe.
Même sans Galán, l’Espagne peut aligner huit joueurs capables d’évoluer au plus haut niveau mondial. Mais une finale contre l’Argentine ne se gagnera pas sur la profondeur d’une liste. Elle se gagnera sur trois associations.
Et après le forfait de Galán, le principal adversaire de Juanjo Gutiérrez pourrait presque être le nombre de possibilités dont il dispose.
Coello / Nieto pour sécuriser un point ? Lebrón repositionné à gauche ? Leal lancé pour dynamiter une rencontre ? Sanz utilisé comme accélérateur ? Yanguas pour équilibrer une paire ?
L’Espagne possède encore largement les armes pour reprendre le titre mondial.
Mais contrairement à ce qui était prévu avec Galán, elle doit désormais trouver la bonne combinaison avant que l’Argentine ne trouve la faille.
J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.






































































































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