Mike Yanguas sera bien présent au Milano Premier Padel P1, mais sans Coki Nieto. Toujours gêné physiquement après avoir déjà renoncé au P2 de Düsseldorf, le Madrilène enchaîne un deuxième forfait. Yanguas a choisi de poursuivre la tournée avec Pablo Lijó, 46e joueur mondial, dans le cadre du dispositif de Lucky Loser Individual.

Cette association est provisoire, mais elle oblige Yanguas à modifier rapidement ses repères. Avec Nieto, il évolue dans une paire fondée sur la mobilité, le volume défensif et une forte capacité à reprendre le filet. Avec Lijó, joueur de gauche plus puissant et plus direct, son rôle pourrait se rapprocher d’un travail de construction. Encore faudra-t-il observer leur premier match pour savoir comment les deux hommes organiseront réellement leurs échanges.

Une association construite dans l’urgence

Yanguas et Nieto figuraient initialement dans la liste des inscrits à Milan. Le forfait de Coki, déjà absent à Düsseldorf, a contraint son partenaire à chercher rapidement une solution afin de ne pas rester deux semaines sans compétition.

Le choix de Pablo Lijó n’était pas le plus évident au regard du classement. Le Galicien reste toutefois un joueur expérimenté, habitué au côté gauche et capable de produire de la puissance au-dessus de la tête. Cette répartition devrait permettre à Yanguas de conserver son côté droit habituel.

Avec Nieto, un équilibre déjà construit

Le retour de Yanguas aux côtés de Nieto avait immédiatement produit des résultats. Dès Madrid, la paire avait éliminé Arturo Coello et Agustín Tapia avant d’atteindre la finale.

Leur complémentarité repose moins sur une répartition traditionnelle entre un joueur qui construit et un autre qui termine que sur leur capacité commune à couvrir beaucoup de terrain. Nieto peut défendre, prolonger l’échange et intervenir au centre depuis le côté gauche. Yanguas utilise son envergure à droite pour fermer les espaces, avancer après le lob et accompagner les transitions vers le filet.

Cette organisation demande des automatismes. Chaque joueur doit savoir quand resserrer sa position, qui prend la balle au centre et lequel des deux doit avancer le premier. Yanguas et Nieto bénéficient d’une saison 2025 complète en commun, puis de plusieurs tournois disputés ensemble depuis leur réunion.

À Milan, Yanguas ne retrouvera pas immédiatement cette coordination. Son premier défi sera donc moins individuel que collectif : construire en quelques entraînements des règles suffisamment claires pour éviter les hésitations.

Yanguas pourrait devoir davantage organiser

Aux côtés de Lijó, Yanguas devrait conserver le côté droit, mais son rôle ne sera pas nécessairement identique à celui qu’il occupe avec Nieto.

Lijó possède un profil plus orienté vers la finition. Sa présence à gauche peut permettre à Yanguas de se concentrer davantage sur la préparation : maintenir la diagonale, utiliser le lob pour gagner du terrain et fournir à son partenaire des balles aériennes jouées depuis une position favorable. On connait l’efficacité de la vibora de Yanguas.

La question sera donc celle de l’équilibre. Si Yanguas se limite à distribuer le jeu, l’association risque de devenir prévisible. S’il cherche à prendre trop de responsabilités au centre, les deux joueurs pourraient se retrouver dans les mêmes zones. Leur efficacité dépendra de leur capacité à alterner les initiatives plutôt qu’à définir une séparation trop rigide.

Qui prendra le centre ?

C’est probablement le premier élément à observer.

Avec Nieto, les déplacements sont coordonnés par l’expérience commune. Le joueur de gauche peut venir fermer le centre, tandis que Yanguas conserve une grande activité depuis la droite. Avec Lijó, cette répartition devra être reconstruite.

Lorsque la balle arrivera entre les deux joueurs, Yanguas devra déterminer s’il laisse son partenaire utiliser son coup droit ou s’il intervient avec sa volée de revers. La réponse pourra varier selon leur position : Lijó devrait logiquement disposer de davantage de priorité lorsqu’ils sont installés au filet, tandis que Yanguas pourrait conserver plus d’initiative dans les phases défensives et les transitions.

L’organisation du centre donnera donc une première indication sur la préparation réelle de cette paire improvisée.

Un tournoi sans automatisme, mais pas sans ambition

Cette association ne doit pas être présentée comme un nouveau projet. Coki Nieto reste le partenaire habituel de Yanguas, tandis que Lijó doit prochainement commencer une nouvelle étape avec Tolito Aguirre.

Milan constitue plutôt un exercice d’adaptation. Pour Yanguas, l’objectif sera de conserver son niveau de performance sans les repères développés avec Nieto. Pour Lijó, il s’agira d’intégrer rapidement une paire mieux classée et de transformer en résultats les situations créées par son partenaire.

Le premier match permettra de répondre à plusieurs questions : Yanguas conserve-t-il un rôle équilibré entre construction et finition ? Lijó prend-il naturellement le centre ? Leur communication suffit-elle à compenser le manque d’automatismes ? Et surtout, Yanguas peut-il transposer son jeu sans chercher à reproduire exactement le fonctionnement de sa paire avec Nieto ?

À Milan, son adaptation sera presque aussi importante que son résultat. Pour avancer avec un partenaire provisoire, Yanguas ne devra pas remplacer Coki Nieto dans le système. Il devra en construire un autre.

Antoine Tricolet

J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.