Ariana Sánchez et Andrea Ustero ont décroché leur place en finale du Germany Premier Padel P2 après une bataille de 2h56 face aux numéros 1 mondiales, Gemma Triay et Delfi Brea (7/5 3/6 7/5). En conférence de presse, les deux Espagnoles sont revenues sur cette victoire, leur complémentarité, leur dynamique actuelle et la concurrence de plus en plus serrée au sommet du padel féminin.

Entre la fraîcheur apportée par Andrea Ustero, le plaisir retrouvé d’Ariana Sánchez et une nouvelle finale face à Martina Calvo / Claudia Fernández, les deux joueuses affichent leur confiance, sans oublier la difficulté des rencontres qui les attendent.

Ustero : « Nous avons la capacité de produire notre meilleur padel ensemble »

Question : Vous allez retrouver Martina Calvo et Claudia Fernández en finale. Comment abordez-vous cette nouvelle confrontation après votre précédente rencontre à Paris ?

Andrea Ustero :

« Ce sont des adversaires difficiles. Nous l’avons déjà vu à Paris. Même si nous avions réalisé un match très complet, je pense que ce résultat ne se reproduira pas souvent, parce qu’elles jouent à un très haut niveau. C’est une excellente paire et elles le démontrent déjà. »

« Ari et moi sommes dans une bonne dynamique avec toute l’équipe. Nous nous complétons très bien et, lorsque nous jouons toutes les deux à notre niveau, nous avons la capacité de produire notre meilleur padel ensemble. »

« Nous allons préparer le match et entrer sur la piste avec la même envie qu’à Paris, et que lors de toutes nos rencontres. »

Deux demi-finales interminables : « Nous nous entraînons pour ça »

Question : Votre demi-finale a été particulièrement longue, mais vos futures adversaires ont également disputé une rencontre de plus de trois heures. Est-ce un élément important avant la finale ?

Andrea Ustero :

« Elles ont également disputé un match très difficile. Mais je pense que nous, les joueuses, avons la capacité de disputer ce type de rencontres. Nous nous entraînons pour cela. C’est notre métier. »

« Nous savons que beaucoup de matchs vont durer plus de deux heures, parfois deux heures et demie. Mais nous nous jetons sur chaque balle, même lorsque nous sommes très fatiguées. »

D’un côté, Calvo / Fernández ont eu besoin de 3h07 pour éliminer Bea González et Paula Josemaría. De l’autre, Sánchez / Ustero ont dû batailler pendant 2h56 pour venir à bout de Triay et Brea.

Les quatre finalistes devront donc rapidement récupérer avant de se retrouver sur la piste.

Le geste de Bea González : « C’est ce qui est beau dans le padel »

Question : Lors de l’autre demi-finale, Bea González a volontairement rendu un point après une décision arbitrale contestée. Un épisode qui rappelle un geste similaire survenu à Rotterdam. Quel regard portez-vous sur ces situations ?

Andrea Ustero :

« Ce genre de situation arrive souvent. Au final, cela ne dépend pas de nous, mais de l’arbitre. Heureusement, nous jouons contre des adversaires qui, même lorsque l’arbitre n’est pas d’accord, acceptent de rendre le point. »

« Nous parvenons à nous mettre d’accord entre joueuses. C’est ce qui est beau dans le padel. Il y a de la rivalité, mais il existe toujours ce respect entre nous toutes. Et c’est très beau. »

Sánchez : « Andrea m’apporte énormément de fraîcheur et de jeunesse »

Question : Vous avez remporté deux titres consécutifs et vous disputez une nouvelle finale. Qu’est-ce qu’Andrea Ustero vous apporte pour vous permettre de prendre autant de plaisir et de jouer à ce niveau ?

Ariana Sánchez :

« D’abord, c’est une joueuse très jeune, très joyeuse. Cette fraîcheur, cette jeunesse, aussi bien sur la piste qu’en dehors, m’apportent énormément. »

L’ancienne numéro 1 mondiale insiste également sur leur complémentarité sportive.

« Nous nous sommes très bien trouvées. Nos styles de jeu sont différents, mais ils fonctionnent très bien ensemble. »

« Cela fait maintenant plusieurs mois que nous progressons. Nous enchaînons beaucoup mieux les séquences et nous savons très bien où l’autre va jouer. C’est extrêmement important. »

« Nous faisons un excellent travail avec toute l’équipe, et cela nous permet de jouer à un très haut niveau. »

Ariana Sánchez : « Je prends énormément de plaisir »

« Comme je l’ai déjà dit, et comme cela se voit, je prends énormément de plaisir. En plus, nous vivons actuellement une très belle période avec de bons résultats. »

« Comme je le dis toujours à Andrea, il faut savoir apprécier ces moments, en profiter et continuer à se battre comme nous l’avons fait aujourd’hui. »

« Gagner des matchs comme celui-ci, c’est important. Cela apporte beaucoup mentalement. »

« Nous sommes heureuses, un peu fatiguées, mais maintenant il faut se reposer et penser à demain. »

Triay / Brea contre Sánchez / Ustero : le nouveau classique du padel féminin ?

Question : Vous avez multiplié les confrontations face à Gemma Triay et Delfi Brea cette saison. Peut-on considérer cette affiche comme le nouveau classique du circuit féminin ?

Ariana Sánchez :

« Non, je ne pense pas. Nous avons aussi joué énormément de fois contre Bea et Paula. Quand on est tête de série numéro 3, on retrouve forcément la paire numéro 1 ou numéro 2 en demi-finale. »

« Ce sont des matchs très difficiles, très équilibrés, qui se décident souvent sur des détails, comme aujourd’hui. »

« Les quatre meilleures paires sont aujourd’hui à un niveau très proche »

Pour Ariana Sánchez, le circuit féminin traverse une période particulièrement compétitive.

« Les quatre meilleures paires sont actuellement à un niveau très proche. Je pense que cela apporte quelque chose de différent au padel féminin, parce qu’on ne sait jamais qui va atteindre la finale. »

« C’est très beau pour les spectateurs. Pour nous, c’est beaucoup plus difficile, parce qu’aujourd’hui, les deux demi-finales ont été extrêmement disputées. »

« Nous sommes heureuses d’avoir remporté ce match parce que Gemma et Delfi sont les numéros 1 mondiales. C’est une paire très difficile à battre. Les battre deux semaines de suite, ce n’est pas simple. »

Une finale entre deux paires en pleine confiance

La finale du Germany Premier Padel P2 opposera donc Ariana Sánchez / Andrea Ustero à Martina Calvo / Claudia Fernández.

Deux associations qui arrivent avec de solides arguments, mais également avec une fatigue importante après leurs demi-finales respectives.

Une chose est certaine : comme l’a rappelé Ariana Sánchez, le padel féminin est devenu particulièrement imprévisible au sommet, et cette nouvelle finale pourrait bien en apporter une démonstration supplémentaire.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.