Ruben Castilla est le vice-champion d’Espagne de handipadel. Le joueur madrilène nous parle des spécificités de son sport et des perspectives d’un développement mondial. Retrouvez l’interview complète sur Instagram.
Le Maestro du handipadel
Lorenzo Lecci Lopez : Pour ceux qui ne te connaissent pas, dis nous un peu qui tu es ?
Ruben Castilla :“J’ai 49 ans, je travaille pour une banque. Je suis marié et j’ai une fille de 10 ans.”
Lorenzo Lecci Lopez : Tu es l’une des références du handipadel, quelle a été ta trajectoire dans le padel ?
Ruben Castilla :“Je suis actuellement le champion de Madrid. De 2014 à 2016, j’ai été le n°1 espagnol. Cette année nous avons aussi gagné le tournoi des communautés autonomes qui s’est célébré à Murcia. J’ai aussi remporté deux tournois para-inclusifs à Madrid en 2019.”
Lorenzo Lecci Lopez : Quels sont tes objectifs actuellement ?
Ruben Castilla :“Mon objectif est toujours d’être dans les meilleures paires du circuit qui compte 14 épreuves, et un championnat d’Espagne.”
Lorenzo Lecci Lopez : Quelle est la situation actuelle du handipadel en Espagne et dans le monde ?
Ruben Castilla :“Le handipadel a vraiment beaucoup grandit. Depuis 2009, nous avons une association qui aide les personnes qui ont souffert d’un accident à venir à notre école à Getafe (Madrid), au Sport Padel Indoor. Nous sommes une trentaine de joueurs. Nous leur fournissons un fauteuil dans la mesure du possible pour qu’ils puissent essayer, car ces fauteuils sont très chers. Nous avons près de 200 licences au niveau national. Nous sommes le troisième sport.”
“Sur le plan international, j’ai été contacté par un italien qui me demandait comment il pourrait s’entrainer avec nous. À travers l’association, nous faisons beaucoup d’évènements. Cette année, nous aurons plus de moyens pour faire connaître notre sport. En France, il y a aussi plusieurs joueurs.”
Lorenzo Lecci Lopez : Vois-tu la possibilité d’être aux jeux Paralympiques de Brisbane en 2032 ?
Ruben Castilla :“C’est notre rêve. Je pense que lorsque le padel sera olympique, le handipadel sera paralympique. Nous serons peut être trop vieux pour jouer, mais nous avons des jeunes qui suivent. C’est une expérience à vivre.”

Le padel inclusif
Lorenzo Lecci Lopez : Ça fait longtemps que l’on te connait chez Padel Magazine avec notamment l’époque des exhibition pour le World Padel Tour. Regrettes-tu cette époque où tu pouvais montrer ton sport au public ?
Ruben Castilla :“Oui, cela nous manque vraiment de ne pas pouvoir faire les exhibitions au WPT. C’est pour nous le meilleur moyen de montrer notre sport. J’appelle à ce que cela puisse se faire de nouveau. Cela peut arriver à tout le monde d’avoir un accident et de se retrouver avec un handicap qui empêche de faire du sport comme avant. La société doit voir que des gens ont un handicap mais jouent tout de même au padel, et que c’est possible. C’est un règlement différent, deux rebonds, et pas grand chose d’autre.”
Lorenzo Lecci Lopez : Franck Binisti me disait qu’il avait joué un match avec toi, et qu’au padel il était possible de faire un bon match avec une personne debout et une personne en fauteuil.
Ruben Castilla :“C’est une modalité que l’on appelle inclusive. Une personne debout joue avec une personne en fauteuil. De cette manière, la personne qui est debout vit de très près ce qu’est le handipadel avec la différence qu’elle n’a le droit qu’à un rebond, et le joueur en fauteuil à deux rebonds. Il y a des avantages et des inconvénients. Sur les amorties, il est possible que le joueur debout n’atteigne pas la balle mais que le joueur en fauteuil puisse. C’est très drôle et attractif.”
Lorenzo Lecci Lopez : Tu joues avec du matériel Starvie. Quel type de raquette utilisent les joueurs de handipadel ?
Ruben Castilla :“Cela fait 4 ans que je suis avec Starvie. J’aime les raquettes rondes, les palas de contrôle. Du fait de la hauteur à laquelle nous sommes, nous n’utilisons pas vraiment de raquettes en forme de diamant. Personnellement j’aime placer les balles. La raquette de contrôle est plutôt utilisée dans le handipadel.”

“Ton cerveau n’est pas prêt à bouger tes jambes avec tes bras”
Lorenzo Lecci Lopez : Quelles sont les spécificités tactiques du handipadel ?
Ruben Castilla :“Il y a des différences sur les zones d’attaque et de défense. Les joueurs de handipadel ne montent pas souvent au filet car il n’y a pas de mobilité latérale. La zone d’attaque est un peu au dessus de la ligne de service. Aussi, sur les amorties, le fauteuil ne peut pas toucher le filet et c’est très dur de freiner avec la force des bras. Il faut être habile.”
Lorenzo Lecci Lopez : Au handipadel, on ne frappe pas autant qu’au padel. Les points sont-ils plus longs ?
Ruben Castilla :“Oui. Il y a des points longs. Plus longs que ce que l’on voit actuellement chez les hommes sur le WPT, mais pas aussi longs que chez les dames. Les points sont souvent longs, car on ne peut pas frapper par 3.”
Lorenzo Lecci Lopez : Quelles ont été les difficultés psychologiques que tu as dû affronter pour atteindre ton niveau de jeu ?
Ruben Castilla :“Nous avons tous des histoires bien différentes. Dans mon cas, j’ai dû m’adapter au fauteuil pour pratiquer le sport que je faisais depuis tout petit. Ton cerveau n’est pas prêt à bouger tes jambes avec tes bras. Tout est une question entrainement.”
Lorenzo Lecci Lopez : Dans la vie de tous les jours, tu n’utilises pas le fauteuil. Cela a dû être une difficulté en plus pour t’adapter.
Ruben Castilla :“C’est vrai. J’ai une béquille pour marcher. Cela a été très dur de s’assoir sur la chaise et se déplacer. C’est un long travail. Le cerveau a du mal à assimiler ce déplacement. Dans mon quotidien je n’utilise pas le fauteuil, donc c’est d’un certain coté un désavantage, mais j’ai de la chance de ne pas avoir à l’utiliser tous les jours.”

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Il est le monsieur international de Padel Magazine. Vous le verrez souvent sur les différentes compétitions internationales, mais aussi sur les grands évènements français. @eyeofpadel sur Instagram pour voir ses meilleures photos de padel !























































































FIP Tour : Courrin / Seux passent le premier tour, Merah et Marcarie / Senjean toujours en lice
Les clubs de padel à Strasbourg : où jouer dans la capitale alsacienne ?
Marta Ortega encense Martina Calvo : « Elle a tout pour devenir numéro 1 »
Aranza Osoro forfait pour le P2 de Cancún avec un retour espéré pour Miami
“Tapia, Galán ou Chingotto en interclubs ? Pourquoi pas !” rêve Jean-Thomas Peyrou
Jorge Martínez : « Battre Coello et Tapia demande presque un match parfait »
Paquito Navarro : « Jouer avec Coello, c’est comme jouer au football avec Messi »
“Une semaine très difficile” : Delfi Brea révèle avoir été malade avant son titre au Gijón P2
Les Assises du padel arrivent à Paris : les inscriptions encore ouvertes pour l’édition 2026
Le Bullpadel Show 06 de retour à Juan-les-Pins les 19 et 20 juin 2026
À Paris, les Assises du padel réunissent clubs, entreprises et partenaires du secteur
Classement FIP : Guichard aux portes du top 100 mondial, les Français continuent leur progression
Delfi Brea franchit la barre des 25 titres sur le circuit professionnel
Sanyo Gutiérrez vers une nouvelle association avec Víctor Ruiz
STAR : le padel réinventé entre sport, élégance et networking
La Colombie, nouveau moteur du padel latino-américain
L’Espagne s’invite à La Bandeja avec deux stages intensifs de padel
Espagne – France : deux modèles qui façonnent le padel européen
AECP et Padel Sport Academy signent un protocole d’amitié et d’assistance mutuelle
Être grand au padel : un avantage au service avec la règle FIP ?
Comprendre les effets pour mieux jouer au padel
Air padel : pourquoi les pros répètent “dans le vide” (et comment l’utiliser sans tomber dans le gadget)
La vibora décomposée : transfert, plan de frappe et sensations
Et Ducati créa la pala la plus rapide du monde !
Augsburger, le smash comme signature : entre génie et précipitation
L’analyse tactique de Mario Cordero sur un match de Léo – Meilleur sportif
Joueurs de droite : le choc des approches générationnelles
Quand le padel se synchronise : pourquoi on tombe parfois dans le rythme de l’adversaire
Le padel en simple est-il autorisé en compétition officielle ?
Les règles litigieuses au padel : ce que dit vraiment le règlement
Service au padel : à quelle hauteur exacte faut-il frapper la balle selon la FIP ?
Yanguas : d’immenses qualités au service d’un mental encore fragile
Ale Galán : une main meutrie mais qui ne l’arrête pas !
Prévenir les blessures au padel : les méthodes qui permettent de jouer plus longtemps
Échauffement, étirements, récupération : les clés pour durer
Le padel des enfants : une culture installée en Espagne, un modèle inspirant pour la France