Révélation du circuit en 2025, Pol Hernández s’est confié à Marca lors de l’Hexagon Cup de Madrid. Le Catalan, désormais installé autour de la 40e place mondiale, revient sur son évolution, la transformation du jeu moderne et les réalités du très haut niveau.

Encore discret il y a peu, Pol Hernández s’impose progressivement comme l’un des joueurs de droite les plus prometteurs du circuit. Une ascension construite sans explosion brutale, mais à travers une progression continue, marquée par des choix forts et une adaptation permanente aux exigences du padel professionnel.

Une nouvelle génération qui pousse fort

Pour Hernández, la montée en puissance des jeunes joueurs n’est plus une tendance, mais une réalité structurelle.

“Six ou sept joueurs de la Next Gen à l’Hexagon Cup étaient déjà dans le top 50”, rappelle-t-il. Une évolution qui contribue directement, selon lui, à la transformation actuelle du jeu.

Parmi les profils qui l’impressionnent le plus, il cite notamment Manu Castaño, qu’il considère comme l’un des joueurs au plus fort potentiel de progression, ainsi qu’Aimar Goñi, dont l’impact récent sur Premier Padel ne passe pas inaperçu.

L’école M3 : intensité et exigence quotidienne

Installé à Madrid depuis quatre saisons, Hernández évoque longuement son environnement d’entraînement à la M3 Academy. Il décrit un cadre ultra compétitif, marqué par la présence régulière de joueurs comme Alejandro Galán ou Fede Chingotto. Des séances où le rythme ne laisse aucun répit.

“Ils te poussent constamment à donner le maximum”, confie-t-il. Hernández souligne notamment l’exigence de Chingotto, capable de maintenir une pression permanente à l’entraînement.

Cette immersion progressive dans le très haut niveau lui a permis, selon ses mots, d’adapter son jeu au tempo du circuit professionnel. Un apprentissage accéléré également nourri par les conseils de ses partenaires d’entraînement, malgré la rivalité en compétition.

Chingotto, référence technique et mentale

Hernández reconnaît une admiration particulière pour Fede Chingotto.

Souvent jugé moins spectaculaire, l’Argentin incarne à ses yeux une compréhension du jeu exceptionnelle. “Ce qu’il produit en termes de padel pur est remarquable”, explique le Catalan, insistant sur la lecture tactique et la gestion des échanges.

Une source d’inspiration logique pour Hernández, qui partage un profil similaire.

“Le padel moderne demande davantage d’agressivité”

Interrogé sur son évolution offensive, Hernández dresse un constat lucide sur la mutation du jeu.

“Le padel moderne cherche des joueurs capables de frapper de partout et de générer des winners”, analyse-t-il. Une évolution qui l’a poussé à développer davantage sa capacité de finition.

Il assume aujourd’hui cette prise de risque mesurée, visant à renforcer son impact dans les phases offensives.

Le choc du passage chez les professionnels

Hernández insiste sur la rupture nette entre le circuit junior et le monde professionnel.

“Les titres en catégories jeunes ne garantissent rien”, rappelle-t-il. Le Catalan évoque un univers totalement différent, où seul le niveau présent compte réellement.

Son départ précoce vers Madrid apparaît rétrospectivement comme un tournant majeur. Un changement de cadre qu’il ne perçoit pas comme une pression, malgré une période plus complexe lors de la transition entre circuits.

La réalité économique du circuit FIP

L’un des passages les plus marquants de l’entretien concerne la dimension financière.

Aux côtés de Rama Valenzuela, Hernández a multiplié les déplacements sur le circuit FIP dans une logique d’investissement à long terme. Une stratégie assumée malgré un constat sans détour :

“Même en gagnant des matchs, nous continuions à perdre de l’argent.”

Une situation qu’il décrit comme fréquente dans cette zone intermédiaire entre qualifications et tableau principal. Malgré plusieurs titres et progressions au ranking, la rentabilité restait limitée.

L’effet Collado et le déclic de Milan

L’association avec Guillermo Collado marque ensuite une étape clé. Après des débuts hésitants, la paire enchaîne plusieurs huitièmes de finale consécutifs, une performance notable sans statut de tête de série.

Hernández parle d’un moment fondateur : leur victoire à Milan face à une paire majeure du circuit : Nieto / Yanguas. “Ce match nous a fait comprendre que nous pouvions battre n’importe qui”, explique-t-il.

Une confiance nouvelle, même si Hernández souligne la difficulté particulière d’affronter les toutes premières paires mondiales, capables d’imposer immédiatement un niveau d’intensité maximal.

Objectifs clairs et ambition mesurée

Pour 2026, Hernández fixe une feuille de route pragmatique : Intégrer durablement les 16 meilleures paires mondiales, puis viser des quarts de finale, un cap encore jamais franchi dans sa carrière.

À titre personnel, il évoque un objectif fort mais réaliste : disputer un Master Final, qu’il considère comme un véritable marqueur d’installation dans l’élite.

Un travail mental au cœur du projet

Hernández insiste enfin sur l’importance du travail psychologique.

Accompagné depuis plusieurs années par Eli Amatriaín, il considère la dimension mentale comme un levier de progression essentiel au plus haut niveau. Une approche nourrie, selon lui, par l’expérience directe d’Amatriaín en tant qu’ancienne joueuse.

Lucide, structuré et parfaitement conscient des exigences du circuit, Pol Hernández incarne cette nouvelle génération qui progresse sans brûler les étapes. Son analyse du jeu moderne, sa lecture des réalités économiques et son ambition dessinent le profil d’un joueur déjà ancré dans les codes du très haut niveau.

Et au vu de sa trajectoire récente, les quarts de finale évoqués ne semblent plus relever de la simple projection. Ce n’est qu’une question de temps.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 au Domaine De Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet son antoushiasme et sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !