À 37 ans, Paquito Navarro reste l’un des joueurs les plus emblématiques du circuit Premier Padel. Dans une interview accordée à Diario Sport, il revient sur sa longévité, le niveau actuel du circuit et ses ambitions pour la suite de sa carrière.
Un vétéran toujours compétitif
À l’occasion du premier tournoi de la saison à Riyadh, Navarro a fêté ses 37 ans… en atteignant les demi-finales. Une preuve que l’ancien numéro 1 mondial reste capable de jouer les premiers rôles.
Aujourd’hui, il est le joueur le plus âgé du top 20 mondial, une situation qu’il assume avec philosophie.
« Je le vis bien parce que mes collègues sont respectueux. Sur la piste on ne se fait aucun cadeau, mais en dehors on sait qu’on a tous les mêmes problèmes. »
Toujours aussi proche du vestiaire, Navarro garde ses habitudes, même si les générations évoluent.
« Je continue de jouer au mus avec eux, c’est un passe-temps de vieux. Les plus jeunes préfèrent les machines. »
Coello et Tapia, une référence du circuit
Navarro observe aussi de près la domination de Tapia et Coello, la paire numéro 1 mondiale. Il souligne leur fair-play sur le terrain :
« Quand il y a un doute sur une balle, Coello et Tapia en donnent toujours deux de plus. Cela en dit beaucoup sur eux. Ce sont les numéros un de notre sport et de vrais gentlemen. »
Mais il distingue clairement les rôles au sein du duo.
« Je pense que le meilleur joueur aujourd’hui est Tapia, mais Arturo est le plus déterminant. »
L’Espagnol n’hésite pas non plus à comparer son compatriote à l’un des plus grands noms du sport.
« Jouer avec Coello, c’est comme tricher… c’est comme jouer au football avec Messi. »
Une carrière encore pleine d’ambitions
Malgré son statut de vétéran, Paquito Navarro reste animé par la compétition. Son objectif est clair : continuer à rivaliser avec les meilleurs et prolonger son aventure au plus haut niveau.
« Je suis très heureux de pouvoir continuer à rivaliser avec ces jeunes. Je mène une vie très professionnelle. »
Aux côtés de Fran Guerrero, une association qu’il apprécie particulièrement, il espère construire un projet stable.
« Guerrero pourrait presque être mon fils, mais je suis très content avec lui et j’espère qu’on pourra finir l’année ensemble. »
Deux objectifs pour la fin de carrière
Le Sévillan se fixe encore deux grandes ambitions pour la saison.
« Chaque fois que je fais ma valise, je me demande si ce tournoi pourrait être le bon. »
Ses priorités sont claires :
se qualifier pour le Master Final, réservé aux huit meilleures paires de la saison,
disputer le Mondial avec l’Espagne, ce qui serait sa neuvième participation en 18 ans de carrière.
Un regard critique sur l’évolution du circuit
Navarro n’a toutefois pas caché ses inquiétudes concernant l’évolution du calendrier et la pression exercée sur les joueurs.
« On en arrive à s’entretuer pour 100 points. On joue des tournois FIP, pas seulement les Platinum ou les Gold, mais aussi des tournois de troisième niveau. »
Selon lui, cette multiplication des compétitions pourrait devenir problématique, surtout pour les plus jeunes.
« Cela veut dire jouer cinq ou six tournois de plus par an. C’est une usure qui finit par affecter la santé. Moi ça va, il me reste trois ou quatre ans de carrière, mais pour un jeune ça peut être destructeur. »
Une figure toujours incontournable
Après près de deux décennies au sommet, Paquito Navarro continue d’incarner une génération charnière du padel : celle qui a connu les années où peu de joueurs vivaient du sport et qui voit aujourd’hui le circuit atteindre une nouvelle dimension.
Et à 37 ans, le Sévillan n’a pas encore dit son dernier mot.
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !