Les Pays-Bas, un pays en devenir sur le plan du padel. Durant les Championnats d’Europe à Rome, c’est une équipe jeune, dynamique et souriante que nous avons pu rencontrer. Mais derrière tout cela se trouve une personne : Norberto Nessi.
Padel Magazine : “Norberto Nesi bonjour.”
Norberto Nesi : “Bonjour et merci de me recevoir.”
PM : “Quel est votre rôle au sein du padel néerlandais ?”
NN : “Je suis le président, le fondateur de la Fédération Néerlandaise de padel et aujourd’hui entraineur de l’équipe présente sur les Championnats d’Europe.”
PM : “Nous savons que votre pays a présenté une autre équipe à Lisbonne. L’équipe présente à Rome est-elle l’équipe 2 ?”
NN : “L’équipe que nous avons présenté ici à Rome n’est pas une équipe 2 mais une équipe qui a un grand futur dans le padel. Ça a été notre souhait. C’était une occasion rêvée pour présenter une équipe qui découvre les compétitions internationales, qui apprend et qui sera fin prête d’ici 4 ans pour les Championnats du monde.”
PM : “Comment a commencé l’histoire du padel aux Pays-Bas ?”
NN : “Tout a commencé en 2006. Il y avait 2 terrains dans 2 clubs avec des personnes qui ont essayé de développer le padel sans succès. Moi, d’origine argentine, je suis arrivé dans ce pays grâce à ma femme en 2004. J’avais un travail mais je ne me sentais pas à l’aise. Un jour, ma femme me montre un article de presse et me dit : “Regarde, ils ont construit un terrain de padel, ce n’est pas le sport que tu jouais étant jeune en Argentine ? Vas-y. Va voir ce qu’ils proposent”.
J’y suis allé, je me suis présenté et on m’a dit que cela faisait 2 mois que les terrains étaient construits mais que personne ne savait comment animer et organiser l’activité, ce qui créait des tensions. Je me suis proposé de tenter quelque chose. J’ai fait venir mon beau-frère, puis des amis, et on a commencé à leur montrer le sport. Ceux qui ont aimé (tous) en ont parlé à leurs amis, puis aux amis de leurs amis qui voulaient apprendre ce sport.
Il s’est passé la même chose dans l’autre club. Puis une municipalité a voulu construire des terrains. On a mis en place tout le procédé et recommencé les explications. Ensuite un autre club, puis un autre, nous en étions à 5 clubs et c’est là que nous avons commencé à nous poser des questions.
Environ 50 joueurs en tout, il a fallu créer des tournois. Puis un circuit même si nous étions peu, il fallait en parler. 5 tournois avec un master. Celui qui remportait devenait champion.
C’est l’histoire des débuts du padel aux Pays-bas entre 2006 et 2010.
Pendant les cinq années suivantes, le padel a légèrement stagné avec la création d’un club supplémentaire. Nous pensions que l’histoire s’arrêterait là. Puis, une idée : nous allons organiser dans le seul club indoor avec 4 terrains que nous avons, les Championnats d’Europe. C’est là que ça a explosé. Les journalistes se sont intéressés à ce pays avec seulement 6 clubs, adhérent à la FIP, qui s’est lancé dans l’organisation d’un évènement aussi grand.
Nous avons eu la visite de grands médias nationaux, d’investisseurs et évidemment de nouveaux joueurs.
Aujourd’hui nous comptons 150 clubs, plus de 15 000 joueurs réguliers, et nous avons pour projet d’atteindre les 500 clubs d’ici 5 ans.”
PM : “Aujourd’hui on peut dire que c’est un succès avec 2 sélections masculines et féminines ?”
NN : “Pour nous, les sélections nationales n’ont jamais été un objectif. Jamais nous avons souhaité devenir champions d’un tournoi international, peut-être un jour. Pour nous, les sélections nationales sont un instrument parfait pour le développement national du sport. Sortir les joueurs d’un pays pour participer à ce type d’évènement est une opportunité pour les éduquer. Ça reviendrait à leur proposer une semaine dans l’université du padel.
Durant cette semaine, les joueurs apprennent beaucoup du padel, de la technique, de la tactique, ils augmentent leur liste de contacts et repartent avec une envie encore plus grande de jouer et transmettre le padel. Lorsqu’ils reviennent dans leurs clubs respectifs, ils se retrouvent avec un sac rempli de connaissances, de contacts et d’énergie. Tout ceci fait qu’ils le contaminent, et les clubs grandissent.
Je me suis rendu compte de tout cela et c’est pour cette raison que bien que nous soyons un petit pays, nous avons un programme de sélection nationale complet. Hommes, femmes, vétérans, et cette année, les mineurs.”
PM : “Y-a-t-il un programme de formation ?”
NN : “Nous avons un programme de formation des entraineurs. Mais ce qui nous intéresse vraiment aujourd’hui c’est de faire vivre le padel. Les vétérans sont les parents des mineurs, les joueurs des sélections nationales travaillent ou possèdent leur propre club, voire certains ont investi financièrement dans le padel. Cette synergie que nous avons créée, il faut que nous continuions de la faire vivre, avec toujours cette bonne ambiance et cette envie d’aller de l’avant.”
PM : “En parlant de bonne ambiance, c’est vrai que nous avons vu les Néerlandais toujours de bonne humeur, chantants et avec le sourire. A quoi est-ce dû ?”
NN : “Moi je suis argentin, et nous sommes un peuple qui vit avec passion tout ce qu’il entreprend. Aux Pays-Bas c’est différent, ils sont plus froids. Mon travail est d’apporter ce côté hispanique au padel néerlandais, qui, au final, plait aux joueurs de ce pays. Notre but est d’apporter du plaisir, ce n’est pas chose facile lorsque le padel est empaqueté avec les autres sports de raquette.
Je demande aux joueurs lors des évènements internationaux, d’apporter des drapeaux, des enceintes portables et des préparer des chansons. Souvent c’est moi qui lance les hostilités mais au bout de 2 heures ils sont à l’aise et font tout eux-mêmes. Peut-être nous ne serons jamais champions du monde, mais nous serons les premiers en degré de bonne humeur.”
PM : “Sur ces Championnats d’Europe vous repartez avec quels souvenirs ?”
NN : “Pour moi, le plus important est que les joueurs repartent avec un maximum de connaissances. Nous savons que nous n´avons pas “encore” le niveau pour batailler contre la France ou l’Italie. Mais durant ces matchs, nos joueurs peuvent se mesurer à des joueurs contre qui ils n’ont pas l’habitude de jouer. Et ça c’est une victoire.”
PM : “Un mot pour la fin ?”
NN : “Je vous invite tous à connaître le padel ou simplement continuer à y jouer. C’est un grand sport qui apporte du plaisir à chacun et qui mérite de grandir. C’est un style de vie qui rend les gens meilleurs.”
Julien Bondia est professeur de padel à Ténérife (Espagne). Chroniqueur et conseiller, il vous aide à mieux jouer par l’intermédiaire de ses tutoriels et articles tactiques/techniques padel.
























































































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