Sur le circuit professionnel, certains avancent masqués. D’autres préfèrent ne jamais se cacher. Leo Augsburger fait clairement partie de cette seconde catégorie. Un joueur qui assume tout : son jeu, son discours, ses prises de position. Quitte à s’exposer.

Dans une analyse diffusée sur VeinteDiez, Sebastián Nerone décrypte ce qu’il appelle le profil haut du jeune Argentin. Une posture rare, mais très marquée.

« Mon jeu est comme ça »

« C’est un gamin qui va au front. Peu importe ce que tu dis ou ce que tu ne dis pas.
Lui, il te dit : “Mon jeu est comme ça, et c’est en ça que je crois.” »

Pour Nerone, tout est là. Augsburger ne négocie pas son identité. Même après un coup dur, il ne change rien :
« Même si tu lui arraches presque les dents avec une balle, sur le point suivant il ira quand même faire le smash à nouveau. »

Une façon de jouer et de penser sans recul, totalement assumée.

Un discours qui expose volontairement

Augsburger ne se contente pas de jouer fort. Il parle fort aussi.
« Il a un profil haut, il le cultive, et ça ne l’intéresse pas de faire autrement. »

Là où d’autres resteraient prudents, lui affiche sa confiance sans détour :
« D’autres profils n’auraient jamais gonflé le torse pour dire : “Je suis le troisième meilleur joueur de gauche”. »

Un positionnement qui divise, mais que Nerone juge cohérent. Car s’exposer, c’est accepter les conséquences :
« Quand tu t’exposes, tu sais que si ça se passe mal, tu vas en prendre plein la figure. Et si ça se passe bien, on va t’encenser… mais aussi te dire : “Comment ça, troisième ? Tu peux être premier. Pourquoi tu restes si court ?” »

Une cible assumée pour les adversaires

Autre effet direct de ce discours : il devient un carburant pour les rivaux.
« Celui qui t’écoute, c’est ton adversaire du circuit. Et il va te dire : “Viens, viens… toi t’es le trois ? Montre-le-moi.” »

Un contexte que beaucoup chercheraient à éviter. Pas Augsburger.
« Mais lui, il meurt avec les siennes. »

Gagner et perdre sans se renier

C’est sans doute le point le plus fort de l’analyse de Nerone :
« Quand il gagne, il gagne avec ses idées. Et quand il perd, il perd avec ses idées aussi. »

Aucune dissonance entre le jeu, les paroles et l’attitude. Dans un padel de plus en plus formaté, ce profil haut tranche nettement.

Un pari risqué, mais pleinement assumé

Ce choix n’est pas sans danger. Il amplifie les critiques, accentue les défaites et met une pression constante. Mais il peut aussi accélérer une trajectoire et forger une identité forte.

Leo Augsburger a choisi d’avancer à visage découvert.
Reste à savoir jusqu’où ce parti pris le mènera.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !