Appelé à la dernière minute pour remplacer Ale Galán, blessé, Javi Leal dispute finalement les Championnats du monde de padel 2026 avec l’Espagne. Un retournement de situation inattendu pour le joueur andalou de 23 ans, initialement écarté de la sélection. Dans une interview accordée au quotidien espagnol MARCA, le 17e joueur mondial est revenu sur les circonstances de sa convocation, la polémique autour de ses échanges avec le sélectionneur Juanjo Gutiérrez, mais surtout sur l’ambiance au sein de l’équipe espagnole. Et un joueur semble particulièrement l’impressionner : Juan Lebrón.

D’une non-sélection à un appel inattendu

Il y a encore quelques jours, Javi Leal ne devait pas participer aux Championnats du monde.

Le joueur du Puerto de Santa María ne figurait pas dans la liste initiale du sélectionneur espagnol Juanjo Gutiérrez.

Mais le forfait d’Ale Galán, blessé, a complètement changé la situation.

Leal raconte avoir appris la nouvelle de manière assez inattendue :

« Je dormais. Quand je me suis réveillé, j’avais deux ou trois appels manqués de Juanjo. Il m’a dit que j’allais rejoindre la sélection parce qu’Ale ne pouvait pas venir. »

Une convocation forcément particulière pour le joueur espagnol, qui entretient de bonnes relations avec Galán.

« J’apprécie beaucoup Ale. Quand je suis arrivé à Madrid, il m’a énormément aidé. Ce n’est jamais agréable qu’un coéquipier se blesse. Mais dans cette mauvaise nouvelle, il y avait aussi l’opportunité de représenter mon pays. »

Une occasion que Leal n’a évidemment pas laissé passer, avec l’ambition de contribuer à la reconquête du titre mondial par l’Espagne.

La polémique avec Juanjo Gutiérrez ? « Tout était une blague »

Avant sa convocation, Javi Leal avait fait parler de lui après un geste du téléphone adressé à la caméra, interprété par certains comme un message au sélectionneur espagnol.

Des enregistrements audio de Juanjo Gutiérrez avaient également circulé sur les réseaux sociaux, alimentant les spéculations autour de leurs relations.

Mais Leal tient à clarifier la situation.

« Je m’entends très bien avec Juanjo. Tout ce qu’on a fait, c’était pour plaisanter. Certaines personnes ne l’ont pas interprété comme ça. »

Le joueur insiste sur le fait qu’il n’existe aucun conflit avec son sélectionneur.

« Ici, au Mondial, on passe beaucoup de temps ensemble et on continue de plaisanter. Je le vois à chaque tournoi, on se salue, on est déjà allés manger ensemble. Il n’y a aucun problème. »

Il précise également que son geste n’était dirigé ni contre Juanjo Gutiérrez, ni contre Aimar Goñi, également sélectionné.

« Aimar m’a même écrit lorsqu’il a appris que j’allais rejoindre l’équipe. »

De quoi mettre fin, selon lui, aux interprétations qui ont circulé ces derniers jours.

« Lebrón est à 100 % le leader de cette équipe »

Mais le passage le plus intéressant de l’entretien concerne Juan Lebrón.

Interrogé sur le joueur qui assume le rôle de leader au sein de la sélection espagnole, Leal n’hésite pas une seconde.

« Lebrón, à 100 %. »

Et le jeune Andalou explique pourquoi.

« Il est à fond. Hier, Mike Yanguas n’était pas très bien et le Lobo est venu l’aider. Avec moi aussi, il a été incroyable. »

Avant son premier match, Lebrón est notamment venu lui parler pour le rassurer.

« Il m’a dit de jouer tranquillement, de me détendre et de profiter. »

Leal raconte également avoir vu l’ancien numéro 1 mondial tenter de calmer Aimar Goñi pendant sa rencontre.

Un rôle de leader qui dépasse donc largement les performances sur la piste.

Dans une sélection espagnole composée de plusieurs fortes personnalités, Lebrón semble particulièrement investi dans l’accompagnement de ses coéquipiers.

« Je n’ai jamais vu quelqu’un faire ce qu’il fait avec une balle »

L’admiration de Javi Leal pour Juan Lebrón ne s’arrête pas à son comportement.

Le jeune joueur reconnaît même avoir une préférence particulière pour son compatriote.

« J’ai un faible pour le Lobo. Il me connaît depuis que j’ai sept ans. »

Et lorsqu’on lui demande avec quel joueur il aimerait partager la piste, sa réponse est claire.

« J’ai toujours dit que le Lobo était mon joueur préféré. Je n’ai jamais vu quelqu’un faire ce que cet homme fait avec une balle. »

Leal insiste notamment sur la polyvalence de Lebrón :

« À droite, à gauche, il peut jouer partout. C’est impressionnant. »

Des propos particulièrement forts de la part d’un joueur qui évolue régulièrement face aux meilleurs mondiaux.

Malgré les critiques dont Lebrón peut parfois faire l’objet, son talent et son influence restent donc largement reconnus par ses coéquipiers.

Une première réussie avec Mike Yanguas

Sur le plan sportif, Javi Leal a déjà réussi ses débuts dans ce Mondial.

Associé à Mike Yanguas lors de la deuxième journée face au Paraguay, il s’est imposé 6/4 6/3 contre Mariano González / Facundo Dehnike.

Une première expérience positive sous le maillot espagnol dans un Championnat du monde senior.

« Je suis super content. J’ai débuté avec Mike Yanguas et je ne pourrais pas être plus heureux. »

Leal explique également avoir été bien accompagné par le reste du groupe.

« Je n’ai pas vraiment été nerveux grâce à l’équipe. Ils m’ont beaucoup aidé à entrer sur le terrain détendu et à jouer tranquillement. »

Il reconnaît toutefois avoir ressenti un peu de pression lorsque les adversaires ont réussi à breaker dans la deuxième manche.

« Ce maillot a un poids. Quand tu entres sur la piste avec, tu le ressens. »

L’absence de Galán ne change pas les ambitions espagnoles

L’autre sujet important de l’entretien concerne évidemment l’absence d’Ale Galán, l’un des meilleurs joueurs mondiaux.

Pour certains, ce forfait pourrait affaiblir la sélection espagnole dans la perspective d’une éventuelle finale face à l’Argentine.

Mais Javi Leal refuse cette idée.

« Pour moi, l’absence de Galán ne nous enlève pas notre statut de favoris. »

Il reconnaît évidemment la différence entre les deux joueurs.

« Je ne suis pas Galán, c’est une réalité. Il a été numéro 1 mondial, il est actuellement numéro 2 et il enchaîne les finales. »

Mais il assure vouloir apporter tout ce qu’il peut à son équipe.

« Je vais essayer de faire de mon mieux et j’espère qu’on gagnera. »

Un discours ambitieux pour un joueur qui pourrait avoir un rôle important dans les rencontres décisives.

« J’aimerais jouer le troisième match d’une finale »

Car Leal ne cache pas non plus son envie de prendre des responsabilités.

Interrogé sur la possibilité de disputer une éventuelle finale face à l’Argentine, il rappelle que le sélectionneur dispose de plusieurs possibilités.

« Nous sommes huit joueurs, avec quatre joueurs de gauche. Nous avons tous le niveau et c’est Juanjo qui décide. »

Mais lorsqu’on lui demande s’il aimerait être aligné dans un éventuel troisième match décisif, sa réponse est immédiate.

« Sincèrement, j’aimerais le jouer. J’aime ces moments-là. »

Une déclaration qui correspond parfaitement au profil de Javi Leal, joueur offensif et habitué à prendre des risques.

Il précise toutefois qu’il respectera les décisions de son sélectionneur, quelle que soit la composition retenue.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !