Les Championnats du monde de padel 2026 débutent ce lundi 2 novembre à Doha, avec 16 sélections masculines en lice pour le titre. Si l’Argentine et l’Espagne semblent une nouvelle fois au-dessus du lot, la bataille derrière les deux géants s’annonce beaucoup plus ouverte. Portugal, Italie, Brésil, France ou encore Pays-Bas disposent d’arguments pour jouer les premiers rôles. Mais que valent réellement ces sélections lorsque l’on regarde les joueurs retenus et leur classement FIP ?

En s’appuyant sur les effectifs officiellement annoncés et le ranking FIP, tour d’horizon des forces en présence, avec une attention particulière portée à l’équipe de France.

L’Argentine, championne en titre et favorite pour conserver sa couronne

Sacrée en 2022 et 2024, l’Argentine arrive au Qatar avec un objectif clair : conserver son titre mondial.

Et pour cela, elle dispose d’un effectif impressionnant.

Parmi les huit joueurs sélectionnés, on retrouve Agustín Tapia (1er mondial), Fede Chingotto (3e), Leo Augsburger (6e), Franco Stupaczuk (7e) et Martín Di Nenno (12e), tous habitués aux grands rendez-vous du circuit Premier Padel.

Derrière eux, Tino Libaak, Gonza Alfonso et Maxi Arce complètent une sélection particulièrement dense.

L’Argentine possède surtout un avantage important : elle peut composer trois paires très compétitives, avec des joueurs qui ont déjà l’habitude d’évoluer ensemble ou de se retrouver lors des compétitions par équipes.

Les associations possibles sont nombreuses. Tapia / Chingotto, Stupaczuk / Di Nenno ou encore Libaak / Augsburger constituent autant d’options pour les sélectionneurs.

Sans oublier Maxi Arce, qui arrive à Doha après avoir disputé la finale du Kuwait Major aux côtés de Juan Tello.

Sur le papier, l’Argentine possède l’une des sélections les plus complètes du tournoi.

L’Espagne, un effectif impressionnant malgré le forfait de Galán

En face, l’Espagne apparaît comme la principale rivale des Argentins.

La sélection de Juanjo Gutiérrez a pourtant dû composer avec une absence importante : Ale Galán, blessé à la main, a déclaré forfait et a été remplacé par Javi Leal.

Malgré cela, les Espagnols disposent d’un groupe redoutable :

Arturo Coello, Juan Lebrón, Paquito Navarro, Mike Yanguas, Jon Sanz, Coki Nieto, Aimar Goñi et Javi Leal.

Le forfait de Galán est forcément préjudiciable, notamment dans la perspective d’une éventuelle finale face à l’Argentine.

Mais Javi Leal apporte un profil très offensif, capable de faire des dégâts dans des conditions rapides, tandis qu’Aimar Goñi arrive après un très beau parcours jusqu’en demi-finale du Kuwait Major.

La grande force espagnole reste sa profondeur d’effectif et la possibilité de former plusieurs associations différentes.

Comme lors des dernières éditions, une finale Espagne / Argentine semble être le scénario le plus probable.

Le Portugal veut confirmer son statut de troisième nation

Derrière les deux favoris, le Portugal possède une sélection intéressante.

Les Portugais pourront compter sur les frères Nuno et Miguel Deus, respectivement 102e et 110e mondiaux mais dans le top 50 à leur meilleur classement.

Leur expérience commune représente un véritable atout en compétition par équipes.

Derrière eux, on retrouve notamment Pedro Araújo (108e), Pedro Graça (109e), António Luque (148e), Pedro Perry (172e) ou encore Diogo Jesus (210e).

Avec plusieurs joueurs proches du top 100 mondial, le Portugal possède une belle homogénéité.

C’est probablement ce qui fait sa force : contrairement à d’autres nations qui dépendent d’une ou deux individualités, les Portugais disposent de plusieurs paires capables de rivaliser à un bon niveau international.

Troisièmes lors du dernier Mondial, ils auront l’ambition de retrouver le podium.

L’Italie possède les arguments pour jouer une médaille

Quatrième en 2024, l’Italie fait également partie des équipes attendues.

La sélection italienne pourra notamment compter sur Flavio Abbate, Álvaro Montiel, Giulio Graziotti, Simone Cremona, Marco Cassetta ou encore Michele Bruno Brambilla.

Un effectif expérimenté, avec plusieurs joueurs du top 100 mondial et habitués au circuit FIP et aux compétitions internationales.

La principale force de l’Italie est sa capacité à aligner plusieurs associations solides.

Si les Italiens ne disposent pas de joueurs du niveau de Tapia ou Coello, leur homogénéité leur permet d’aborder avec ambition les rencontres face aux autres nations européennes.

Le Portugal et l’Italie apparaissent donc comme deux références dans la bataille pour les places derrière l’Espagne et l’Argentine.

Le Brésil possède une individualité capable de faire la différence

Le Brésil présente un profil un peu différent.

La sélection pourra notamment compter sur Lucas Bergamini, l’un des joueurs les mieux classés du tournoi derrière les Espagnols et les Argentins.

Le Brésilien évolue régulièrement dans les derniers tours des compétitions Premier Padel et possède une expérience importante du plus haut niveau.

Derrière lui, on retrouve notamment João Rodrigues, Diogo Rodrigues, Julio Julianoti, Lucas Da Silva ou encore Matheus Simonato.

Le Brésil possède donc une véritable tête d’affiche, mais la question sera de savoir si les autres associations pourront rivaliser avec les meilleures équipes européennes.

Attention toutefois à ne pas sous-estimer les Brésiliens, qui disposent de joueurs expérimentés et capables de faire la différence dans une rencontre.

La France, une sélection homogène mais sans joueur du top 50

Du côté de l’équipe de France, le constat est assez clair.

Les Bleus ne disposent pas d’une individualité comparable à celles de l’Espagne, de l’Argentine ou même du Brésil avec Bergamini.

En revanche, la France possède une équipe homogène, capable de s’appuyer sur plusieurs associations compétitives.

Les huit Français sélectionnés sont :

JoueurClassement FIPPoints FIP
Dylan Guichard71e899
Thomas Leygue101e645
Timéo Fonteny116e498
Yoan Boronad175e327
Johan Bergeron184e299
Bastien Blanqué195e269
Jérémy Robert199e266
Maxime Joris215e228
Total3 431

Avec un poids cumulé de 3 431 points FIP, l’équipe de France présente un effectif intéressant, mais reste à distance des deux grandes nations favorites.

Dylan Guichard, 71e mondial, sera l’un des principaux atouts des Bleus.

Thomas Leygue, qui retrouve progressivement son meilleur niveau après sa blessure, possède également une expérience précieuse des tableaux principaux de Premier Padel.

Derrière eux, Timéo Fonteny et Yoan Boronad représentent cette nouvelle génération qui prend de plus en plus de place sur le circuit international.

Enfin, Bastien Blanqué et Johan Bergeron apporteront leur expérience des grandes compétitions par équipes.

L’un des enjeux sera de trouver les meilleures associations pour exploiter cette complémentarité.

France / Pays-Bas : un choc qui pourrait décider de la qualification

La France a hérité d’un groupe A particulièrement compliqué, avec l’Argentine, l’Australie et les Pays-Bas.

Si un exploit face aux Argentins paraît très difficile, les Bleus devront surtout faire la différence face aux deux autres nations.

Contre l’Australie, la France partira largement favorite.

Mais la rencontre face aux Pays-Bas s’annonce beaucoup plus dangereuse.

Les Néerlandais possèdent notamment Sten Richters, Bart van Opstal, Menno Nolten, Jort Nolten, Julian Prins, Thijs Roper, Bram Meijer et Nicolas van Betuw.

Une sélection qui dispose de quatre joueurs dans le top 130 mondial, ce qui lui permet d’aligner plusieurs paires compétitives.

La France possède davantage d’homogénéité sur l’ensemble de ses huit joueurs, mais les Pays-Bas pourraient opposer une vraie résistance sur les premières rencontres.

Ce duel devrait être décisif pour la deuxième place du groupe et la qualification en quarts de finale.

La capacité des sélectionneurs à composer les bonnes paires pourrait faire la différence.

La Suède, le Chili et les États-Unis peuvent créer des surprises

Derrière les principales nations européennes, plusieurs sélections méritent également d’être surveillées.

La Suède pourra notamment s’appuyer sur Adam Axelsson, Albin Olsson, Simon Yitbarek et Daniel Windahl.

Un groupe qui possède de l’expérience sur le circuit FIP et qui pourrait poser des difficultés à certaines équipes mieux classées.

Le Chili, de son côté, dispose de joueurs comme Javier Valdés, Cristóbal Martínez ou encore Cristóbal Molina.

Une équipe habituée aux compétitions internationales, capable de se montrer dangereuse dans une rencontre en trois matchs.

Enfin, les États-Unis compteront notamment sur Vinny Di Francesco, Matías Segura et José de Armas.

Les Américains disposent de plusieurs joueurs qui évoluent régulièrement sur le circuit FIP, mais leur profondeur d’effectif reste à évaluer face aux meilleures sélections.

Le classement des groupes masculins

Voici la composition des quatre groupes des Mondiaux :

Groupe AGroupe BGroupe CGroupe D
ArgentineEspagnePortugalItalie
FranceÉmirats arabes unisChiliBrésil
AustralieSuèdeQatarÉtats-Unis
Pays-BasParaguayAllemagneMexique

Le groupe A, celui de la France, apparaît comme l’un des plus exigeants en raison de la présence de l’Argentine et des Pays-Bas.

Dans le groupe B, l’Espagne devrait logiquement dominer, tandis que la Suède semble disposer d’arguments pour aller chercher la deuxième place.

Le groupe C pourrait offrir un duel intéressant entre le Portugal et le Chili, deux équipes qui possèdent plusieurs joueurs habitués aux tournois internationaux.

Enfin, le groupe D semble particulièrement ouvert entre l’Italie, le Brésil et les États-Unis, avec plusieurs confrontations susceptibles de peser sur l’ordre final.

Où se situe réellement la France dans la hiérarchie mondiale ?

Au regard des effectifs et des classements individuels, plusieurs tendances se dégagent.

L’Espagne et l’Argentine évoluent clairement dans une catégorie à part. Leur densité de joueurs du top 20 mondial leur donne une avance considérable sur les autres nations.

Derrière elles, le Portugal et l’Italie présentent des groupes expérimentés, particulièrement homogènes, avec l’ambition de retrouver le dernier carré.

Le Brésil reste dangereux grâce à Bergamini, tandis que la France, les Pays-Bas, la Suède et le Chili peuvent se retrouver dans une lutte serrée pour les places en quarts de finale.

Pour les Bleus, l’objectif semble donc réaliste : sortir des poules, puis tenter de créer la surprise dans le tableau final.

Mais avant de penser à une éventuelle demi-finale, il faudra négocier un premier rendez-vous particulièrement important face aux Pays-Bas.

Car dans une compétition où chaque rencontre se dispute en trois matchs, le classement individuel ne fait pas tout.

La qualité des associations, l’expérience collective et la capacité à répondre présent dans les moments décisifs seront tout aussi importantes.

Et c’est précisément sur ces aspects que l’équipe de France tentera de faire la différence à Doha.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !