C’est l’une des polémiques de ces Championnats du monde de padel 2026 à Doha. Cinq joueurs espagnols naturalisés émiratis, Íñigo Jofre, Arnau Ayats, Enrique Goenaga, Ignacio Vilariño et Fran Jurado, n’ont pas été autorisés à représenter les Émirats arabes unis. En cause, le règlement d’éligibilité de la Fédération internationale de padel (FIP), qui impose désormais des critères plus stricts pour défendre une sélection nationale. Présent à Doha malgré son absence sur les pistes, Íñigo Jofre a exprimé sa déception au micro de VeinteDiez, évoquant notamment un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Cinq absences qui changent tout pour les Émirats arabes unis

Les Émirats arabes unis avaient pourtant de grandes ambitions pour cette édition 2026.

Lors des Championnats du monde 2024, la sélection émiratie avait créé la surprise en terminant cinquième, notamment grâce à plusieurs joueurs espagnols récemment naturalisés.

Parmi eux figuraient Íñigo Jofre, Arnau Ayats, Fran Jurado et Sergio Icardo, qui avaient permis aux Émirats de franchir un cap important.

Depuis, le projet s’était renforcé avec l’arrivée d’autres joueurs espagnols, notamment Enrique Goenaga et Ignacio Vilariño.

Mais quelques semaines avant le Mondial, les ambitions émiraties ont été sérieusement contrariées.

Cinq joueurs n’ont finalement pas obtenu l’autorisation de participer, laissant la sélection avec un effectif considérablement affaibli.

Une situation particulièrement frustrante pour les principaux concernés, qui avaient fait le déplacement à Doha.

Íñigo Jofre : « Nous étions présents, mais… »

Malgré leur absence sur la liste des joueurs autorisés, Íñigo Jofre, Arnau Ayats, Enrique Goenaga et Ignacio Vilariño ont été aperçus dans les tribunes du Khalifa International Tennis & Squash Complex, venus encourager leurs coéquipiers.

Interrogé par le média espagnol VeinteDiez, Jofre est revenu sur cette situation.

« Il y a eu une série de règles à cause desquelles ils considèrent que nous ne sommes pas éligibles », a-t-il expliqué.

Le joueur espagnol ne cache pas sa déception de manquer une compétition qu’il espérait disputer sous les couleurs émiraties.

Mais il ne souhaite pas non plus entrer dans une confrontation directe avec la FIP.

« Je ne sais pas si c’est juste ou injuste. Si les autres joueurs naturalisés peuvent participer, c’est parce qu’ils remplissent les conditions. »

Une manière de reconnaître l’existence du règlement, tout en regrettant les conséquences de son application.

Selon les propos rapportés par VeinteDiez, Jofre a également indiqué que le dossier avait été porté devant le Tribunal arbitral du sport, avec l’objectif d’obtenir une clarification et, éventuellement, de pouvoir participer à de futures compétitions internationales.

Les joueurs concernés espèrent donc que leur absence à Doha ne marquera pas la fin de leur aventure avec la sélection émiratie.

Pourquoi ces joueurs ne peuvent-ils pas participer ?

Le problème vient des critères d’éligibilité fixés par la FIP pour représenter une nation.

Le règlement prévoit plusieurs conditions.

Un joueur doit notamment posséder la nationalité permanente du pays qu’il souhaite représenter et ne pas avoir défendu une autre nation lors d’un Championnat du monde senior.

Il ne doit pas non plus avoir représenté un autre pays dans une compétition officielle au cours des 36 mois précédents.

Mais une autre condition concerne directement les joueurs naturalisés après leur naissance.

Pour pouvoir représenter leur nouvelle nation, ils doivent justifier d’au moins l’un de ces liens :

  • Être né dans le pays concerné.
  • Avoir un parent ou un grand-parent né dans ce pays.
  • Avoir résidé dans le pays pendant au moins cinq ans, si l’installation a eu lieu après l’âge de 10 ans, ou trois ans si elle a commencé avant cet âge.

Des critères qui compliquent considérablement la situation des joueurs espagnols récemment naturalisés émiratis.

La FIP prévoit toutefois une exception : chaque fédération peut demander une autorisation particulière pour deux joueurs maximum par compétition, lorsque ceux-ci ne remplissent pas les critères de naissance, d’ascendance ou de résidence, à condition de démontrer un lien réel avec le pays.

Cette demande doit être présentée suffisamment en amont et reste soumise à l’approbation de la Fédération internationale.

Une réglementation qui fait débat

Cette situation relance un débat apparu dès les Mondiaux 2024.

À l’époque, les Émirats arabes unis avaient fait le choix de naturaliser plusieurs joueurs espagnols pour renforcer leur sélection et rivaliser avec les meilleures nations.

Une stratégie qui avait porté ses fruits avec une cinquième place mondiale, devant des sélections historiques comme la France et le Brésil.

Mais cette politique avait également suscité des interrogations sur la représentativité des équipes nationales.

Faut-il permettre à une sélection de se renforcer grâce à des joueurs naturalisés récemment ou privilégier les joueurs possédant un lien plus ancien avec leur pays ?

La FIP a choisi de renforcer les conditions d’éligibilité afin de mieux encadrer ces situations.

Une décision qui peut se comprendre dans une logique de développement des sélections nationales, mais qui pénalise directement le projet sportif construit par les Émirats arabes unis.

Les Émirats arabes unis fortement affaiblis à Doha

Sur le plan sportif, les conséquences sont importantes.

Sans Jofre, Ayats, Goenaga, Vilariño et Jurado, les Émirats arabes unis perdent plusieurs joueurs habitués du circuit international, capables de rivaliser avec des paires de haut niveau.

Un contraste important avec l’édition 2024, où la sélection avait pu aligner un effectif nettement plus compétitif.

Cette année, les Émirats ont notamment subi deux lourdes défaites 3-0 face au Paraguay et à la Suède, sans parvenir à rivaliser avec leurs adversaires.

De quoi mesurer l’impact de ces absences sur les ambitions de la sélection.

Un dossier qui pourrait avoir des conséquences sur les prochains Mondiaux

Au-delà du cas des Émirats arabes unis, cette affaire pourrait avoir des répercussions sur les prochaines compétitions internationales.

De plus en plus de fédérations cherchent à renforcer leurs sélections grâce à des joueurs possédant plusieurs nationalités ou ayant choisi de représenter un autre pays.

Le règlement de la FIP impose désormais un cadre précis, qui pourrait influencer la construction des équipes nationales dans les prochaines années.

Pour Íñigo Jofre et ses coéquipiers, l’objectif reste toutefois de pouvoir retrouver les pistes sous le maillot émirati.

En attendant une éventuelle évolution de leur situation, les cinq joueurs doivent se contenter de suivre ce Mondial depuis les tribunes, loin du rôle qu’ils espéraient jouer sur les pistes de Doha.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !