Battue 2-1 par les Pays-Bas lors des Championnats du monde de padel 2026 au Qatar, l’équipe de France masculine a subi un sérieux coup d’arrêt. Malgré une victoire 3-0 face à l’Australie le lendemain, la déception reste immense dans le camp tricolore.

Au micro de Macéo Zerhat pour Padel Magazine, Bastien Blanqué, champion de France en titre, et Yann Auradou, capitaine adjoint de l’équipe de France, reviennent sur cette défaite, les choix du staff, les critiques et l’avenir des Bleus.

Un échange sans détour, avec un message commun : cette défaite ne doit pas remettre en cause tout le travail entrepris.

Bastien Blanqué : « Hier, on était abattus, mais c’est le sport »

Macéo Zerhat : Après la défaite face aux Pays-Bas, vous avez réagi en dominant l’Australie 3-0. Comment avez-vous réussi à vous remobiliser ?

Bastien Blanqué : « On s’est bien reposés parce qu’on avait terminé tard la veille. On s’est retrouvés pour déjeuner ensemble, passer du temps en groupe. Certains sont allés à la salle, d’autres se sont reposés ou sont allés se balader.

Pablo et Yann ont un peu changé la composition et on a discuté entre nous pour rebondir rapidement. On savait qu’on était favoris face à l’Australie et on a gagné 3-0.

Hier, on était abattus, mais c’est le sport. Aujourd’hui, on a gagné et on veut aller chercher le meilleur classement possible, notamment cette neuvième place pour éviter les qualifications des prochains Championnats du monde. »

Yann Auradou : « Si on rejoue dix fois cette rencontre, on fait dix fois la même composition »

Macéo Zerhat : Yann, comment avez-vous encaissé cette défaite avec Pablo Aymà ? Les changements de paires contre l’Australie remettent-ils en question les choix effectués face aux Pays-Bas ?

Yann Auradou : « On était tous très déçus, joueurs comme staff. C’est une défaite qui fait mal. Mais il ne faut pas enlever le mérite des Néerlandais, qui ont très bien joué.

Je pense que la composition était bonne. Si on rejoue dix fois cette première rencontre, on fait dix fois la même composition.

C’est aussi ce qu’on avait vu pendant les jours de préparation. Pour nous, les choix étaient cohérents.

Après, le sport, c’est comme ça. Parfois tu gagnes, parfois tu perds. Évidemment, on va en tirer des leçons, mais l’important était de rebondir face à l’Australie. On voulait montrer qu’on était au-dessus et je trouve qu’on a bien respecté cette équipe. »

Blanqué : « On n’a pas fait le meilleur match de notre vie »

Macéo Zerhat : Bastien, avec Thomas Leygue, vous disputiez le troisième match décisif face aux Pays-Bas. Pourquoi n’avez-vous pas réussi à produire votre meilleur padel ?

Bastien Blanqué : « Déjà, bravo aux Néerlandais. Il ne faut pas les sous-estimer. Peu de personnes les voient à ce niveau-là, mais nous, on les connaît sur les circuits FIP et Premier Padel. Ils jouent très bien et ils ont une grosse équipe.

L’équipe de France est dans un nouveau cycle depuis deux ans. On a des jeunes qui arrivent et des joueurs plus expérimentés comme Jo (Bergeron), Thomas (Leygue), Dylan (Guichard) ou moi.

Sur le premier match, Dylan et Timéo (Fonteny) ne font pas leur meilleure rencontre, mais Thijs Roper et Sten Richters réalisent un match quasiment parfait.

Avec Thomas, on n’arrive peut-être pas dans les meilleures conditions, avec quelques difficultés physiques. Personnellement, je ne réalise pas non plus une saison extraordinaire.

On joue un match décisif à 22 heures. Ce n’est pas simple.

Ce qui est dommage, c’est qu’on a les occasions dans le premier set. On a deux balles de break qu’on ne convertit pas et on se fait breaker derrière.

On perd le premier set, on gagne le deuxième et, dans le troisième, il y a des moments clés où on commet trop de fautes, moi le premier.

C’était le match à ne pas perdre. Malheureusement, on l’a perdu. »

« On a une belle équipe de France et un nouveau cycle »

Macéo Zerhat : Cette défaite a provoqué de nombreuses réactions et critiques. Comment les vivez-vous ?

Bastien Blanqué : « Il n’y a pas tout à jeter. On a un groupe hyper uni, des jeunes qui jouent extrêmement bien et une génération vraiment forte.

On ne mérite pas de potentiellement se retrouver à devoir disputer les qualifications d’un championnat du monde.

La préparation était bonne. On est arrivés quatre jours en avance, tout le monde était prêt à aller au combat.

On savait que les Néerlandais allaient mettre énormément d’engagement et d’intensité. Ils ont joué à leur niveau. Nous, on a eu des occasions qu’on n’a pas saisies. Eux les ont eues et les ont saisies.

J’ai lu certains commentaires où on se fait un peu dérouiller. Je trouve ça dommage parce qu’on a une belle équipe de France et un nouveau cycle.

Il faut préparer les prochaines compétitions et être fiers de ce groupe. »

Faut-il revoir la préparation de l’équipe de France ?

Macéo Zerhat : Est-ce qu’il ne faudrait pas travailler davantage ensemble pendant la saison, organiser plus de stages pour mieux préparer ces grandes échéances ?

Bastien Blanqué : « Ce n’est pas parce qu’on perd un match décisif au troisième set qu’il faut tout remettre en cause.

Oui, on pourrait faire plus de stages, plus de choses. Mais on a une saison avec quasiment 50 semaines de tournois entre le circuit FIP et Premier Padel.

On a fait un bon stage de préparation, on a une bonne équipe et des jeunes qui progressent.

Il ne faut pas tout jeter à la poubelle parce qu’on a perdu un match.

Quand on a remporté la médaille de bronze, personne ne s’y attendait. Et pourtant, on l’a fait.

Peut-être que dans deux ans, on terminera cinquièmes ou quatrièmes. Peut-être que dans quatre ans, les jeunes iront chercher une médaille de bronze, voire une médaille d’argent.

Il faut rester unis. Les Néerlandais jouent bien, les Suédois jouent très bien, les Portugais aussi.

Le problème d’un championnat du monde, c’est qu’il y a souvent un match couperet, parce que l’Espagne et l’Argentine sont encore très au-dessus. »

« On reviendra bien plus forts »

Macéo Zerhat : Des ajustements seront-ils nécessaires après cette compétition ?

Bastien Blanqué : « Je pense que Pablo Ayma, Yann Auradou et la Fédération feront peut-être quelques ajustements pour améliorer nos performances.

Mais ce n’est pas maintenant, à chaud, qu’il faut tout remettre en question. Il faut d’abord terminer la compétition, donner le meilleur de nous-mêmes et obtenir le meilleur résultat possible.

Ensuite, on analysera les choses. Nous, les joueurs, on prendra aussi nos responsabilités.

On reviendra bien plus forts, c’est sûr.

Il y a vraiment un nouveau cycle. Il faut lui laisser le temps de grandir. Je suis persuadé qu’il y aura de beaux résultats parce que la France et les joueurs le méritent. »

Blanqué : « Je n’arrête pas ma carrière internationale »

Macéo Zerhat : On te reverra donc sous le maillot bleu ?

Bastien Blanqué : « Bien sûr ! Si on m’appelle, je viendrai.

Je n’arrête pas ma carrière, ni ma carrière internationale.

Je suis là, j’ai envie de jouer longtemps. Et tant que l’équipe de France m’appellera, je viendrai avec grand plaisir et je donnerai tout. »

Yann Auradou : « Les beaux jours arrivent pour l’équipe de France »

Yann Auradou : « Ce qui est très important dans ce que dit Bastien, c’est qu’on est une équipe en reconstruction.

Évidemment, on est tous déçus d’avoir perdu. Mais si on termine neuvièmes et que, dans deux ans, on termine quatrièmes, puis troisièmes dans quatre ans, on se dira peut-être que cette septième ou neuvième place nous a permis de grandir.

On est en train de construire quelque chose. Ça ne vient pas du jour au lendemain.

Je pense réellement que les beaux jours arrivent et que le futur sera beau pour l’équipe de France. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.