Le forfait annoncé d’Ale Galán pour les Championnats du monde de padel 2026 oblige Juanjo Gutiérrez à revoir ses plans à quelques jours du début de la compétition à Doha. Pour remplacer l’un des meilleurs joueurs de gauche du circuit, trois noms ressortent : Javi Leal, Momo González et Javi Garrido.

Trois profils différents, avec chacun leurs arguments. Et une question pourrait peser dans la décision du sélectionneur : faut-il privilégier la puissance de Leal ou Garrido, notamment si les conditions sont rapides à Doha, ou l’expérience et la régularité de Momo González ?

Javi Leal, le choix de la puissance et de la dynamique actuelle

Sur le papier, Javi Leal possède de solides arguments pour récupérer la place laissée vacante par Galán.

Le joueur de 23 ans réalise une saison intéressante aux côtés de Fran Guerrero, avec plusieurs résultats importants : une finale au Pretoria P1, des quarts de finale au Paris Major et au Milano P1, mais aussi un titre au FIP Platinum de Lyon.

À Pretoria, la paire avait notamment réussi à faire tomber Coello / Tapia pour rejoindre la finale. Un résultat qui montre la capacité de Leal à rivaliser avec les meilleurs.

Son principal atout reste évidemment son jeu offensif. Avec sa puissance, son smash et sa capacité à terminer les points, Leal peut apporter une arme importante à la sélection espagnole.

Et si les conditions de jeu à Doha sont rapides, son profil pourrait devenir particulièrement intéressant. Sur des pistes rapides, la capacité à conclure les points par le smash peut faire une vraie différence.

Il y a toutefois quelques limites. Leal reste un joueur parfois irrégulier, capable d’enchaîner des séquences de très haut niveau et des passages avec davantage de fautes directes.

Son parcours au Kuwait Major s’est d’ailleurs arrêté en huitièmes face à Alonso / Goñi (6/4 6/4).

Malgré cela, sa dynamique générale et son potentiel offensif en font une candidature particulièrement crédible.

Momo González, l’expérience et la sécurité

À l’opposé, Momo González représente un choix davantage tourné vers l’expérience et la régularité.

Le joueur espagnol connaît parfaitement les exigences des grands rendez-vous internationaux. Il possède également une lecture du jeu et une qualité défensive qui peuvent être particulièrement utiles dans une compétition par équipes.

Contrairement à Leal, Momo ne s’appuie pas principalement sur sa puissance de frappe. Son jeu repose davantage sur la construction des points, la défense, les transitions et sa capacité à faire jouer son partenaire.

Il pourrait donc représenter une option intéressante si Juanjo Gutiérrez souhaite privilégier l’équilibre et limiter les prises de risque.

Mais sa dynamique actuelle joue moins en sa faveur.

Associé à Lucas Campagnolo, Momo González a connu plusieurs résultats décevants ces dernières semaines, dont une élimination dès les seizièmes de finale du Kuwait Major face aux jeunes Marc Sintes et Juan Zamora (4/6 6/3 5/7).

Autre élément à prendre en compte : Momo était déjà en concurrence avec Aimar Goñi pour intégrer la sélection initiale, et le sélectionneur avait finalement privilégié le jeune Navarrais.

Javi Garrido, un profil offensif à ne pas oublier

Un peu moins évoqué parmi les remplaçants possibles, Javi Garrido possède pourtant des arguments.

Après un début de saison compliqué, avec des résultats irréguliers, l’Espagnol a progressivement retrouvé de meilleures sensations, notamment aux cotés de De Pascual avec une victoire la semaine dernière face à Paquito / Di Nenno.

Mais c’est surtout son profil qui pourrait intéresser la sélection.

À l’image de Leal, Garrido possède l’un des smashs les plus puissants du circuit. Capable de faire énormément de dégâts dans le jeu aérien, il pourrait lui aussi profiter de conditions rapides au Qatar.

Autre avantage : il connaît déjà l’environnement de la sélection espagnole, ce qui pourrait faciliter son intégration au groupe.

En revanche, sa saison reste moins convaincante que celle de Leal.

Le joueur de Cordoue reste donc une option intéressante, mais probablement un peu moins évidente au regard des résultats de 2026.

Les conditions de jeu à Doha peuvent-elles faire pencher la balance ?

C’est peut-être l’un des éléments qui pourrait départager les candidats.

Si les pistes du Mondial favorisent un jeu rapide et les sorties de balle, la puissance offensive de Leal et Garrido pourrait être particulièrement précieuse.

Avec des joueurs comme Arturo Coello, Agustín Tapia, Lebron ou Goni en face, la capacité à terminer les points sera forcément un élément important.

Dans ce contexte, Javi Leal semble présenter un compromis intéressant entre dynamique sportive, puissance et potentiel.

À l’inverse, Momo González pourrait apporter davantage de contrôle et de stabilité, ou face à des adversaires contre lesquels il faudra construire les points.

Mais les conditions exactes de jeu à Doha restent à confirmer. Le choix ne dépendra donc pas uniquement du smash ou des qualités offensives de chacun.

Un choix important pour Juanjo Gutiérrez

Le sélectionneur espagnol possède plusieurs solutions, mais aucune ne remplacera totalement le profil d’Ale Galán.

Javi Leal semble avoir une longueur d’avance sur la dynamique actuelle, avec ses résultats cette saison et sa capacité à faire la différence offensivement.

Momo González apporterait davantage d’expérience et de sécurité, tandis que Javi Garrido représenterait une autre option offensive, avec une meilleure connaissance de la sélection.

Il reste également la possibilité de repositionner Juan Lebrón à gauche, une solution déjà utilisée par l’Espagne par le passé.

Avec les Championnats du monde qui débutent le 2 novembre, Juanjo Gutiérrez devra rapidement trancher.

L’Espagne vise un retour sur le toit du monde après sa défaite face à l’Argentine en 2024. Et dans une confrontation qui pourrait une nouvelle fois se jouer sur quelques détails, le profil choisi pour remplacer Galán pourrait avoir son importance.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !