Dylan Guichard et Clément Geens quittent le Milan P1 avec des regrets, mais surtout avec la confirmation qu’ils peuvent rivaliser avec des paires de premier plan. Opposés à Edu Alonso et Aimar Goñi, tête de série 10 du tournoi, le Français et le Belge ont livré une rencontre de très haut niveau, poussant les deux pépites espagnoles dans leurs retranchements. Mais dans les moments décisifs, quelques imprécisions ont fait la différence. Défaite 7/5 7/6, au terme d’un match où les quatre joueurs ont proposé un padel de grande qualité.
Un premier set accroché, jusqu’au break fatal
Après leur démonstration au premier tour face à Antonio Fernández et Mario Del Castillo (6/1 6/2), Dylan Guichard et Clément Geens retrouvaient un adversaire d’un tout autre calibre : Edu Alonso et Aimar Goñi, dixième paire du tableau. Et dès les premiers échanges, la paire franco-belge a montré qu’elle n’était pas venue pour faire de la figuration.
Face à deux Espagnols particulièrement agressifs, Guichard et Geens ont parfaitement tenu le rythme. Solides sur leurs jeux de service, ils ont réussi à répondre à la puissance de Goñi et à la qualité de jeu d’Alonso. Les deux paires se sont rendu coup pour coup, sans parvenir à réellement prendre l’ascendant au tableau d’affichage. Jusqu’à 5/5, le Français et le Belge ont fait jeu égal avec leurs adversaires. Mais au moment où la manche entrait dans sa phase décisive, Alonso et Goñi ont réussi à faire la différence.
Après avoir dépensé beaucoup d’énergie pour tenir tête aux Espagnols, Guichard et Geens ont manqué de tranchant sur les derniers jeux. Un break concédé au pire moment, et la première manche s’envole 7/5.
Un scénario frustrant, tant les deux joueurs avaient montré de belles choses pendant une grande partie du set.

Un Clément Geens monumental, Dylan Guichard omniprésent
Loin de se décourager, Guichard et Geens ont encore élevé leur niveau de jeu dans la deuxième manche. Et c’est notamment Clément Geens qui s’est illustré. Le Belge a livré une prestation remarquable, particulièrement efficace dans le jeu aérien. Ses viboras ont posé énormément de problèmes à Alonso et Goñi, qui ont progressivement cherché à éviter de lui donner des balles dans cette zone. Une performance impressionnante du Belge, capable de tenir la cadence face à deux joueurs réputés pour leur agressivité.
À ses côtés, Dylan Guichard a lui aussi réalisé un très gros match. Extrêmement mobile, précis dans ses déplacements et capable de maintenir une grosse intensité dans les échanges, le Français a régulièrement mis les Espagnols sous pression. Quelques petites imprécisions sont venues ternir sa prestation, notamment dans la finition, mais dans l’ensemble, Guichard a confirmé les progrès réalisés ces derniers mois.
La paire franco-belge a surtout réussi à limiter les fautes directes malgré la pression constante exercée par ses adversaires. Car en face, il fallait également répondre à un Aimar Goñi particulièrement impressionnant.

Aimar Goñi rappelle pourquoi il a été sélectionné avec l’Espagne
Si Guichard et Geens ont réalisé un très grand match, Edu Alonso et Aimar Goñi ont également dû sortir une prestation de haut niveau pour s’en sortir. Le géant espagnol a notamment fait parler toute sa puissance au smash, une arme redoutable qui a régulièrement permis à sa paire de reprendre l’initiative. Après plusieurs semaines compliquées sur le circuit, Goñi a retrouvé un niveau de jeu particulièrement convaincant, rappelant pourquoi il a été retenu dans la sélection espagnole pour les prochains championnats du monde.
À ses côtés, Edu Alonso a également répondu présent, avec sa qualité de main et sa capacité à accélérer les échanges. Les deux Espagnols ont parfois vacillé face à l’intensité imposée par Guichard et Geens, mais ils ont toujours trouvé les ressources pour rester au contact.
Et dans une rencontre aussi serrée, chaque détail allait compter.

Deux balles de set et un tie-break cruel
La deuxième manche a offert un véritable spectacle, avec quatre joueurs évoluant à un niveau remarquable.
Les échanges se sont multipliés, les défenses spectaculaires ont répondu aux accélérations et aucune des deux paires n’a voulu céder. Logiquement, le set s’est décidé au tie-break. Un jeu décisif particulièrement intense, marqué par plusieurs points exceptionnels et une tension grandissante.
Clément Geens, monumental dans cette fin de rencontre, a permis à la paire franco-belge de se procurer une balle de set.
Une occasion en or de pousser Alonso et Goñi dans une troisième manche. Mais c’est précisément dans ces derniers instants que les regrets sont les plus importants.
Dylan Guichard, pourtant excellent pendant une grande partie de la rencontre, a manqué de justesse sur quelques choix décisifs. Certaines occasions de conclure les points n’ont pas été converties, notamment sur des situations de smash où le Français aurait pu se montrer plus tranchant. Des détails qui coûtent très cher à ce niveau.
En face, Alonso et Goñi ont fait preuve de davantage de lucidité dans les derniers échanges, pour finalement arracher le tie-break et s’imposer 7/5 7/6.
Une fin de match cruelle pour Guichard et Geens, qui avaient les moyens d’emmener cette rencontre dans une troisième manche.

Des regrets, mais une progression qui se confirme
Cette défaite laissera forcément un goût amer à Dylan Guichard et Clément Geens. Non pas parce qu’ils ont été dominés par une paire supérieure, mais parce qu’ils ont réellement eu leurs chances, particulièrement dans cette deuxième manche. À ce niveau, quelques décisions dans les moments importants peuvent faire basculer tout un match. Et c’est sans doute le principal enseignement que les deux joueurs devront retenir de cette rencontre.
Mais il serait injuste de réduire leur prestation à ces dernières erreurs.
Face à deux des grands espoirs du padel espagnol, la paire franco-belge a tenu le rythme, imposé de longues séquences de jeu et montré une véritable solidité collective. Après leur excellent début de saison, leur titre au FIP Silver de Palerme, leurs performances sur le circuit Premier Padel et leur récente entrée dans le top 70 mondial, Guichard et Geens continuent de franchir des étapes.
Et cette rencontre à Milan en est une nouvelle illustration. Ils n’ont plus besoin de créer la surprise pour montrer qu’ils ont leur place à ce niveau. Le prochain cap sera désormais de transformer ces gros matchs en victoires.
À Milan, il n’aura finalement manqué que quelques points et un peu plus de précision dans les moments décisifs pour prolonger l’aventure. Mais au vu du niveau affiché par Guichard et Geens face à une paire de ce calibre, l’heure est clairement à l’optimisme pour la suite de leur saison.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !


































































































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