Tester une raquette de padel ne se résume pas à frapper quelques balles et donner un avis à chaud. Derrière chaque analyse se cache une méthodologie rigoureuse, des heures d’observation, de comparaison et une compréhension fine du matériel. Depuis plusieurs années, Stéphane Penso s’est imposé comme l’une des références françaises en matière de tests de raquettes, reconnu pour son regard précis, pédagogique et indépendant.
Dans cette troisième partie de notre entretien, il revient sur les coulisses de l’achat d’une pala, décrypte les pièges technologiques, explique pourquoi le noyau est l’élément clé d’une raquette, et partage sa vision du marché, de ses collaborations avec les marques jusqu’à son rêve ultime : créer sa propre raquette signature. Un échange riche, sans langue de bois, qui éclaire autant les joueurs amateurs que les passionnés de matériel.
Le casse-tête de l’achat d’une raquette
Stéphane Penso : C’est un véritable casse-tête ! L’offre est pléthorique et le joueur doute. Entre l’achat “Passion” (influencé par un design qui vous plaît), l’achat “Miroir” (inspiré par un joueur fétiche) et l’achat “Hi-Tech” (attiré par des technologies innovantes), l’achat Raisonné arrive souvent en dernier.
Il faut croiser la forme (5 types désormais avec les modèles hybrides), le poids, l’équilibre, le revêtement et, le plus important : la densité du noyau. Depuis peu, certains fabricants proposent même des raquettes avec une densité de gomme adaptable en fonction de l’intensité de la frappe, ce qui ajoute une “couche” supplémentaire de complexité au choix… C’est pour ça que mes tests sont là : fournir des indications précises pour minimiser les erreurs de casting.

L’énigme du carbone : au-delà du simple “K”
Oui ! L’Énigme du Carbone va au-delà du simple “K”. Ne vous fiez pas aveuglément aux chiffres (3K, 12K, 18K), c’est un piège car il n’y a pas de norme universelle. Ce qui compte vraiment, c’est l’architecture du tissage : le taffetas (1×1) est plus rigide et “sec”, le sergé (Twill 2×2) offre plus de flexion et d’effet trampoline. Ajoutez à cela le type de gomme, l’équilibre, la qualité de la résine et de la fibre, le laquage… Le “K” seul ne veut rien dire ! Mon rôle est de traduire ces spécifications chimiques en sensations de jeu réelles.
Je suis en train de rédiger un article ultra complet sur ce sujet qui sortira très bientôt.
Le noyau : l’élément le plus important
L’élément le plus important c’est sans hésitation, le noyau (la gomme). Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle le “cœur” de la raquette : c’est lui qui dicte son comportement et insuffle sa véritable personnalité. Il transforme un cadre inerte en une extension vivante de votre bras.
Pour bien comprendre, j’utilise souvent l’image du ballon de foot.
S’il est peu gonflé (gomme souple), c’est confortable. Sur les petits impacts, ça part vite et sans effort : c’est le fameux effet trampoline qui donne cette sortie de balle facile. Mais dès que vous voulez tirer un 6 mètres — l’équivalent d’un gros smash au padel — l’énergie est absorbée, le ballon s’écrase et ne repart pas. Vous perdez toute la puissance brute.
À l’inverse, si le ballon est gonflé à bloc (gomme dure), le confort diminue et le décentrage ne pardonne pas. Mais si vous avez la technique, c’est la récompense ultime : ça part fort avec une précision diabolique.
L’analogie qui parle le plus à mes yeux ? Les suspensions de moto-cross.
Imaginez des fourches très souples. Si vous roulez doucement sur les bosses, c’est royal : ça absorbe tous les chocs, c’est ultra-confortable. Par contre, si vous commencez à attaquer le terrain avec intensité, la suspension va pomper, s’écraser, et vous allez perdre le contrôle.
À l’inverse, avec des amortisseurs rigides (raquette dure), à basse vitesse, ça secoue, vous perdez en confort. Mais dès que vous mettez de l’intensité et de la percussion, la moto tient le cap : vous gagnez une précision de trajectoire chirurgicale et vous allez beaucoup plus loin avec un contrôle absolu.
Au final, tout dépend de votre style de jeu :
- Vous recherchez du confort et une grande tolérance aux décentrages ? Optez pour une gomme souple.
- Vous avez un jeu offensif et la technique qui va avec ? Passez à une gomme dure.
- Vous êtes entre les deux ou indécis ? Les gommes Mid sont faites pour vous !
Les remarques sur les tests : longueur, redondance et ton positif
Premier point : la longueur. Je sais que mes articles sont denses. J’ai du mal à compresser car je maîtrise tous les aspects et j’aime creuser. Par exemple, je cherche souvent une corrélation entre le nom du modèle et son comportement : la Viper de Babolat évoque le dynamisme du serpent à l’attaque, tandis que la Neuron de Bullpadel s’adresse aux joueurs réfléchis, qui jouent avec leur tête plutôt qu’avec leurs muscles.
Deuxième point : la redondance. Quand un journaliste automobile teste une voiture, il utilise toujours les mêmes termes : tenue de route, freinage, suspensions. En padel, c’est pareil ! Densité de gomme, maniabilité, sweet spot, sortie de balle… Ce jargon récurrent est en fait une bonne chose : avec la multitude de modèles disponibles, cela évite d’ajouter encore plus de complexité au choix.
Troisième point : mon ton positif. On me dit que je fais toujours “l’éloge” des modèles testés. Je préfère parler de pragmatisme. Je ne suis pas là pour descendre un produit, mais pour l’orienter vers la bonne personne. Il n’y a pas de “mauvaise” raquette, il y a des raquettes inadaptées. Je mets en lumière les points forts du modèle sans occulter ses faiblesses.
Mon rôle est donc de guider les lecteurs pour qu’ils ne se trompent pas, et non pas de dire que la raquette A est meilleure que la B, car les goûts et les besoins varient énormément. Je me mets dans la peau d’une personne neutre, un décortiqueur, un indicateur qui condense des heures de tests pour vous aider à éviter les erreurs d’achat !
Et je suis ravi que ce travail soit reconnu : être interpellé par des passionnés à Roland Garros ou aux Masters de Barcelone pour des conseils, c’est la plus belle des récompenses (même si on ne me demande pas encore de selfie !)
La collaboration avec Esprit Padel Shop
Aujourd’hui, je travaille en totale synergie avec Esprit Padel Shop (EPS). Tout a commencé à Barcelone, par l’entremise d’Antoine Sarroste, le grand Manitou de Bullpadel en France. J’ai échangé avec Joffrey Gillant et Sébastien Cornet, et le courant est passé tout de suite : on a décidé d’unir nos forces.
C’est grâce à eux que j’ai pu lancer les formats vidéos. Ils m’envoient tout ce que je désire du catalogue, et je triture le matériel. Je les remercie pour leur confiance ; c’est hyper sécurisant de travailler avec les leaders du marché.
Mais je n’oublie pas d’où je viens. Avant d’intégrer l’équipe d’EPS, j’avais été sollicité dès 2019 par Manu Garcia et Julien Pes pour devenir l’ambassadeur de French Padel Shop. Nous avons travaillé main dans la main pendant de nombreuses années et, même si l’aventure pro a évolué, les liens humains sont restés très forts. D’ailleurs, Manu vient régulièrement me saluer quand il passe par Marseille. Pour Julien, c’est un peu plus compliqué d’organiser un apéro… vu qu’il est désormais basé à Tahiti !

Les relations avec les marques : confiance et consulting
Bien évidemment qu’il y a des marques avec lesquelles je m’entends particulièrement bien ! Je ne vais pas les citer, car elles se reconnaîtront. Ce qui compte avant tout, c’est l’humain. Le rapport de confiance que nous établissons est essentiel, d’autant plus que j’ai parfois accès à des informations sensibles. Par exemple, j’ai déjà signé des clauses de confidentialité m’interdisant de photographier et de divulguer des modèles avant une date précise, ou de communiquer sur une technologie spécifique car on rentre dans le secret industriel.
Depuis un an, je collabore étroitement avec une marque qui me fait entièrement confiance. Elle m’envoie régulièrement des prototypes et sollicite mon avis pour valider des choix ou, au contraire, revoir sa copie si le résultat ne convainc pas.
J’entretiens également des liens étroits de consulting avec plusieurs fabricants. C’est un rôle qui me tient à cœur et la règle est simple : dès qu’ils me sollicitent, je réponds toujours présent. À mon niveau, je tente de leur donner les clés pour optimiser leurs produits et rester compétitifs.
Pour la petite histoire, j’ai recommandé l’année dernière à une marque spécifique d’allonger ses manches, et à une autre d’imposer la dragonne molletonnée sur ses modèles premium. Aujourd’hui, ces deux modifications sont effectives. Est-ce le fruit direct de mes retours ou une prise de conscience collective en interne ? On ne le saura jamais vraiment, mais j’ai la faiblesse de croire que j’y suis pour quelque chose ! Si mon influence a pu peser dans la balance, c’est évidemment une immense satisfaction.


La raquette idéale selon Stéphane
Pour mon style de jeu, je dirais que la forme doit être ronde, ou à la rigueur en goutte d’eau. Je ne vois plus l’utilité de jouer avec des formes en diamant, qui n’apportent pas plus de puissance aujourd’hui grâce aux avancées technologiques des fabricants, mais qui demandent plus de force à manier et donc plus d’énergie à dépenser.
En lien avec ce que je viens de dire, l’équilibre doit être optimal et surtout ne pas pencher vers la tête de la raquette. Le poids, quant à lui, ne doit pas dépasser 360 grammes, car mes sessions de jeu sont toujours doubles, et je joue souvent pendant trois heures d’affilée.
Au fil des années, mon jeu a évolué. Si auparavant je préférais les gommes souples pour leur confort et leur tolérance, aujourd’hui je recherche une densité de mousse très rigide. Je me suis rendu compte que j’étais bien plus compétitif, précis et réactif à la volée avec ce type de noyau.
Je nourris l’espoir de concrétiser un jour ma propre raquette signature. J’ai déjà défini un cahier des charges très précis, tant sur les matériaux que sur le design pur. Je vais d’ailleurs très prochainement présenter ce projet à certaines marques qui se sont montrées particulièrement réceptives à ma philosophie et mon expertise.

Vision ou opportunités : comment se construit un parcours ?
Padel Magazine : Penses-tu que ton parcours soit le fruit d’une vision ou d’opportunités ?
Stéphane Penso : Je dirais que c’est un mélange des deux, mais avec une conviction profonde : la chance sourit aux audacieux, à condition de savoir la provoquer ! Mon parcours n’est pas le fruit du hasard, il s’est construit sur un triptyque simple : disponibilité, professionnalisme et, surtout, la qualité des relations humaines.
J’ai cru dur comme fer au padel dès 2017. À l’époque, je me suis jeté à corps perdu dans cet écosystème en m’intéressant à absolument tout ce qui touchait de près ou de loin à ce sport. C’est cette curiosité insatiable et cette sincérité qui ont fait la différence.
Je me suis rapproché naturellement des leaders du milieu — que ce soit Padel Magazine, French Padel Shop à l’époque ou Esprit Padel Shop aujourd’hui — sans jamais avoir besoin de forcer les portes. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à cette transparence et cette constance. Ma réussite repose sur une conviction simple, qui est devenue un puissant motto personnel : “Quand tu es passionné, authentique et agréable avec tes interlocuteurs, les connexions se font d’elles-mêmes.” Au final, on récolte ce que l’on sème.
Le mot de la fin : les conseils de Stéphane
L’achat d’une raquette à plus de 300€ ou de chaussures de padel à 150€ n’est pas anodin, et il est essentiel de vérifier plusieurs éléments avant de passer à l’acte.
Tout d’abord, il faut essayer ! Si vous n’avez pas de pro shop à proximité et qu’aucun de vos partenaires ne possède la pala qui vous intéresse, essayez de repérer un joueur de votre club qui l’utilise. Demandez-lui de l’essayer ne serait-ce qu’une minute en fin de partie. Les premières sensations sont souvent les plus révélatrices. Si vous vous sentez bien dès la prise en main et que les premières frappes vous procurent de bonnes sensations, c’est déjà la moitié du travail de fait !
Ensuite, je dirais que la grande majorité des joueurs n’a plus besoin de recourir à des formes en diamant. Le mythe selon lequel elles sont plus puissantes semble fondé, car elles sont généralement plus lourdes en tête, ce qui peut apporter plus de puissance dans les smashs. Cependant, je préfère orienter les joueurs vers des formes moins lourdes en tête. Selon moi, il vaut mieux perdre 10% de puissance mais gagner 20% de maniabilité. Bien sûr, il reste une minorité d’irréductibles dont le jeu est entièrement axé sur l’offensive et qui cherchent à maximiser la synergie entre technologie, forme et équilibre pour coller parfaitement à leur style de jeu.
Enfin, n’hésitez pas à me suivre et me solliciter sur les réseaux sociaux si vous avez des questions précises -Insta : stephane.penso.padel.magazine, ou par mail à l’adresse suivante : stephane@padelmagazine.fr
C’est un exercice quotidien pour moi, et je prends toujours un immense plaisir à guider ceux qui prennent l’initiative de me contacter !
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !
























































































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