Martina Calvo et Claudia Fernández poursuivent leur parcours au Kuwait Major 2026. Après une victoire expéditive face à Marta Ortega et Sofia Araújo (6/1 6/0) en quart de finale, les deux Espagnoles se préparent à défier Gemma Triay et Delfi Brea pour une place en finale.

En conférence de presse, les deux joueuses ont évoqué leurs ambitions communes, les difficultés liées à la programmation des matchs sur les courts secondaires et le prochain Championnat du monde de padel. Avec plusieurs déclarations intéressantes, notamment sur leur avenir et la possibilité de voir Martina Calvo associée à Andrea Ustero en sélection espagnole.

Une victoire 6/1 6/0 après un match beaucoup plus compliqué

Le contraste est saisissant. Après avoir dû batailler au tour précédent face à Jimena Velasco et Raquel Eugenio, Claudia Fernández et Martina Calvo ont largement dominé Marta Ortega et Sofia Araújo en quart de finale.

Un succès en deux sets, 6/1 6/0, qui témoigne de leur capacité à élever leur niveau de jeu face à une paire pourtant mieux classée que leurs adversaires précédentes.

Interrogées sur cette différence de performance, les Espagnoles ont reconnu avoir traversé des difficultés lors de leur précédent match.

« Le match d’hier a été très difficile et nous a permis de mieux trouver nos repères ensemble. Nous n’avons pas très bien joué, nos adversaires ont été meilleures, mais nous avons réussi à nous en sortir. »

« Aujourd’hui, nous avons toutes les deux montré un très bon niveau. Nous sommes très contentes de notre jeu et demain nous essaierons de faire aussi bien, voire mieux. »

Pour les deux joueuses, la principale force de leur association reste leur état d’esprit.

« Je dirais l’envie. Quelle que soit la rencontre, même lorsque nous ne jouons pas à notre meilleur niveau, nous avons toujours la même envie à chaque point. »

« Nous n’avons pas les mêmes privilèges que les têtes de série 1 et 2 »

L’un des passages les plus intéressants de cette conférence de presse concerne la programmation des matchs sur le circuit Premier Padel.

Interrogées sur le fait de devoir régulièrement disputer leurs premiers tours sur des courts secondaires avant de découvrir le court central en demi-finale, les deux Espagnoles ont reconnu que cette situation n’était pas idéale.

« Bien sûr, nous aimerions pouvoir jouer sur le central avant d’atteindre les demi-finales. »

Avant de préciser :

« C’est compliqué, parce que nous sommes la tête de série numéro quatre et que nous n’avons pas, si je peux dire, les mêmes privilèges que les têtes de série un et deux. »

Un constat qui soulève une question sportive : celle de l’adaptation aux conditions de jeu, parfois différentes entre les pistes secondaires et le court principal.

« Dans certains tournois, ce serait bien de ne pas découvrir ce court seulement en demi-finale, alors que les autres paires y ont déjà joué. »

Les joueuses ont néanmoins tenu à relativiser cette difficulté.

« Nous nous adaptons à tout, ce n’est pas un problème. Nous ne nous plaignons pas : quel que soit le court attribué, nous faisons de notre mieux. »

Numéro 1 mondiale ? « Ce serait une pression totalement inutile »

Avec leur jeunesse et leurs résultats, Martina Calvo et Claudia Fernández apparaissent comme l’une des associations les plus prometteuses du padel féminin.

Mais lorsqu’on leur demande où elles se voient dans deux ou trois ans, leur réponse est sans ambiguïté.

« C’est une question qu’on nous pose souvent depuis le premier jour. »

Les deux joueuses préfèrent se concentrer sur leurs objectifs immédiats plutôt que d’annoncer une ambition précise au classement mondial.

« Nous ne pensons ni à un an, ni à deux ans, ni à trois ans. Nous pensons pouvoir réussir ensemble, c’est pour cela que nous nous sommes associées. »

Et surtout :

« Devenir numéros un ou numéros deux, je comprends la question, mais cela nous ajouterait une pression totalement inutile. »

Pour autant, les ambitions sont bien présentes.

« Bien sûr, nous voulons être les meilleures et nous nous entraînons chaque jour énormément pour y parvenir. Mais ce n’est pas notre objectif immédiat. »

« Chaque semaine, nous voulons être les meilleures du tournoi que nous disputons. Et peut-être qu’en conséquence, nous atteindrons la première ou la deuxième place mondiale. »

Une manière d’aborder leur progression sans brûler les étapes, malgré les attentes grandissantes autour de leur association.

Martina Calvo et Andrea Ustero : une association possible avec l’Espagne ?

Autre sujet abordé : le prochain Championnat du monde de padel et les possibilités d’association au sein de la sélection espagnole.

Interrogée sur les déclarations d’Andrea Ustero, qui avait exprimé son envie de jouer avec elle, Martina Calvo a répondu avec humour.

« Andrea a tout à fait raison : nous nous affrontons depuis les catégories jeunes, et elle m’a toujours battue ! »

Avant de préciser :

« Je ne l’ai battue qu’une seule fois chez les jeunes. Elle a toujours été une rivale que je voulais battre. »

Mais l’idée de partager le terrain avec Ustero lui plaît.

« Bien sûr que j’aimerais jouer avec elle, comme avec toutes les autres, même Claudia, avec qui je joue tous les jours ! »

Une déclaration qui illustre la richesse de la sélection espagnole, capable de s’appuyer sur plusieurs jeunes joueuses déjà performantes au plus haut niveau.

Un possible bizutage pour Martina Calvo au Mondial

La conférence de presse a également donné lieu à un échange plus léger concernant l’intégration de Martina Calvo dans le groupe espagnol.

Interrogée sur un éventuel bizutage réservé à sa jeune partenaire, Claudia Fernández a raconté sa propre expérience.

« Moi, je n’ai pas eu de bizutage, on ne m’a rien fait. Enfin si, c’est vrai ! On m’a fait porter un bandeau sur les yeux pendant une journée entière. »

Avant de plaisanter :

« Il pourrait bien t’arriver la même chose ! »

Un moment de complicité entre les deux joueuses, qui se retrouveront potentiellement sous les mêmes couleurs avec l’équipe d’Espagne.

Triay / Brea en demi-finale : « Nous allons jouer avec nos propres armes »

Place désormais à un défi d’une tout autre dimension pour Claudia Fernández et Martina Calvo.

Les Espagnoles retrouveront Gemma Triay et Delfi Brea, têtes de série numéro 1 du Kuwait Major, qui ont dominé Nuria Rodríguez et Giulia Dal Pozzo 6/1 6/0 en quart de finale.

Interrogées sur la pression que pourrait ressentir la paire adverse dans la course à la première place mondiale, Fernández et Calvo refusent de miser sur cet élément.

« Je ne crois pas. Qu’elles ressentent cette pression ou non, ce sont deux joueuses extraordinaires. »

La réponse souligne notamment l’expérience de Gemma Triay, habituée aux grandes échéances et aux batailles pour le sommet du classement.

« De notre côté, nous allons jouer avec nos propres armes. Nous ne tenons pas compte de ce qui ne dépend pas de nous pour préparer le match. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.